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Palestine

Le massacre reprend à Gaza, Tsahal prépare son offensive vers le sud

La trêve aura été de courte durée. Si elle a permis à Netanyahou de canaliser en partie la colère sur le front intérieur, elle a aussi généré une contestation de secteurs les plus extrémistes de ses soutiens. Elle lui aura cependant permis de gagner du temps pour préparer l’offensive qui se prépare dans le sud, là où vivent plus de deux millions de Palestiniens.

Alexis Taïeb

1er décembre 2023

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Le massacre reprend à Gaza, Tsahal prépare son offensive vers le sud

Crédit photo : Israel Defense Forces. Les forces d’artillerie de l’IDF tirent dans la bande de Gaza le 16 juillet 2014 dans le cadre de l’opération Protective Edg

On savait la trêve entre Israël et le Hamas fragile. Après sept jours de pause, les bombardements de l’enclave ont repris et causé déjà plus de 100 morts vendredi, portant le total à plus de 15 000 Palestiniens tués. « Le Hamas va maintenant recevoir la pire des raclées » a déclaré le porte-parole israélien, Eylon Levy, à la presse. Une déclaration qui présage de nouveaux massacres de civils, qui s’inscrit dans la continuité des déclarations d’Israël ces derniers jours.

En effet, le mercredi 22 novembre Tsahal larguait déjà des tracts dans la région Sud de l’enclave palestinienne, exhortant les civils à « se diriger vers des abris connus », annonçant par là-même des bombardements à venir et une seconde phase à la guerre. Ce vendredi l’opération a été renouvelée et les gazaouis ont reçu un message par SMS avec écrit : « Tsahal va lancer une offensive militaire écrasante… dans le but d’anéantir l’organisation terroriste Hamas. Pour votre sécurité, bougez immédiatement. ».

C’est à une guerre longue que se prépare Israël confirme ainsi le Financial Time (FT). D’après ses sources, Tsahal prévoit une guerre qui pourrait durer plus d’un an et dont la phase la plus intense se concentrerait les prochains mois dans le Sud de l’enclave palestinienne, principalement dans la ville de Rafah, à la frontière égyptienne, et sur Khan Younis, le deuxième centre urbain de Gaza.

On apprend aussi que du côté de la partie Nord de Gaza, l’opération est encore loin d’être finie comme le rapporte une source israélienne : « La ville de Gaza n’est pas encore terminée, ni totalement conquise. Elle est probablement conquise à 40 % » a-t-il déclaré au FT. Pour autant, Tsahal compte bien concentrer ses forces dans la partie Sud, là où seraient réfugiés les trois principaux dirigeants du Hamas, alors que plus de deux millions de Palestiniens y vivent entassés, soit 80% de la population gazaouie. Des coordonnées qui présagent du massacre à venir.

Une donnée qui augmente les pressions sur Israël car, à mesure que le massacre se poursuit, le coût politique du soutien inconditionnel donnée par les pays occidentaux augmente. C’est en ce sens que, sans pour autant contraindre Israël pour le moment, le secrétaire d’Etat de la maison blanche, Anthony Blinken, a déclaré jeudi lors d’une visite à Tel-Aviv qu’Israël doit mettre « l’accent sur la protection des civils » et permettre les aides humanitaires.

Une pression avec laquelle va devoir composer le gouvernement de Netanyahu qui a donné quelques (pseudos) gages pour contenter ses alliés tel que la publication d’une carte informant de zones « sûres » à destination des civils gazaouis, tout en déclarant qu’il n’y aura pas de « règles d’engagement magiques ».

C’est à un nouveau massacre de civil que se prépare Israël. Déjà le 18 novembre, Giora Eiland, ancien dirigeant du Conseil national de sécurité israélien, expliquait à l’agence de presse internationale Reuters que : « Il y aura probablement encore des victimes civils… Ça ne va pas nous décourager ou nous empêcher d’avancer ». De la même manière, le journal israélien 972+ Magazine publiait une enquête attestant que l’armée israélienne vise sciemment à provoquer le plus de pertes civiles possibles à Gaza.

La trêve n’aura été que courte durée. Elle aura cependant servi à Netanyahou pour colmater sa crise en interne mais seulement de manière relative. D’abord, alors que la crise des otages était devenue intenable, l’accord lui aura permis de canaliser en partie la colère de secteurs de la population. Dans le même temps cependant, elle a généré une contestation de secteurs les plus extrémistes sur lesquels il lorgnait pour se reconstituer une base sociale.

En d’autres termes, la crise pour Netanyahou est loin d’être terminée. Pire, elle tend à s’aggraver alors que le coût pour la libération des autres otages pourrait bien augmenter. Alors que le premier ministre israélien joue toujours plus sa survie, il compte bien surenchérir sur le plan militaire durant la seconde phase de la guerre dans le sud de Gaza, qui s’annonce d’ores et déjà sanglante.


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