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8 mars. À bas la crise, la guerre et les salaires de misère, pour un féminisme révolutionnaire !

La constitutionnalisation du droit à l'IVG ne doit pas nous aveugler : la défense de nos droits dépendra de nos luttes. Pour une journée internationale de lutte pour les droits des femmes, guerre à la guerre et au patriarcat !

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8 mars. À bas la crise, la guerre et les salaires de misère, pour un féminisme révolutionnaire !

Les femmes ont-elles « définitivement gagné » ?

Le 8 mars, Macron « scellera » l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution lors d’une cérémonie. Cette semaine l’événement a donné lieu à une gigantesque opération de communication, le président se félicitant sur X, « Fierté française, message universel », les organisations féministes revendiquant une « victoire historique » qui leur appartient et quelques centaines de femmes se réunissant sur la place du Trocadéro à Paris pour fêter l’événement, les pancartes violettes des associations féministes se mêlant au bleu blanc rouge des drapeaux français.

Si la joie qui s’exprime sur les réseaux sociaux est compréhensible, après deux ans de bataille parlementaire sous pression de la droite et de l’extrême-droite et à l’heure où l’IVG est attaqué dans le monde, le mot « victoire » a comme un goût amer. Serions-nous réduit·es à célébrer l’inscription, sur le même bout de papier censé garantir l’égalité entre tous et le droit au travail, de « la liberté garantie de la femme de mettre fin à sa grossesse » ? Pouvons-nous sincèrement penser qu’avec une telle mesure « les femmes ont définitivement gagné, les anti-IVG ont définitivement perdu », comme l’affirme la sénatrice EELV Mélanie Vogel, qui a porté cette bataille au Parlement ?

En réalité, si Macron met en scène son « progressisme » libéral pour masquer sa droitisation et jouer les ennemis de l’extrême-droite en vue des européennes, force est de constater que le vrai combat ne se joue pas à Versailles, et que les femmes ne sont pas (encore) en train de le gagner. Car ce combat, c’est celui de l’accès à nos droits reproductifs, quand la macronie s’efforce d’achever la transformation néolibérale de l’économie à grand renfort de coupes budgétaires, occasionnant fermetures de maternités et déserts médicaux, avec un traitement d’exception colonial réservé aux femmes de Mayotte que l’État français incite à se faire stériliser pour « désengorger » les hôpitaux.

C’est celui de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, que des milliers de femmes ont porté dans la rue, en chantant « police nationale, milice patriarcale », « un violeur à l’intérieur, un complice à la justice », pour que Macron avec quelques années de décalage leur réponde en toute décomplexion que son ami Gérard Depardieu « rend fier la France ». Et c’est celui, enfin, de la lutte pour la libération de toutes les femmes, à l’heure où le gouvernement livre des armes à l’État génocidaire d’Israël qui massacre et affame un peuple tout entier, ayant fait périr plus de 25000 femmes et enfants depuis le 7 octobre. Autant d’attaques qui, dans un monde marqué par des tendances à la crise et à la guerre, ne pourront pas être résolues par des mesures formelles.

Face à la crise et à la guerre, tirer le bilan des derniers mois et années de lutte féministes

Alors que Macron nous annonce qu’il faut maintenant mettre nos corps au service du « réarmement démographique » de la nation, il apparait de plus en plus clairement qu’aucune victoire féministe ne pourra être obtenue sans combat contre le gouvernement et l’extrême-droite. Or, ces dernières années et à l’international, les femmes et les personnes LGBT ont de multiples fois prouvé leur disposition à lutter. Dans la marée verte qui a arraché le droit d’avorter en Argentine, dans la grève féministe de l’État espagnol où plus de 3 millions de femmes ont cessé le travail pour exiger des mesures contre la violence machiste et l’égalité salariale, ou encore en France, au côté de chacun des (nombreux) mouvements qui ont rythmé les deux derniers quinquennats. Nous avons revendiqué non seulement des droits, mais aussi des moyens de les garantir dans un monde en crise, percevant de plus en plus nettement au fil de nos expériences la nécessité de transformer le système à la racine.

Cependant, six ans après #MeToo, les tendances réactionnaires sont là. Conjoncturellement, la vague féministe a reflué avec celle de la lutte des classes qui avait secoué le monde, des Gilets Jaunes aux parapluies d’Hong-Kong en passant par le hirak algérien et Black Lives Matter. Profitant de ce recul, les forces réactionnaires sont revenues au galop, nous expliquant que « les féministes sont allées trop loin » et que l’origine de la crise n’est pas à chercher dans le pourrissement d’un système profondément inégalitaire, mais dans le « wokisme qui gangrène la société ». Aux États-Unis, cette offensive idéologique a mené à la révocation de l’arrêt Roe v. Wade, texte de jurisprudence qui garantissait jusqu’alors le droit d’avorter. Plus de 50 Etats sont revenus sur cette conquête historique du mouvement féministe, sans qu’aucune riposte de masse n’ait été menée dans la rue ni sur les lieux de travail.

Alors que l’extrême-droite continue à progresser dans le monde, les organisations politiques, syndicales et associatives qui dirigent le mouvement féministe portent une responsabilité dans cette situation. De l’Argentine à la France en passant par l’État espagnol, elles ont contribué à canaliser la radicalité exprimée ces dernières années dans des processus électoraux, assurant aux millions de femmes et de personnes LGBT qui se sont mobilisées pour leur droits que, désormais, le combat serait mené en leur nom dans les ministères ou au Parlement. Ce faisant, ces organisations ont désarmé le mouvement féministe qui, après avoir abandonné la rue, se retrouve aujourd’hui profondément diminué en présence de phénomènes politiques aussi réactionnaires que Milei, Abascal ou Bardella - ces derniers n’ayant trouvé aucun « rempart » sur leur chemin.

Un véritable bilan de ces derniers mois et années de lutte féministe devrait nous amener à considérer que les femmes et les LGBT sont loin d’avoir définitivement gagné, mais que ce n’est pas une fatalité. On peut même faire le pari que, au contact des luttes de ces dernières années, une nouvelle génération de femmes et de LGBT résolument féministes, mais aussi antiracistes et anticapitalistes, est en train de se forger et pourrait bien remettre en question les stratégies de la défaite. Face au retour des tendances guerrières, alors que la réaction se renforce, il est urgent pour cette génération de construire dans le mouvement féministe une fraction résolument révolutionnaire, qui se fixe pour objectif dépasser la logique de moindre mal électoral pour en finir avec ce système capitaliste et patriarcal.

Faisons la guerre au système capitaliste et patriarcal !

Ce 8 mars, n’en déplaise à Aurore Berger qui menace les associations féministes qui ont soutenu la Palestine de leur couper leurs subventions, nous ne cesserons jamais de le répéter : féministes anti-impérialistes, nous nous battons pour la libération de toutes les femmes. Stop au génocide, stop à la criminalisation : solidarité féministe avec le peuple palestinien ! Réaffirmons un soutien féministe inconditionnel au peuple palestinien, revendiquons l’arrêt immédiat des bombardements et des livraisons d’armes, et la perspective d’une Palestine ouvrière et socialiste où Arabes et Juif·ve·s puissent vivre ensemble en paix, et lutter ensemble pour se libérer de l’oppression.

Avec son « réarmement démographique », Macron veut mettre le corps des femmes au service de son projet nationaliste et guerrier. Il faudrait faire plus d’enfants, mais avec toujours moins de congé parental, d’hôpitaux, de crèches ! Il faudrait faire des « petits Français », mais surtout pas à Mayotte où le droit du sol vient d’être supprimé. Nos utérus ne sont pas des armes de guerre ! Non à l’offensive contre le droit du sol à Mayotte, à bas la gestion coloniale ! Exigeons un congé parental de 3 ans et des crèches payées par les patrons, mais aussi des moyens massifs sous contrôle des travailleur·euse·s de la santé et de l’éducation, pour garantir le droit à la contraception, à l’IVG, à la PMA et à la transition pour toutes et tous !

Pendant qu’il protège les Darmanin et Depardieu, Macron se prétend féministe en faisant la chasse aux immigrés, qui seraient intrinsèquement violents envers les femmes. Pour lutter contre les violences patriarcales, pas de solution policière ni carcérale. Notre combat ne sera pas instrumentalisé à des fins racistes et xénophobes : il faut s’attaquer à la racine du problème : augmentation des salaires, des minimas sociaux et indexation sur l’inflation ! Réquisition de tous les logements vides pour accueillir les femmes victimes de violences, régularisation de tous·tes les sans papiers !

Avec Du Pain et Des Roses, nous savons que ce combat ne pourra pas être mené à notre place, ni au Parlement ni dans les ministères : c’est par en bas, au côté du mouvement ouvrier et à l’international, qu’en tant que femmes et LGBT nous pourrons obtenir les prochaines conquêtes. À l’avenir de crise et de guerre qui nous est promis, nous opposons la perspective révolutionnaire : pour une société libérée de toute forme d’exploitation et d’oppression, pour une société communiste !


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