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Justice pour Adama

Impunité : le parquet requiert un non-lieu pour les gendarmes impliqués dans la mort d’Adama Traoré

Ce mercredi, le parquet a requis un non-lieu pour les gendarmes impliqués dans la mort d’Adama Traoré en 2016. Une décision qui illustre la façon dont les institutions appuient systématiquement l’impunité policière.

Gabriel Ichen

27 juillet 2023

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Impunité : le parquet requiert un non-lieu pour les gendarmes impliqués dans la mort d'Adama Traoré

Sept ans après la mort d’Adama Traoré en 2016 suite à une violente interpellation par trois gendarmes, le parquet de Paris a requis un non-lieu pour ces derniers. Selon la procureure de Paris, « les nombreuses investigations réalisées n’ont pas permis de mettre en évidence les éléments nécessaires afin de caractériser les infractions de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner (…) et de non-assistance à personne en péril ».

Si cette réquisition de la procureure ne met pas un terme à l’instruction judiciaire, qui est toujours en cours comme le rappelle l’avocat de la famille Traoré Yassine Bouzrou, elle confirme cependant que l’État et le gouvernement sont bien décidés à garantir l’impunité des policiers impliqués dans des violences policières et responsables de la mort d’un jeune comme Adama.

Pourtant, comme l’explique l’avocat de la famille Traoré dans un communiqué, tout en demandant un non-lieu pour les gendarmes responsables de la mort d’Adama Traoré, le parquet finit par admettre « pour la première fois que l’interpellation a conduit à la mort d’Adama Traoré ». Et d’ajouter, « Ceci est une avancée positive dans la mesure où le parquet et les magistrats instructeurs considéraient jusqu’alors que l’interpellation n’avait eu aucun rôle dans le décès d’Adama Traoré ». En effet, selon le Comité Adama, le parquet admet dans son réquisitoire qu’il y a bien eu un « usage de la force » contre Adama Traoré de la part des policiers.

A cet aveu du parquet s’ajoute également l’ensemble des récits, des contre-expertise, des reconstitutions et des sept années de luttes du comité Adama qui montrent clairement que les gendarmes sont bien responsables de la mort d’Adama Traoré.

En ce sens, la décision du parquet est scandaleuse puisqu’elle blanchit les gendarmes responsables de la mort d’Adama tout en admettant que c’est bien l’interpellation qui a conduit à la mort du jeune de 24 ans. Cette réquisition vient donc illustrer une nouvelle fois l’impunité totale et la protection de l’État dont bénéficient les policiers et gendarmes impliqués dans des violences policières et des crimes racistes.

Par ailleurs, la réquisition du parquet intervient au moment même où un mouvement de policiers a démarré depuis les commissariats marseillais pour exiger la libération immédiate de quatre policiers placés en détention provisoire après avoir tabassé et laissé pour mort un jeune homme de 21 ans. L’annonce d’un non-lieu pour les gendarmes impliqués dans la mort d’Adama Traoré, véritable symbole des violences policières racistes n’a donc rien d’anodin et constitue un message de l’État et du gouvernement qui viennent rappeler à tous les policiers et gendarmes qu’ils continueront à les blanchir et à les protéger.

Ajouté au contexte d’une police radicalisée qui manifeste pour maintenir son impunité, ce non-lieu rappelle l’urgence de poursuivre la lutte contre les violences policière et le racisme systémique dans le sillage des comités de familles de victimes de violences policières, comme le Comité Adama qui lutte depuis sept années pour la justice et la vérité.

Après la dernière manifestation du comité Adama qui avait tenu face à la répression de l’État, il y a urgence à ce que le mouvement ouvrier, le mouvement antiraciste, les mouvements de jeunesse et le mouvement écologiste poursuivent la construction d’un front large face à la répression et contre les violences policières.


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