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Racisme et violences d’Etat

Impunité policière

Rennes. Manifestons pour exiger Justice et vérité pour Babacar Gueye, tué il y a 7 ans par la police

Le collectif Justice et vérité pour Babacar organise une manifestation ce samedi à Rennes, sept ans après la mort de Babacar Gueye, tué de 5 balles par un policier. Une marche qui s’inscrit dans un contexte de renforcement de l’impunité policière, appuyée par les politiques sécuritaires du gouvernement.

jeudi 1er décembre 2022

Crédits photo : Collectif Justice et Vérité Babacar

Ce samedi à 13 heures dans le quartier de Maurepas à Rennes, le collectif Justice et vérité pour Babacar Gueye appelle à une manifestation commémorative et à une journée de lutte, en hommage à Babacar Gueye tué par cinq policiers de la BAC de Rennes dans la nuit du 2 au 3 décembre 2015.

Cette marche, organisée chaque année par Awa Gueye et le collectif Justice et vérité pour Babacar Gueye, est rejoint par plusieurs familles de victimes des crimes policiers. Malgré ce front des familles qui revendiquent la vérité sur ces crimes depuis des années, le parquet a déclaré un non lieu pour l’affaire Babacar en juin dernier, en expliquant que le policier a agi en « légitime défense ».

Mais dans la nuit du 2 à 3 décembre 2015, alors que Babacar Gueye faisait une crise d’angoisse et s’était auto-mutilé, il était loin de représenter un danger pour autrui, mais plutôt pour lui-même. Comme l’explique sa sœur Awa Gueye dans Le Monde, il aurait du recevoir la visite des pompiers, et non pas de la police. Et alors que le colocataire avait appelé les secours, ce sont une dizaine de policiers qui sont arrivés sur place, dont cinq membres de la BAC, qui ont abattu Babacar de cinq balles.

La décision de justice qui tranche de nouveau un « non-lieu », justifiée au travers de l’argumentaire de la « légitime défense », élude par ailleurs de nombreuses incohérences dans le discours policier. Les expertises balistiques montrent par exemple que les policiers n’ont pas tiré de face, mais ont tiré quatre balles de flanc et une de face, ce qui remet en question le discours des policiers, qui affirmaient que Babacar leur aurait foncé dessus.

Si cette affaire met en exergue l’impunité dont jouit la police, elle fait tristement écho à de nombreuses affaires de violences policières, dans un contexte où celles-ci se multiplient. Depuis le début de l’année, ce sont 13 personnes qui sont décédées suite à un « refus d’obtempérer », qui est devenu un véritable permis de tuer.

D’autant plus que dans toutes ces affaires, les institutions policières et judiciaires marchent main dans la main pour s’assurer que les policiers ne soient pas incriminés. En témoigne l’acharnement judiciaire que subit Nordine A., qui après avoir reçu 6 balles dans le corps suite aux tirs policiers de la BAC, est condamné à deux ans de prison ferme pour « refus d’obtempérer » et « violence avec arme par destination ».

Mais la multiplication des violences policières doit être imputée au gouvernement Macron, qui multiplie les politiques sécuritaires et n’a cessé d’augmenter le nombre de policiers et les moyens financiers dont l’appareil policier dispose. Le dernier projet de loi en date, la loi LOPMI, comprend notamment l’intensification de la criminalisation « des refus d’obtempérer » et des rodéos urbains, avec l’objectif de renforcer l’impunité des forces de l’ordre et des violences qu’elles commettent.

Soyons donc nombreux à la manifestation ce samedi, pour exiger la justice et la vérité pour Babacar Gueye et toutes les victimes de violences policières, mais aussi pour imposer le retrait de toutes les lois sécuritaires et racistes, qui ne font que renforcer l’impunité policière.