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Politique

Nés avant la honte

Claude Guéant, bras droit sécuritaire de Sarkozy, « vit très mal » d’être incarcéré pour Noël

L’ancien ministre de l’intérieur, condamné à un an de prison ferme et incarcéré depuis lundi 13 décembre, a déclaré par le biais de son avocat « très mal vivre » sa détention et le fait de ne pas passer son anniversaire et les fêtes en famille. Une déclaration larmoyante totalement hypocrite de la part de celui qui militait pour « l’exemplarité des peines » lorsqu’il était le bras droit sécuritaire de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, et qui loge dans le quartier VIP de La Santé.

jeudi 23 décembre 2021

La sollicitude des médias à l’égard de Claude Guéant qui rappellent son âge avancé et qui matraquent le discours complaisant de son avocat, à savoir qu’il « passera non seulement les fêtes en prison, mais aussi son anniversaire » et qu’« il le vit très, très mal », montre bien que même lorsqu’ un politicien est condamné, il bénéficie toujours de traitement de faveur.

Condamné le lundi 23 janvier 2017 pour avoir détourné 210 000 euros, prélevés sur une enveloppe destinée aux frais d’enquête et de surveillance (FES) des policiers, Claude Guéant avait écopé d’une amende de 75 000 euros, de la peine complémentaire de cinq ans d’interdiction d’exercice de toute fonction publique ainsi qu’à deux ans d’emprisonnement dont un an ferme aménagé. Mais début novembre, la Cour d’appel de Paris avait révoqué une partie de son sursis (3 mois) et de sa liberté conditionnelle (6 mois) pour ne pas avoir versé dans les temps l’amende qui lui incombait alors qu’il avait les moyens économiques de payer sa condamnation. Dans la foulée, le juge a refusé d’étudier sa demande de remise en liberté avant le 19 janvier prochain.

Les médias ne sont pas les seuls à prendre le parti de l’ancien ministre de l’intérieur. Rachida Dati s’est aussi exprimée sur RMC et mettant en avant la dureté de la situation pour le condamné : « j’ai une pensée pour lui » a-t-elle conclu. révélant ainsi le soutien inébranlable des voyous en col blanc lorsqu’il s’agit de detourner des centaines de millers d’euros d’argent public.

Dans le même sens, son avocat Philippe Bouchez El-Ghozi déclare à l’AFP qu’il s’« étonne d’un délai aussi long alors que tout a été réglé en trois jours ». Cette critique a de quoi faire sourire quand on se rappelle du classement du conseil de l’Europe de 2010 – durant la présence au gouvernement de Claude Guéant – hiérarchisant les pays selon le budget alloué à leurs justices respectives et où la France était classée 37e sur 43 pour les moyens de l’institution rapportés au nombre d’habitants, soit derrière l’Azerbaïdjan ou même l’Arménie.

Finalement, cette condamnation illustre une justice de classe ou les bourgeois ne trouvent les sanctions justes que lorsqu’elles s’appliquent aux autres. On se souvient en effet de Patrick Balkany qui, condamné pour « prise illégale d’intérêts », avait mis en avant son état de santé. Également, notre ancien président de la République Nicolas Sarkozy, lui même, qui purge ses peines à domicile. Claude Guéant n’échappe pas à la règle, incarcéré au quartier « VIP » de La Santé où il bénéficie d’une studette équipée et d’un abonnement télé



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