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Stop à la casse de l'hôpital public !

« Il faut que l’on se batte ensemble ». Rassemblement contre la fermeture des urgences du CHU de Bordeaux

A l'appel de l'intersyndicale, un rassemblement a eu lieu devant le rond-point de l'hôpital Pellegrin à Bordeaux pour dénoncer la fermeture des urgences de nuit. Un premier pas dans la mobilisation qu'il est nécessaire d'élargir pour faire face à la catastrophe en cours aux urgences, mais plus généralement à l'hôpital public.

mardi 24 mai

A partir de 9h ce mardi 24 mai, un premier rassemblement était organisé sur le rond-point du site de Pellegrin par l’intersyndicale de la santé (CGT, SUD et FO) avec préavis de grève pour dénoncer les mesures de restrictions mises en place sur les urgences de nuit au 2ème CHU de France, à Bordeaux.

Plusieurs banderoles sont installées et des prises de parole d’hospitaliers et de soutiens sont effectuées. Nathalie, urgentiste et militante CGT, déplore notamment que « La municipalité [de Bordeaux] a mis à l’ordre du jour la difficulté du club de foot, par contre nous ça fait des années qu’on est en difficulté et qu’on a toujours pas été mis à l’ordre du jour », interpellant la mairie EELV sur ses responsabilités et le sens de ses priorités.

Plusieurs organisations se sont jointes au rassemblement. Un délégué de la CGT FATP était présent, ainsi que plusieurs collectifs et organisations politiques. C’était le cas de La santé un droit pour tous, la France Insoumise et son député Loïc Prudhomme, le NPA, Lutte Ouvrière et une délégation de plusieurs militants de Révolution Permanente. L’occasion pour Petra, étudiante et militante Révolution Permanente, d’apporter un message de soutien aux hospitaliers en lutte et de dénoncer la privatisation en marche de la santé en soulignant que « Bientôt pour se faire soigner, il ne faudra plus sortir sa carte vitale mais sa carte bleue » .

Ce qui s’est exprimé dans ce rassemblement, c’est la colère face à la crise profonde que traverse l’hôpital public et dont la fermeture des urgences est aujourd’hui un grave symptôme.

C’est notamment ce que pointe Sylvain, brancardier et responsable du personnel pour Sud Santé Sociaux, au micro de Révolution Permanente « On est présent sur le rond point notamment par rapport aux mesures qui ont été prise aux urgences, qui traduisent bien le malaise de l’hôpital qui n’est pas propre qu’au CHU de Bordeaux puisqu’on a vu l’effet boule de neige médiatique qui s’est produit ». Dans ce sens, Sylvain continue sur la nécessité de poursuivre la mobilisation et notamment de l’élargir pour faire front contre l’ensemble de la casse de l’hôpital public : « Ce qu’on aimerait c’est qu’il y ait une réelle convergence sur tout l’hôpital, se sortir des corporations  ».

En terme de fermeture, ce ne sont pas que les urgences de nuit de Pellegrin qui sont menacées comme le souligne Julien, aide-soignant aux urgences et membre de Sud Santé Sociaux : «  C’est pas que nos urgences qui sont attaquées, c’est la pédia pour parler de notre site, c’est les urgences de Saint-André, c’est toutes les urgences de France qui sont vraiment en PLS  ». Il ajoute par ailleurs que les populations les plus touchées par ces fermetures sont les secteurs les plus précaires, notamment les personnes migrantes ou sans-abris.

La fermeture des urgences est un signal d’alarme fort des risques qui pèsent sur la santé publique en France, qui ne concernent ainsi pas seulement les travailleurs de l’hôpital mais bien l’ensemble de la population. Comme le souligne à juste titre Fred, buandier à Haut-Lévêque et syndicaliste à Sud Santé, «  On est sur le rond-point pour soutenir les collègues urgentistes, même si on est pas soignant on comprend la difficulté, et même en tant que citoyen on peut avoir à faire aux urgences  ». C’est également en allant chercher le soutien dans la population et notamment ses couches populaires que la mobilisation pourra acquérir d’autant plus de poids et de rapport de force.

Dans cette perspective, Marie-Laure Charchar, buandière et Secrétaire Générale de la CGT Blanchisserie du CHU de Haut-Lévêque, annonce la nécessité de construire dès maintenant la suite de la mobilisation en commençant par la date nationale du 7 juin parce qu’ «  il y a de la colère, il y a des grèves chez les aides soignantes en soins critiques, dans les urgences pédias, il y a même un service en gériatrie qui va fermer. Mais il faut que l’on se batte ensemble et que les usagers s’emparent de cette mobilisation parce que la santé touche tout le monde  ».

D’ici le 7 juin, il faut réunir le plus de monde possible contre les fermetures à la chaîne des urgences et du danger que cela implique pour la population.



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