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Scandale

La préfecture interdit le rassemblement toulousain du 17 octobre 61 quelques minutes avant sa tenue

Le 17 octobre 1961, la préfecture de Paris assassinait des centaines d’Algériens. Le 17 octobre 2023 la préfecture de Toulouse interdit le rassemblement d’hommage, en utilisant la situation en Palestine assimilant les militants anti-colonialistes d’hier et d’aujourd’hui à des apologues du terrorisme.

Le Poing Levé Mirail

17 octobre 2023

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La préfecture interdit le rassemblement toulousain du 17 octobre 61 quelques minutes avant sa tenue

Dispositif policier déployé contre la manifestation. Crédits photo : Dorian M

A Toulouse devait avoir lieu ce jeudi 17 octobre une manifestation de commémoration pour les victimes du massacre colonial du 17 octobre 1961 étaient appelées par un arc d’organisations politiques, syndicales et associatives (Solidaires 31, CGT Educ’action, CNT31, Comité Vérité et Justice, Toulouse Anti-CRA, Révolution Permanente, Le Poing Levé, Collectif Palestine Vaincra, Solidarité Palestine, UCL, Survie).

A lire : Le 17 octobre 1961, l’Etat français tuait des centaines d’Algériens à Paris

La manifestation déclarée et autorisée devait avoir lieu à 18h30. 17h55 : la préfecture envoie par mail un arrêté d’interdiction tout en déployant un dispositif conséquent autour de la gare Matabiau d’où la marche devait partir. Un premier scandale puisque la préfecture a tendu un piège aux manifestants en annonçant l’interdiction au dernier moment.

Les motifs de l’interdiction sont tout simplement délirants ! C’est en effet en prenant prétexte sur la situation en Palestine que la préfecture a interdit ce rassemblement, ajoutant que « la tenue d’une manifestation de soutien au peuple palestinien […] constitue, en elle-même, une atteinte à la dignité humaine et un trouble à l’ordre public ».

Cette interdiction prend place dans un contexte où Moudenc, le maire philo-macroniste de Toulouse, et la préfecture ont tout fait pour écraser toute expression de solidarité avec la Palestine. La veille, le 16 octobre, alors que Mariam Daqqa ne pouvait se rendre à Toulouse puisque placée en résidence surveillée à Marseille, Moudenc a tout fait pour annuler la projection d’un film d’Amnesty International sur la Palestine organisée par des associations de soutien à la Palestine. La salle de cinéma a été mise en demeure après qu’une précédente salle (appartenant à la mairie) avait été sommée d’annuler l’événement, un certain nombre de policiers avaient également été mobilisés devant le cinéma ! Moudenc met également, et ce depuis plusieurs mois, une pression énorme sur la Bourse du Travail et sur la CGT Haute-Garonne engagée dans la campagne pour la libération de Georges Abdallah et des prisonniers palestiniens par-delà le monde.

Les parallèles avec les manifestations de solidarité avec l’Algérie interdites et violemment réprimées par la police du préfet Maurice Papon et de de Gaulle ont dû sembler trop évidents au préfet de police pour laisser cette marche avoir lieu. Sa crainte était en effet que dans ce rassemblement puisse s’exprimer une dénonciation plus large de ce qu’est (et pas seulement de ce qu’a été) l’impérialisme français. Un Etat qui maintient sa domination néo-coloniale en Afrique, qui organise des opérations coloniales à Mayotte, qui mène, avec ses compères de l’UE, des milliers de personnes à la mort en Méditerranée et qui ressent logiquement une solidarité toute naturelle avec le colonialisme israélien qu’il finance, renseigne et arme. Ainsi, le préfet invoque un « détournement » sur les réseaux sociaux par la mise côté à côté de drapeaux algériens et palestiniens et l’utilisation du slogan « contre les massacres coloniaux d’hier et d’aujourd’hui ».

En réalité, c’est bien la préfecture qui détourne la question et qui profite de la situation en Palestine pour interdire tout rassemblement touchant de près ou de loin la question du racisme d’Etat et de l’impérialisme.

Il est urgent de faire front contre l’autoritarisme de l’Etat. Il n’est pas possible de laisser un peuple se faire massacrer sans réaction, ni de rester passif quand un ministre de l’Intérieur et ses petits préfets interdisent des manifestations, des projections, des expositions, dissolvent des associations.

Contre ces démonstration d’autoritarisme de l’Etat incarnées à Toulouse par Moudenc, les organisations syndicales, politiques, associatives, anti-coloniales doivent faire front. À Toulouse, un rassemblement unitaire en solidarité avec la Palestine est appelé mercredi 18 octobre à 12h40 par Le Poing Levé, la CGT Ferc-Sup du Mirail, la CGT Sela, l’Union Étudiante, l’UET et le Collectif Populaire Contre l’Extrême Droite à 12h15 devant l’accueil de l’université du Mirail. Il doit constituer un point d’appui pour créer un rapport de force face à Moudenc et à la criminalisation du soutien à la cause palestinienne et plus généralement la remise en cause de l’impérialisme qu’il tente d’imposer.

Arrêté préfectoral d’interdiction :


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