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Politique

Crise énergétique

Impôts sur le revenu : le gouvernement nous enfume, il faut indexer les salaires sur l’inflation !

Ce mercredi, Gabriel Attal a annoncé la mise en place d’un « bouclier anti-inflation » affirmant rendre 6,2 milliards d’euro au contribuable. Pourtant, cette indexation partielle du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation est en réalité adoptée quasiment chaque année depuis 1969 et il ne donne aucun gain en pouvoir d’achat. Le gouvernement ment et veut nous enfumer, il faut indexer nos salaires sur l’inflation !

mercredi 21 septembre

Photo : AFP / ERIC PIERMONT

Le gouvernement avait annoncé au début de l’été une mesure visant à indexer le barème de l’impôt sur le revenu pour contrer l’explosion de l’inflation dans le portefeuille. Gabriel Attal, ministre délégué aux Comptes public, a annoncé ce mercredi que cette revalorisation du seuil d’entrée dans chaque branche d’imposition au niveau moyen de l’inflation couterait 6,2 milliards d’euros à l’Etat. Ainsi, si la loi de Finances pour 2022 inscrivait le taux de revalorisation à 1,4%, le projet de budget pour 2023 devrait l’inscrire à la hauteur de 5,3% conformément à l’inflation moyenne prédite.

6,2 milliards de baisse d’impôts : un mensonge éhonté !

Si l’on en croit donc le gouvernement, il s’agirait d’un « cadeau » inespéré permettant aux travailleurs de passer l’hiver tranquillement. « Ce seront 6,2 milliards d’euros rendus aux Français », a expliqué le Bruno Le Maire sur CNews ce mercredi matin. Le ministre a même surenchéri : « C’est 6,2 milliards d’euros de baisse d’impôt sur le revenu ». De son côté, Bruno Le Maire s’est voulu rassurant pour les salariés qui ont connu cette année une hausse de salaire du même niveau que l’inflation - ils sont en réalité très peu nombreux - et qui craignent de devoir payer davantage d’impôts l’année prochaine.
Pourtant, derrière les effets d’annonce, la réalité est tout autre.

En effet, la mesure d’indexation partielle du barème de l’impôt sur le revenu est quasiment adoptée tous les ans depuis 1969. Et c’est même ce qu’a reconnu en juin dernier le cabinet de Bruno Le Maire comme le rapport un article de Checknews : ‘’le cabinet de Bruno Le Maire reconnaît qu’en dehors de 2012 et 2013, cette mesure a été adoptée chaque année depuis 1969. « Le ministre a juste confirmé ce qu’il se fait tous les ans », explique son entourage.’’

En réalité, le gouvernement nous ment éhontément. Alors qu’il affirme mettre en œuvre un bouclier « anti-inflation » affirmant rendre 6,2 milliards aux travailleurs pour combattre l’inflation, il s’agit en réalité d’une mesure inscrite dans la loi. Pire, cette « indexation » des barèmes d’impôts sur le revenu sur l’inflation ne permet aucun gain en pouvoir d’achat, car ne fait que compenser partiellement la forte hausse des prix. Ne pas appliquer cette loi aurait eu comme conséquence des hausses d’impôts très importantes pour les travailleurs.

Un enfumage du gouvernement pour canaliser la colère sociale

Ces annonces et mensonges du gouvernement visent en réalité à calmer la colère des travailleurs qui voient la perte de revenu réelle qu’entraine l’inflation. Et les mesures du gouvernement continuent à faire peser tout le poids de la crise sur les travailleurs. Alors que la crise énergique qui s’annonce plus dure dès cet hiver, le gouvernement a déjà annoncé la semaine dernière qu’il ne contiendrait plus la hausse du prix du gaz à 4% mais à 15% à partir de janvier. Une augmentation considérable du coût de la vie que le gouvernement cherche à masquer par ses mensonges et effets d’annonce.

Dans le même temps, Emmanuel Macron remet ouvertement au premier plan un possible passage en force de la très contestée réforme des retraites, le gouvernement, qui craint les réactions sur le terrain social, cherche aussi par là à évacuer la question de l’augmentation des salaires et surtout de leur indexation sur l’inflation. En d’autres mots, le gouvernement cherche à protéger les profits du patronat qui seraient lourdement réduits par de telles mesures.

Il faut indexer automatiquement, chaque mois, les salaires sur l’inflation !

Pour cause, la question des salaires, qui est aujourd’hui encore la principale préoccupation selon les sondages, pousse depuis un an de nombreux secteurs à se mettre en grève pour leur augmentation. Récemment, des mobilisations qui posent cette question émergent dans des secteurs stratégiques de la production à l’image de celles à Renault, dans le transport aérien chez Air France, PSA, les transports ou encore la grande distribution notamment à Carrefour. Des signes qui ont de quoi inquiéter un gouvernement isolé et enchainant les camouflet.

Parallèlement, le gouvernement cherche à reconstituer le dialogue social en recevant les représentants syndicaux ces deux derniers lundis.Des négociations avec lesquelles les directions syndicales doivent rompre sans plus attendre.

En effet, loin des négociations dans les salons de l’Elysée, il s’agirait tout au contraire d’œuvrer à la construction d’un plan de bataille à partir des mobilisations existantes, et autour de mots offensifs pour faire face à la crise actuelle, tout particulièrement une véritable hausse des salaires, des pensions et minimas sociaux d’au moins 300 euros et leur indexation sur l’inflation. Pour cela, il faut rompre avec toute logique sectorielle qui fragmente et dilue nos forces. Au contraire, cela commence par faire du 29 septembre une véritable journée de grève, qui mobilise différents secteurs, et bloque de manière effective la production. Ce n’est qu’une telle journée qui permettra de poser les jalons d’un plan de bataille plus conséquent pour faire face au gouvernement et ne pas à avoir à payer la crise.



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