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Marche des solidarités

Féministes et LGBTI : tous dans la rue le 18 pour le retrait total de la loi immigration !

Les féministes doivent faire front dans la rue face au gouvernement et sa répression pour exiger le retrait de la loi immigration, des papiers pour tous·tes, l’ouverture des frontières, et s’opposer à la criminalisation du soutien au peuple palestinien.

Du Pain et des Roses

15 décembre 2023

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Féministes et LGBTI : tous dans la rue le 18 pour le retrait total de la loi immigration !

Crédits Photo : O Phil Des Contrastes

La Loi Immigration a finalement été rejetée après une motion proposée par EELV à l’assemblée nationale. Elle a été renvoyée en commission mixte paritaire, illustrant la fragilité du gouvernement, qui poursuit son offensive raciste et sécuritaire.

À la suite des révoltes pour Nahel, avec l’interdiction du port de l’abaya et la criminalisation du soutien à la Palestine (assimilé à de l’apologie du terrorisme, ou encore de l’antisémitisme), le gouvernement mène une politique raciste visant à approfondir les divisions au sein de la population, nourrissant la résurgence de l’extrême-droite, renforçant son arsenal répressif et précarisant les classes travailleuses. Ce durcissement autoritaire fait des étrangers ses premières victimes, et touche souvent en premier lieu les femmes.

Au cœur de cette offensive, la criminalisation du soutien à la Palestine a aussi été aussi l’occasion de réprimer et diviser un mouvement féministe jusqu’alors relativement uni contre un gouvernement prétendant ériger la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en « grande cause » du quinquennat. Une répression qui menace et pèse sur l’ensemble des organisations féministes affirmant leur anti-impérialisme, anti-colonialisme, ou leur soutien à la Palestine, et dont Du Pain et Des Roses a fait les frais dans la séquence de la journée internationale contre les violences patriarcales. Sans oublier que, malgré l’invisibilisation de cette question, la loi immigration est par bien des aspects une systématisation de violences patriarcales et de vulnérabilités de genre à l’encontre des personnes en situation d’immigration. 

En effet, les femmes migrantes et sans-papiers sont plus souvent. Ce projet de loi qui restreint le regroupement familial et facilite les expulsions (entre autres), va évidemment les toucher en premier lieu. D’autant plus lorsque la liste des « métiers en tensions » autour desquels le gouvernement compte restructurer l’obtention de titres de séjour, exclut des secteurs comme le nettoyage qui sont majoritairement composés de femmes. Celles-ci connaissent plus de difficulté pour obtenir un logement, accéder à des soins, des risques que les parcours trans ont par ailleurs tendance à démultiplier. Ainsi, avec la crise du COVID et l’inflation, les familles et enfants sont toujours plus nombreux·ses à dormir dans la rue, tandis que le gouvernement laisse les dispositifs d’urgence et d’accueil complètement saturés, sans moyens suffisants.

Pourtant, si les femmes composent 52% de la population migrante, celles-ci subissent une véritable invisibilisation dans les discussions sur les conséquences de ce projet raciste. Une manière de se défausser, voire de masquer les violences d’Etat à leur égard et de donner bonne conscience aux classes dominantes. Alors même qu’une telle situation pousse les femmes à accepter des emplois sans contrat pour subvenir à leurs besoins, dans lesquels il est impossible de dénoncer la sous-rémunération, les heures supplémentaires forcées, les abus (physiques, psychologiques, sexuels) auxquels elles sont exposées. Sans oublier les dispositifs officiels et officieux de blocage et de passage des frontières, qui poussent au chantage sexuel et font spécifiquement se rallonger les trajectoires migratoires des femmes.

Au fil de ces derniers mois, le vernis féministe du gouvernement craque toujours plus. Il y a précisément un enjeu à ne pas laisser s’installer un tel discours raciste et xénophobe au nom des femmes. L’unité de cette offensive raciste et sexiste, qui s’inscrit sur une politique de temps long, signifie que les féministes doivent construire un front contre la loi immigration et pour le soutien à la Palestine, face à un gouvernement réactionnaire qui pave la voie à l’extrême-droite. C’est pourquoi Du Pain et Des Roses considère que les militant·e·s convaincu·e·s du combat féministe devront être dans la rue, le 18 décembre prochain, pour répondre à l’appel de la Marche des solidarités.

Plus que de prétendre amender un texte sans rien pouvoir changer à sa logique de fond, il faudra construire l’opposition au projet par-delà l’enceinte étroite de l’Assemblée nationale, où règne la xénophobie d’État. Au-delà du retrait, il s’agira de se battre pour un programme incluant la régularisation de tous les sans-papiers, en donnant les moyens de garantir l’accès au logement, aux droits reproductifs, à la santé, à tous et toutes.


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