^

Genres et sexualités

Loi séparatisme

Lutte contre l’islamophobie. Soyons nombreux.ses lundi 13 juin en soutien au Syndicat des femmes musulmanes de Grenoble

Après avoir gagné par une lutte importante le droit de porter des maillots couvrants dans les piscines grenobloises, l’Alliance citoyenne et notamment du Syndicat des femmes musulmanes, sont la cible d’un acharnement islamophobe. Des rassemblements de soutien sont organisés lundi 13 juin, à Paris et Grenoble, contre le harcèlement institutionnel qu’elles subissent et pour le droit à se baigner dans la tenue de notre choix !

samedi 11 juin

Crédits : Alliance citoyenne

Le 16 mai dernier, le conseil municipal de Grenoble votait la modification des règlements intérieurs des piscines municipales, autorisant ainsi le port des maillots couvrants et la baignade seins nus. Cette avancée faisait suite à une lutte de longue haleine, depuis quatre ans, menée par l’Alliance citoyenne et notamment le Syndicat des femmes musulmanes, qui ont multiplié les actions pour dénoncer cette injustice que représente l’exclusion de fait des piscines municipales des femmes musulmanes qui souhaitent porter un maillot couvrant.

Dans une période politique marquée par une islamophobie d’État d’ampleur et une multiplication des agressions islamophobes et racistes, le syndicat des femmes musulmanes a subi un acharnement institutionnel islamophobe important. Comme dans le cas de tant d’autres militant.e.s antiracistes ou organisations de lutte contre l’islamophobie, un large front s’est constitué cherchant à les criminaliser afin de délégitimer leurs actions

.De Laurent Wauquiez à Zineb El Razhaoui, en passant évidemment par Darmanin et Blanquer  , jusqu’au PS et au PCF la simple possibilité pour des femmes musulmanes de se baigner dans la tenue de leur choix est dénoncée comme étant une « provocation », « dérive communautariste », « victoire des intégristes » etc. Cette question a divisé jusque dans les propres rangs d’Éric Piolle, maire de Grenoble, puisque 13 des 45 membres de sa majorité ont voté contre l’autorisation du burkini, c’est le cas par exemple de sa première adjointe Elisa Martin. Stephane Gemmani, ancien élu de Grenoble et aujourd’hui conseiller régional du groupe socialiste et démocrate d’Auvergne-Rhône-Alpes, explique [« C’était violent comme façon de fonctionner, et très organisé : on voyait que ce n’était pas du simple bénévolat »

Darmanin quant à lui a indiqué qu’elles ont pour objectif de « promouvoir des règles compatibles avec la charia ». On voit là une rhétorique raciste classique qui vise à faire passer des femmes qui luttent pour leur droit pour des extrémistes religieuses. Sur le terrain judiciaire, Darmanin et la préfecture de l’Isère sont immédiatement montés au créneau pour faire annuler en justice la délibération de la mairie de Grenoble autorisant le port de maillots couvrants, au moyen du nouveau « référé laïcité » qui a été mis en place par la loi séparatisme adoptée par le gouvernement Macron.

Le tribunal administratif de Grenoble a suivi la préfecture en suspendant cette délibération, le 25 mai dernier, au moyen d’une argumentation raciste et patriarcale qui vise à faire du burkini un symbole politique qui porterait atteinte à la neutralité du service public, contre lequel il faudrait lutter pour que les femmes se baignent dans des tenues « suffisamment près du corps ». Au-delà de ça, les pratiques de ces organisations ont été criblées au peigne fin, et le procureur de Grenoble a annoncé qu’une enquête a été ouverte à leur encontre le 17 mai dernier pour des faits de « fichage illégal » de personnes..

Une grande pression est aussi exercée sur les différentes fondations qui subventionnent l’Alliance citoyenne, avec des tentatives de Darmanin de s’ingérer dans les procédures européennes pour leur couper les vivres. Comme l’explique le communiqué publié par la Coordination féministe, Groupe féministe antifa 38 et Nous toustes 38, diverses organisations mettent une forte pression sur l’Alliance et le syndicat des femmes musulmanes.

Par exemple, le PCF à qui l’association louait ses locaux les a mis à la porte à cause de cette offensive qu’elles subissent, participant ainsi à l’acharnement à leur encontre. D’autres formes de pressions et intimidations sur les militantes ont été rapporté dans le communiqué : « refus d’ouverture de droit à des aides sociales et licenciements sans justification, diverses interpellations et agressions dans la rue et les transports publics (…) surveillance à l’entrée des bureaux, militantes qui se voient être suivies, et des journaux d’extrême droite qui attendent le moindre élément pour attaquer l’association ». ->

 

On voit comment la classe dirigeante, avec l’appui de la justice et des institutions qui sont de leurs côtés, mettent tout en œuvre pour écraser la victoire obtenue dans une lutte pour quelque chose d’aussi basique que l’accès aux mêmes structures et services que le reste de la population. Il s’agit là d’envoyer à ces militantes un message fort, de rester à leurs places et ne surtout pas s’organiser pour la défense de leurs droits, sinon elles seront réprimées. C’est pourquoi il est primordial de s’organiser pour leur apporter un soutien à la hauteur et pour construire à leurs côté le rapport de force nécessaire à faire reculer le gouvernement dans son offensive raciste.

En ce sens, des rassemblements de soutien sont organisés le lundi 13 juin à 18h, à Paris place du Châtelet et à Grenoble place de Verdun. Le Conseil d’État examinera le lendemain, mardi 14 juin, l’appel contre la décision du tribunal administratif qui a suspendu le règlement autorisant le port du burkini.  



Mots-clés

Loi séparatisme   /    Islamophobie   /    Droits des femmes   /    Genres et sexualités