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Racisme et violences d’Etat

Répression

Impunité. Une femme violentée par la sûreté ferroviaire envoyée sur le banc des accusés

Une jeune femme enceinte, victime d'une interpellation violente de la part de la SUGE durant la pandémie, est aujourd'hui poursuivie pour violence, outrage et rébellion par le parquet de Bobigny. Un cas qui illustre à nouveau l'impunité dont bénéficient les institutions répressives.

jeudi 23 juin

En juin 2020, une vidéo montre une femme noire victime d’une interpellation violente de la part d’agents de la SUGE, c’est-à-dire de la sûreté ferroviaire, à la gare d’Aulnay-Sous-Bois. La jeune femme, âgée de 23 ans, avait alors porté plainte pour violences, à laquelle les agents de la SUGE avaient répliqué par une plainte pour violences, outrage et rébellion. Aujourd’hui, elle est poursuivie par le parquet de Bobigny pour ces mêmes accusations, sans que les agents de sûreté soit eux-même poursuivis. Ainsi, comme c’est bien souvent le cas, seule la victime des violences policières est poursuivie.

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Une impunité systémique qui se traduit par des méthodes mises en place par la justice afin de ne pas poursuivre les agents de sécurité et empêcher les victimes de se défendre. Dans cette affaire, un article de Médiapart relate les multiples subterfuges utilisés par la défense des agents de la SUGE dans le procès, ouvert en mars 2022. Les vidéos, comme c’est souvent le cas dans ce genre d’enquête sont souvent rejetées dans les procès, qu’elles soient parfois détruites ou d’ordinaire non mobilisées dans les dossiers d’enquête. Dans ce procès, ce sont des incohérences et des obstacles qui ont permis de les rendre inutilisables, d’après l’enquête de Médiapart. La pièce correspondant à la caméra-piéton d’un des agents, utilisée par l’avocat de ces-derniers pour mettre en cause la victime, a ainsi posé problème : alors qu’il était indiqué que l’enregistrement durait une heure, la vidéo ne dure en réalité qu’à peine deux minutes et le scellé est inaccessible – pour cause de travaux – lorsque la juge souhaite visionner la vidéo face à ce doute. Un « imbroglio » qui avait empêché la tenue du procès.

Le procès est rouvert ce 23 juin, comme l’explique l’avocat de la jeune femme, Arié Alimi.

Celui-ci dénonce ces poursuites : « C’est simple. Dès qu’il y a des violences commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique, le parquet poursuit systématiquement la victime pour protéger les policiers et autres agents. C’est ce qu’on appelle la double peine. Victimes de violences et poursuivies pour des violences. »

Une criminalisation des victimes qui en dit long sur l’institution judiciaire et sur l’impunité systémique dont jouissent les forces de répression.



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