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Notre classe

Tous à Melun lundi !

La grève se renforce chez Transdev : « Il faut partir tous ensemble, il faut se coordonner »

A Transdev, la grève ne cesse de s’étendre contre la casse des conditions de travail. Les grévistes entendent transmettre la colère contre l’ouverture à la concurrence et la privatisation à tous les transporteurs. Déterminés à se coordonner, ils appellent à une rencontre des travailleurs des transports le lundi 27 septembre à 10h à Melun.

vendredi 24 septembre

Septembre s’ouvrait tout juste que se lançait la grève chez Transdev. Lieusaint, Vaux-Le-Pénil et Saint Gratien sont les trois dépôts de région parisienne -où le taux de grévistes frôlent les 100%- qui ouvrent le bal. Ils ont été suivi de près par Combs-la-Ville et Vulaines. La semaine dernière le dépôt de Nemours les rejoignait et depuis lundi la dynamique s’est étendue aux dépôts qui entourent Marne-la-Vallée, jusqu’à hier encore où le dépôt de Montereau a rejoint le camps de la grève.

Temps de parcours réduits, pause supprimée : la grève se renforce

Les grévistes mobilisés depuis maintenant trois semaines se battent contre la dégradation de leurs conditions de travail, contre l’ouverture à la concurrence et la privatisation qui conduisent à des situations intenables. Réunis hier sur le dépôt de Saint-Gratien ils témoignaient au micro de Révolution Permanente : « Ils ont réduit le temps de parcours, une ligne que je faisais en 45 minutes, je dois la faire en 30mn. Le temps de pause ? Il n’existe plus. Soit disant on a 5 minutes, mais le temps de faire descendre les clients, de ranger la caisse, il n’y a plus de pause. » « Transdev leur slogan c’est la qualité… mais la qualité de leurs services ils la font sur notre santé  » complète Malik. Et ça Pascal le sait, il a du se faire opérer du genoux et le médecin a été clair : le problème c’est la position assise toute la journée.

Sur le piquet le ton est donné, c’est en choeur qu’ils nous l’assurent : « on est déterminés, on ira jusqu’au bout ». « Pour eux on est que de la merde » insiste Malik « ils ne veulent pas nous entendre, pas nous écouter, ils ne se déplacent même pas pour nous voir.  » Pour Assoumane : « C’est un bras de fer avec la direction, c’est soit nous, soit eux. Moi je peux pas m’abimer la santé pendant que eux se dorent la pilule dans leurs bureaux . Eux quand ils veulent faire pipi ils prennent leur pause, quand ils veulent un café ils le prennent. Nous on a pas le droit à tout ça. La seule chose qu’ils nous disent c’est « roule roule roule » ».

Cette colère qui gronde dans sa voix tous la partagent. Pour la plupart c’est la première fois qu’ils sont en grève. Transdev a recruté une partie d’entre eux après 2005 dans les quartiers populaires où ils ont grandit dans le but de canaliser et d’endiguer la colère libérée dans les révoltes de l’époque. Mais ces derniers mois où en deuxième ligne de l’épidémie nombre d’entre eux ont contracté le covid, où certains ont perdu leurs proches -eux aussi bien souvent en 1 ère ou 2ème ligne- est venue ravivée la colère. « On a même pas eu une prime » rappelle Pascal. « Ils ont pas de respect mais nous on demande la dignité ».

Un cri : « On doit se battre ensemble ». Une date : « Rendez-vous lundi à Melun »

Tous le diront, il ne s’agit pas que d’eux, pas que d’un dépôt, ni même que de Transdev. « Pécresse est entrain d’inventer un appel d’offre général en Ile-de-France, que ça soit pour les cheminots, pour la RATP, pour Kéolis : pour tout le monde ça va être la merde  ». Ce qui est en question c’est l’ouverture à la concurrence sur l’ensemble des transports, c’est la promesse d’une casse du service publique et la destruction de leurs conditions de travail. Ils dénoncent des patrons qui s’enrichissent sur leurs dos et cherchent à les mettre en concurrence les uns avec les autres. «  Pécresse a fait exprès de décaler les dates, d’échelonner les appels d’offre sur les différents dépôts pour que tout le monde ne soit pas en grève en même temps » dénonce Assoumane.

Mais ils n’entendent pas s’arrêter là pour autant, Martine défend : « Il faudrait partir en grève tous ensemble dès maintenant, on ne peut pas attendre, parce que dans un an ça va leurs tomber dessus. Nous on est les premiers mais les autres doivent suivre ». Et alors que la grève prend dans de nouveaux dépôts chaque semaine, ils cherchent à se coordonner, à discuter revendications communes à remettre au coeur l’arrêt de la concurrence. Et pour échanger, s’organiser et se préparer à la suite ils se réuniront lundi à 10h place Saint-Jean à Melun.

Dans la vidéo d’appel, Winessa gréviste du dépôt de Vaux-Le-Pénil annonce : «  on voudrait réunir tous les transporteurs, on voudrait se coordonner », « on a la nécessité par en bas, cheminots, de la RATP, de Keolis, de Transdev et toutes les compagnie de taper ensemble. Plutôt que de se faire défoncer les uns après les autres on doit nous, ensemble, les défoncer, envoyer un message clair à celles et ceux qui veulent casser nos conditions de travail » complète Anasse, cheminot, syndicaliste et candidat à la présidentielle pour Révolution Permanente.

Le message est clair, rendez-vous lundi à 10h à Melun.

Pour les soutenir : la caisse de grève est disponible ici




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