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Répression syndicale

« C’est de l’acharnement » : Capgemini, entre répression syndicale et « management violent »

À Capgemini, les salariés dénoncent la répression syndicale subie par l’un de leurs collègues et les techniques de pression managériales. Contre la répression d’une direction cherchant à intimider, faisons front jeudi 21 décembre devant le siège social de Capgemini !

Lisa Mage

15 décembre 2023

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« C'est de l'acharnement » : Capgemini, entre répression syndicale et « management violent »

Crédit Photo : Flickr CC Marco Verch

Dans une semaine, Massimiliano, délégué syndical CGT de Capgemini, entreprise de conseil informatique du CAC40, est convoqué en entretien disciplinaire en vue d’un éventuel licenciement. Ses collègues et l’antenne CGT locale dénonce un « acharnement » contre ce syndicaliste combattif. Et pour cause, il avait déjà été licencié en août 2011. Un «  licenciement abusif en raison de ses activités syndicales », selon Laurence Mequecin, secrétaire générale CGT, qui dénonce des « techniques de management violentes et une pression continue imposée aux salariés ».

Ces méthodes de pression et de répression de la contestation ne datent pas d’hier dans l’entreprise, selon Laurence Mequecin et le cas de Massimiliano est assez édifiant sur la question. En effet, après 6 ans de combat en justice contre la direction et une mobilisation des salariés contre le licenciement abusif de Massimilano en 2011, la direction a été contrainte de le réintégrer au sein de l’entreprise suite à une décision de justice qui avérait le caractère discriminatoire du licenciement.

Une réintégration allant de pair avec un « acharnement » dénoncé par les syndicalistes du site. « Déjà, depuis la réintégration du collègue, la direction l’empêche de toute possibilité d’évolution professionnelle. Il est toujours au même poste qu’avant son licenciement il y a 6 ans, je vous laisse bien imaginer combien il a perdu en salaire réel avec l’inflation qui ne cesse d’augmenter ces dernières années. Il y a même eu un moment où il devait aller de Maisons-Alfort au centre-ville de Paris tous les jours. Et voilà que la direction cherche à le convoquer encore une fois en entretien disciplinaire, c’est de l’acharnement ! ».

Le cas de ce syndicaliste n’est que la partie émergée de l’iceberg du « management violent » dénoncé par les syndicalistes. « Les gens sont en télétravail 3 jours sur 5, on leur met la pression. C’est du flicage, on nous met plus de trois ou quatre réunions par jour pour s’assurer qu’on ne fait pas autre chose. Entre chaque mission, c’est l’horreur, la direction cherche à pressuriser les salariés pour qu’ils retrouvent une mission (les salariés doivent trouver leurs propres missions au sein de l’entreprise) puisque la direction ne prend même plus ça en charge ».

Ils dénoncent, en plus de cela, des conditions de travail difficiles : « À Paris, il n’y a qu’un siège contenant 3 500 places alors même que nous sommes plus de 10 000 salariés sur la région parisienne, on doit donc avoir recours au flexoffice, c’est-à-dire que tu dois réserver un bureau pour aller travailler, comme à l’hôtel », développe Laurence Mequecin. Un manque de moyens alloués aux conditions de travail des salariés insolent, alors même que ce groupe du CAC40, assez à l’aise pour financer la campagne présidentielle de Macron en 2017, a engrangé un bénéfice de 2 867 millions d’euros en 2022.

Un bénéfice record, dépassant les chiffres de 2021 et qui a abouti à un accroissement réservé à l’augmentation collective de la masse salariale de...0,65%. Un véritable scandale, qui se répercute sur les conditions de travail des salariés. « Lundi 11 décembre, des collègues d’un datacenter se sont mis en droit de retrait car il n’y avait aucune forme de protection individuelle pour les salariés, qui ne possédaient même pas l’habilitation électrique nécessaire légalement à la réalisation des travaux qu’on leur demandait de faire. À peine un quart d’heure après que la direction ait eu vent du mouvement, on leur a demandé leurs pointures pour acheter des chaussures de protection et ils ont eu une date pour passer l’habilitation électrique, réussie brillamment par les salariés à peine quelques jours plus tard », dévoile la syndicaliste.

Ces cas de pressions, de discrimination syndicale et de mauvaises conditions de travail ne sont pas des faits isolés. « Les salariés sont maltraités, dans certains CSE des gens ont cherché a attenter à leurs vies, en grande partie à cause du mal-être que provoque l’isolement du télétravail, mais aussi des pressions managériales, le direction ne connait pas le droit à la déconnexion », s’offusque Laurence Mequecin.

Contre la répression syndicale, soyons nombreux jeudi 21 décembre 2023 à 13 heures au 147 quai du Président Roosevelt - 92130 Issy-Les-Moulineaux !


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