^

Monde

Solidarité internationaliste

Sri Lanka : la crise s’installe, le gouvernement réprime violemment les manifestants

La nuit du 31 mars, des centaines de Sri-lankais sont allé.es au domicile du président Gotabaya Rajapaksa pour exiger sa démission face à l’explosion des prix. Les manifestations ont été très fortement réprimées et le 1er avril, le gouvernement a mis en place un couvre-feu illimité dans la capitale Colombo.

vendredi 1er avril

Crédit photo : AFP

La nuit du 31 mars, des centaines de Sri-lankais sont allé.es au domicile du président Gotabaya Rajapaksa pour exiger sa démission face à l’explosion des prix. Les manifestations ont été très fortement réprimées et le 1er avril, le gouvernement a mis en place un couvre-feu illimité dans la capitale Colombo.

Depuis son indépendance en 1948 le Sri Lanka n’avait jamais été traversé par pareille récession. La dette du pays est colossale et risque de ne pas pouvoir être remboursée. En première ligne de la crise économique, la population srilankaise souffre d’une pénurie de produits de première nécessité. L’un des facteurs principal de la pénurie actuelle est l’interdiction d’importation qui a été mise en place en mars 2020. Selon RFI, les dernières données officielles publiées vendredi font état d’une inflation de 18,7% à Colombo alors le prix des denrées alimentaires a augmenté de 30,1 %. Par ailleurs, de nombreux hôpitaux publics se sont retrouvés dans l’obligation d’arrêter des opérations chirurgicales par manque de médicaments.

Une situation intenable qui se couple à une pénurie totale de diesel à l’origine d’une coupure d’électricité généralisée de 13 heures le jeudi 30 mars. Jeevani Fernando, une habitante de Colombo de 52 ans, témoigne auprès du Figaro : « La semaine dernière, trois personnes âgées sont décédées en faisant la queue pour remplir un bidon d’essence ou pour se procurer du gaz. […] Aujourd’hui, j’ai assisté à une opération chirurgicale où les chirurgiens s’éclairaient à l’aide de leur téléphone portable, car les générateurs qui tournaient depuis des heures sont restés à court de carburant et l’opération ne pouvait pas attendre. ».

C’est en réponse à cette situation plus que tendue que le peuple est descendu dans la rue pour exiger la démission du président jugé responsable de la crise actuelle. Les habitant.es ont incendié deux bus militaires et une jeep de la police, jeté des briques sur les forces de l’ordre et barricadé l’une des routes principale de Colombo avec des pneus enflammés.

Le gouvernement a répondu aux manifestant.es par une violente répression en utilisant des canons à eaux, des gazs lacrymogènes et des balles (on ne sait pas si encore si elles étaient réelles ou en caoutchouc). En quelques heures, la police a arrêté quarante-cinq personnes et blessé gravement un manifestant. Une émission a diffusé la manifestation en direct via un réseau de télévision privé mais le gouvernement a rapidement fait pression sur les journalistes pour stopper la diffusion. Désormais, des forces de la police et de l’armée sont déployées dans tout Colombo. Un cadre sécuritaire qui peut laisser présager une escalade de la violence.

Alors que les 22 millions d’habitant.es sont plongé.es dans une crise économique qui sacrifiera la vie des plus pauvres, le gouvernement n’a répondu que par la répression. Nous apportons tout notre soutien au peuple sri-lankais qui est obligé de survivre dans des conditions misérables et qui se retrouve en première ligne de la violence physique et judiciaire du gouvernement. C’est dans la rue et grâce à une organisation des travailleur.euses par la base qu’ils pourront arracher le droit de vivre dignement.



Mots-clés

Asie   /    Crise économique   /    Crise sociale   /    Sri Lanka   /    Répression   /    Monde