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Jeunesse

« Classe d’engagement » : la carotte de la macronie pour imposer la généralisation progressive du SNU

Cette semaine, Politis dévoilait les nouveaux plans du gouvernement à propos du Service National Universel : la mise en place de « classe d’engagement » dans les lycées dès la rentrée prochaine, qui ne constitue rien d’autre qu’un SNU déguisé.

Simon Derrerof

19 mai 2023

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 « Classe d'engagement » : la carotte de la macronie pour imposer la généralisation progressive du SNU

Crédits photo : Capture d’écran d’une vidéo promotionnelle du SNU

Mercredi, Politis dévoilait les nouveaux plans du gouvernement à propos du Service National Universel : le lancement de « classes d’engagements » dans les établissements scolaires. Une étape supplémentaire vers la généralisation du SNU, qui témoigne de la volonté de la macronie de discipliner et militariser la jeunesse.

Après avoir reculé en mars dernier sur la généralisation du SNU, repoussant l’échéance à 2026 par peur d’un embrasement de la jeunesse dans le mouvement des retraites, le gouvernement fait des pieds et des mains pour pouvoir aller au bout d’un projet largement rejeté. Pour se faire, Sarah El Haïri, secrétaire d’état chargée de la jeunesse, a présenté une nouvelle trouvaille relancer la marche en avant vers la généralisation du SNU dès la rentrée prochaine : « les classes d’engagements ».

Politis révèle en effet que la macronie aurait entamé les tractations avec les syndicats pour lancer en septembre prochain « une forme de volontariat collectif » au travers de « classes d’engagements thématiques » qui se cumulerait au SNU actuel. En clair, il est proposé aux enseignants de partir douze jours avec leur classe, encadrés par d’anciens militaires et des personnels défrayés par le gouvernement, avec un programme qui ressemble peu ou proue à celui du SNU : levée des drapeaux, port de l’uniforme, réveil sous les chants de la Marseillaise… Pour se faire, les enseignants devront répondre à « un appel à projet » afin d’obtenir « un label » qui leur permettrait d’organiser un séjour, ce en échange d’avantages salariaux.

Pour faire avaler la pilule, le gouvernement n’envisagerait pas pour l’instant de rendre la participation à ces séjours obligatoires, et préfère accorder des avantages sur Parcoursup aux élèves qui accepteraient d’y participer – tout en réfléchissant encore à interdire le passage du bac aux élèves qui refuseraient de participer au SNU en 2026. Face à la contestation contre le SNU qui se maintient et les annulations récentes des « villages SNU », le gouvernement choisit d’agiter la carotte et le bâton pour imposer progressivement le SNU dans les établissements scolaires. Mais derrière la forme, le fond reste le même, et il apparaît clairement que pour l’exécutif, « ces séjours » ne constituent qu’une première étape vers le SNU obligatoire.

Si nous ne connaissons pas encore tout les tenants et aboutissants de ces nouveaux « séjours », il n’y a pas de doute quant aux volontés autoritaires et militaristes qui les entourent. Des objectifs fixés dès le premier mandat de Macron, qui déclarait déjà en 2017 vouloir « des stages qui permettront également de disposer, en cas de crise, d’un réservoir mobilisable complémentaire de la Garde Nationale  ». Si le gouvernement tente de dorer son projet d’un vernis social en usant d’un tas de formules fumeuses quant à « l’engagement », la « mixité sociale », ou encore le « volontariat collectif », la vocation de ces « séjours » est claire : mater une jeunesse qui exprime de plus en plus sa défiance face au gouvernement.

Alors que les lycéens qui se sont mobilisés en nombre contre la réforme des retraites, le 49.3 ou encore contre la réforme des lycées pro n’ont eu comme réponse que les gardes à vue, les coups de matraques et les gaz lacrymogènes, le SNU – quelque soit la forme qu’il prend – incarne l’autre versant de l’offensive de Macron contre la jeunesse. Une jeunesse qu’il souhaite silencieuse et sage, une jeunesse qui ne pourra pas aller à l’université, passer son bac ou son permis si elle ose s’opposer à la politique militariste du gouvernement. Une perspective contre laquelle il va falloir préparer la riposte.

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