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Politique

Attaques anti-sociales

Mépris de classe. Pour Castaner, le RSA est « la réponse des lâches »

Ce lundi 21 mars, face à Apolline de Malherbe sur BFMTV, Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur, a défendu la politique néo-libérale du gouvernement. Après Gabriel Attal, c’est donc au tour de l’ancien ministre de justifier le conditionnement du RSA, dans une sortie pleine de mépris de classe et de violence sociale : pour lui, le RSA est « la réponse des lâches ».

mercredi 23 mars

Crédits photo : Ludovic MARIN / AFP

Ce lundi, l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est attelé à défendre la nouvelle promesse électorale de Macron sur le RSA. L’annonce de Macron sur le RSA n’était évidemment pas une surprise, mais elle révèle bien le choix politique du gouvernement envers notre camp social. La nouvelle mesure du président, s’il venait à être réélu, devrait donc forcer les bénéficiaires du RSA à effectuer 15 à 20 heures de formation ou de travail pour pouvoir continuer à le toucher.

Sur le plateau de BFMTV, l’ancien ministre Castaner a cherché à légitimer la politique de son parti. Après un passage embrouillé, celui-ci explique : « Je refuse de tomber dans les mauvais procès, la caricature. Aider quelqu’un, l’accompagner vers l’insertion, est toujours mieux que lui donner une allocation. L’allocation, c’est la réponse des lâches, c’est juste dire voilà, prenez un peu d’argent »

Par ces déclarations pleines de violence sociale, l’ancien ministre de l’Intérieur affiche tout son mépris de classe : pour lui, seuls le travail précaires et les pseudos-formations permettraient l’insertion des personnes précaires dans la société, alors que les aides sociales encourageaient « l’assistanat » et serait de l’argent jeté en l’air. En réalité, il s’agit de justifier une réforme anti-sociale au possible qui garantirait au patronat une nouvelle forme de main-d’œuvre à bas coût.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité de la politique du gouvernement qui avait déjà montré, que ce soit avec le contrat d’engagement jeune ou la réforme de l’assurance-chômage, qu’il avait pour objectif de détruire le système social à la « française ». Une politique consistant à contractualiser les aides sociales à travers la constitution d’emplois ultra-précarisés en mobilisant la rhétorique pro-patronale contre toute forme « d’assistanat ». Alors que 65 % des gens touchant le RSA vivent déjà en dessous du seuil de pauvreté avec seulement 565 euros par mois, le gouvernement décide d’attaquer de nouveaux les plus précaires en leur proposant de devenir une main-d’œuvre bon marché en travaillant dans des secteurs ultra-précaires. Macron et son gouvernement s’appuient donc sur la rhétorique réactionnaire et bien connue de la droite qui consiste à dénoncer les personnes touchant des minimas sociaux pour les faire passer comme des « assistés » et ainsi permettre des attaques sociales conséquentes tout en précarisant l’emploi.

Le conditionnement du RSA, qui s’annonce une des réformes phares du prochain quinquennat du président-candidat, s’inscrit plus globalement dans un programme anti-social et réactionnaire dont Macron nous a dessiné les contours lors de sa dernière conférence de presse : augmentation des effectifs et du budget des forces de police, attaques contre les secteurs de l’éducation et de la santé qui ont été particulièrement touchés par la pandémie... Face à un prochain quinquennat s’annonce chargé d’attaques contre les travailleurs et la jeunesse, il s’agit d’organiser la riposte et de réaffirmer que ce n’est pas aux plus précaires de payer la crise.



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