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Politique

Police partout justice nulle part

Peines plus lourdes pour protéger la police : Castex renforce l’agenda sécuritaire du gouvernement

Jean Castex a annoncé un durcissement des peines pour violences contre les forces de l’ordre, ou même pour non-obtempération. Après la loi Sécurité Globale et la loi séparatisme, le gouvernement continue ainsi dans la surenchère sécuritaire.

mardi 11 mai

Crédits photo : Sylvain THOMAS / AFP

Mercredi 5 mai, un policier, est décédé suite à des tirs reçus dans le cadre d’une « opération anti-drogue » à Avignon. Gérald Darmanin, à l’initiative d’une « war on drugs » à la française visant à criminaliser les quartiers populaires s’est rapidement rendu sur place, et a rencontré les syndicats de police. Il lance immédiatement la machine démagogue pour légitimer sa politique « anti-drogue » et avancer dans la surenchère sécuritaire : « ce combat face à la drogue nous le poursuivrons et nous le gagnerons. »
 
Jean Castex a à son tour reçu les syndicats de police lundi 10 à Matignon. Le Premier ministre avait déjà débloqué 10 millions d’euros supplémentaires pour la police et promis « d’améliorer la réponse pénale » aux violences contre les forces de l’ordre, pour mieux « protéger ceux qui nous protègent ». À un an des présidentielles, le gouvernement ne veut pas risquer de recréer la fronde des policiers et des gendarmes contre le très impopulaire Castaner, et veut jouer la carte sécuritaire à fond pour gagner l’électorat de droite.
 
À l’issue de cette rencontre, dans la droite ligne de la Loi sécurité Globale et la Loi Séparatisme, Castex a donc annoncé un durcissement des peines contre les auteurs de violence envers les forces de l’ordre
 
Le Premier ministre s’est fait écho de l’éternelle rengaine droitière selon laquelle la justice serait laxiste et a promis de réduire la possibilité de réduction de peine ainsi que de faire des violences contre les forces de sécurité intérieure un délit spécifique, plus durement réprimé. Le refus d’obtempérer, c’est-à-dire le fait de ne pas s’arrêter si un policier le demande, sera également plus sévèrement puni (actuellement, il est puni d’un an de prison et de 7 500 euros d’amende).
 
Ces annonces s’inscrivent dans la continuité de l’agenda sécuritaire et répressif du gouvernement. Tout comme Darmanin a profité pour légitimer sa politique d’intimidation dans les quartiers populaires , Jean Castex a profité pour revendiquer la Loi sécurité globale, voire à encore plus renforcer la protection des policiers : « la loi Sécurité globale qui sera prochainement promulguée viendra renforcer l’arsenal juridique à votre disposition et élargir par ailleurs les conditions d’intervention des polices municipales » a-il expliqué à Avignon.
 
Comme l’a montré le procès de la Bac de Marseille, la mort d’Adama restée impunie et les innombrables violences et mutilations pendant le mouvement des Gilets jaunes, c’est plutôt du côté de la police que se situe l’impunité et le laxisme…
 
En pleine crise sanitaire, c’est aux forces de répressions que le gouvernement Macron choisit d’accorder la priorité. À un an des présidentielles, LREM mise en effet sur le tout sécuritaire et le tout répressif pour se renforcer sur sa droite et opérer un tournant autoritaire préventif face aux éventuelles explosions de colère liés à la gestion catastrophique de la crise sanitaire et les conséquences de la crise économique.




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