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Santé

Grève à l’hôpital de Bayonne « on prend aux petits pour redistribuer aux riches »

Ce mardi 19 décembre, l’intersyndicale CGT, CFDT, FO, UNSA du centre hospitalier de Bayonne a appelé à une journée de grève, suite à la décision de la direction de verser une surprime uniquement aux managers de l’hôpital.

Élian Palmeran

19 décembre 2023

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Grève à l'hôpital de Bayonne « on prend aux petits pour redistribuer aux riches »

Crédits photo : Page Facebook Cgt-chcb-bayonne

À Bayonne, près de 600 salariés du centre hospitalier de la côte basque étaient en grève ce mardi 19 décembre. À l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT, FO et UNSA des centaines de salariés se sont rassemblés à 13 h dans l’entrée de l’hôpital.

Les travailleurs de l’hôpital se sont fortement mobilisés pour dénoncer le « projet scandaleux » de modification de « la prime de service des agents en vue de créer une prime aux managers » dénonce le tract intersyndical. En effet, à l’origine, en fin d’année, une prime de service est calculée en fonction de la masse salariale et elle est versée au prorata de la présence de chaque salarié. Lorsqu’un salarié est absent, une partie de cette prime est ponctionnée et remise dans une caisse secondaire ensuite reversée aux autres salariés.

C’est cette caisse secondaire que la direction veut enlever aux agents pour la redistribuer entièrement aux managers en leur donnant une surprime. Pour Marie-Pierre Etchebarn, secrétaire de la CGT de l’hôpital de Bayonne, la logique est simple : « on est dans la lutte des classes : on prend aux petits pour redistribuer aux plus riches  ».

La direction, quant à elle, justifie cette décision dans un article d’Actu Pays-Basque. Elle avance vouloir « revaloriser le travail des managers » au vu de leur « investissement » et du fait qu’ils « remplacent régulièrement des collègues ». Pourtant, les agents de l’hôpital eux aussi fournissent un gros travail. Comme l’indique Marie-Pierre Etchebarne, les agents hospitaliers sont très souvent amenés « à remplacer des collègues absents sur le week-end ». Elle affirme que « les salariés qui ne sont pas moins méritants » que leurs managers et qu’ils ont « besoin d’une prime au vu de l’inflation actuelle ».

Alors que les salariés étaient massivement mobilisés ce mardi midi pour dénoncer cette répartition injuste, le directeur de l’hôpital a préféré s’absenter pour un repas à l’extérieur. Une preuve supplémentaire du mépris et de l’indifférence de la direction pour les travailleurs de la santé. Durant le rassemblement « c’était la colère qui primait avec un profond sentiment d’injustice » décrit Marie-Pierre Etchebarne.

Dans cette situation, l’intersyndicale donne à la direction du centre hospitalier jusqu’à vendredi midi pour renoncer à cette modification de l’attribution des primes profondément inégalitaire. Si elle répond de manière défavorable, les syndicats menace de reconduire la grève à partir du 4 janvier.

Cette grève massivement suivie démontre un malaise plus général qui existe actuellement dans le secteur de la santé. Comme dans tous les hôpitaux, les conditions de travail sont difficiles pour les salariés : surcharge, épuisement, manque d’effectif… Ces dernières semaines les grèves se succèdent dans les établissements de santé particulièrement sur des questions de conditions de travail.

Une colère dont les directions syndicales doivent se saisir pour coordonner les différents établissements dans une mobilisation pour les conditions de travail, des embauches et une réelle augmentation des salaires. À l’heure ou le gouvernement cherche à diviser les travailleurs par des lois racistes, il montre aussi l’ampleur de sa fragilité. C’est un moment opportun dont les travailleurs doivent de saisir pour arracher leurs revendications et stopper l’offensive réactionnaire du gouvernement.


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