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Casse des conditions de travail

Toulouse. Les ingénieurs de CS Group en grève contre le « flex office »

Ce mardi 23 avril, plus de 70 travailleurs de CS Group, filiale du géant Sopra Steria, étaient en grève contre le passage en « flex office » de leurs deux sites toulousains. Une organisation du travail qui menace de dégrader les conditions de travail et soulève une importante opposition chez les ingénieurs du groupe.

Rafael Cherfy

24 avril

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Toulouse. Les ingénieurs de CS Group en grève contre le « flex office »

Crédits photo : Révolution Permanente

CS Group, entreprise du numérique pour le spatial, l’aéronautique, l’énergie et la cybersécurité, a connu une mobilisation importante ce mardi 23 avril à Toulouse. En effet, plus de 70 ingénieurs se sont mis en grève et se sont rassemblés à 10 heures sur le site Toulousain de « La Plaine ». Les travailleurs de CS Group, propriété récente du géant de la Tech Sopra Steria, se sont mobilisés à l’appel de la CGT et de la CFDT pour dénoncer la volonté de la direction de réorganiser le travail avec un fonctionnement en « flex-office ».
 
Une mobilisation construite depuis des mois dès l’annonce de la mise en place prochaine des « espaces dynamiques », comme le nomme la direction. La CFDT et la CGT avaient organisé des assemblées générales en décembre et lancé une pétition signée par plus de 300 salariés toulousains. Malgré cela, la direction a maintenu sa volonté d’imposer le projet et après de nouvelles assemblées générale à la fin février et début mars, l’appel à la grève pour ce mardi 23 avril a été lancé par la CGT et la CFDT.

 
Devant le bâtiment B du site de « La Plaine », plusieurs interventions se succèdent pour expliquer les problèmes que pose cette nouvelle organisation du travail. En effet, le fonctionnement en « flex office » revient à une absence de bureau attitré pour les travailleurs, les laissant s’organiser comme ils peuvent selon les jours et poussant à la pratique du télétravail. À l’origine, la direction avait aussi voulu mettre en place un contrôle des salariés avec des capteurs de présence sous les bureaux. Elle a finalement abandonné face à la pression.
 
Derrière ce changement d’organisation du travail, il y a la volonté de faire des économies en minimisant la présence physique des salariés dans l’entreprise. Une réorganisation du travail qui va impacter fortement le lien entre les salariés. « Ca se résume à détruire les collectifs de travail [..] Le travail, ils s’en foutent, ils ne regardent que les bénéfices, que la finance, les dividendes, les actionnaires » regrette Frédéric Maurette, élu CFDT au CSE. « Une partie importante des grévistes sont des jeunes embauchés préoccupés qu’on casse le collectif de travail qu’ils viennent à peine de construire en arrivant dans la boîte » insiste un des grévistes au rassemblement.

Après plusieurs prises de paroles, des membres de la direction sont venus à la rencontre des grévistes pour défendre la politique de l’entreprise. Le discours n’a pas semblé convaincre les travailleurs mobilisés, qui restent conscients que cette attaque contre leurs conditions de travail cache une dynamique plus générale. « Il y aura plusieurs luttes, dont celle de ne pas augmenter nos horaires de façon disproportionnée, d’avoir des salaires décents, des projets intéressants. Il y a des grosses inquiétudes même si l’attaque actuelle est contre nos conditions de travail » affirme Didier Belloc, délégué syndical central CGT.

Cette attaque contre les conditions de travail des salariés de CS Group s’inscrit dans un contexte plus général de dégradation des conditions de travail des ingénieurs. Le nombre toujours plus important de diplômés tandis qu’un demi-million d’emplois ont été supprimé dans le secteur de la tech depuis 2022, permet au patronat de mettre les travailleurs sous pression. Une dynamique qui touche surtout le marché de la tech aux États-Unis actuellement, mais qui ne sera pas sans impact en Europe.

De plus, l’arrivée d’outils comme l’IA que les directions d’entreprises du secteur de la tech utilisent pour remplacer des travailleurs, vient renforcer les inquiétudes des salariés. Ainsi, les ingénieurs de CS montrent la voie : c’est par la grève et la construction d’un rapport de force qu’il sera possible de mettre un coup d’arrêt à ces attaques et d’arracher de meilleures conditions de travail.


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