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Répression

Glock, taser et chiens : le maire de Montpellier lance une police des transports armée jusqu’aux dents

Michaël Delafosse, le maire PS de Montpellier, a récemment confirmé la mise en œuvre d’une de ses promesses de campagne : la création d’une « Police Métropolitaine des Transports ». Le déploiement de cette unité spécialisée est une mesure sécuritaire de plus de la part du maire de Montpellier, qui développe depuis son élection la même politique répressive que le gouvernement.

Anis Bahri

5 octobre 2023

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Glock, taser et chiens : le maire de Montpellier lance une police des transports armée jusqu'aux dents

Crédits photos : robmcm CC BY-SA 2.0 DEED

Depuis le 18 septembre, le maire de Montpellier a lancé le déploiement de la plus grande unité de police dans les transports de France : la « Police Métropolitaine des Transports » (PMT). Cette unité de police est pour l’instant composée de 22 policiers qui ont déjà commencé à patrouiller sur l’ensemble du réseau des transports à Montpellier. Un effectif qui dépassera les 30 agents promis pendant la campagne municipale, pour atteindre 42 policiers, le maire ayant revu à la hausse ses ambitions. La PMT interviendra 7 jours sur 7 sur 31 communes. Au-delà même des moyens humains alloués à cette unité, c’est son suréquipement qui fait froid dans le dos. Le responsable adjoint de l’unité annonce la couleur en matière de moyens répressifs : « On a une arme de poing, 9mm, un Glock 17 comme arme à feu. On a également des gazeuses et un bâton télescopique. Et nous avons un PIE, pistolet à impulsion électrique ». Comme si cet arsenal n’était pas déjà scandaleux, les moyens seront encore plus renforcés en 2024 avec la mise en place de maîtres-chiens.

Sous couvert de la mise en place de la gratuité des transports en décembre, la mairie PS, menée par Michaël Delafosse, poursuit en réalité l’offensive sécuritaire qu’elle mène depuis plusieurs années contre les plus précaires et les sans-papiers main dans la main avec la préfecture. A l’été 2022, la mairie et la préfecture avaient annoncé une « Opération de sécurisation de centre-ville »,véritable traque des plus précaires, des SDF et des mineurs non-accompagnés (MNA). Déjà en 2020, le maire, avec le soutien de plusieurs élus locaux, demandait à Darmanin des renforts policiers pour la ville, demande à laquelle le gouvernement a répondu favorablement l’été dernier en déployant 160 policiers supplémentaires dans l’Hérault.

Loin d’être la fin de cette escalade sécuritaire, le lancement de la police métropolitaine des transports est plutôt le commencement d’un renforcement considérable des forces de police sur la ville, comme l’indique la Métropole qui annonce l’embauche de 58 policiers municipaux supplémentaires et 40 agents de la brigade de sécurité du logement social d’ici 2026 !. En plus de la répression policière, la mairie avec l’appui de la préfecture, a tenté d’empêcher la venue de Salah Hamouri pour une conférence sur la Palestine.

Comme le gouvernement Macron, la préfecture et la mairie justifient ces mesures avec une rhétorique usée et réactionnaire sur l’insécurité grandissante, visant principalement les migrants et les habitants des quartiers populaires. Le mairie a déclaré mi-septembre : « La constitution de cette police est une nouveauté, c’est une compétence nouvelle pour accompagner le besoin de sécurité légitime de nos concitoyens et c’est un choix politique » tandis que l’année dernière, le préfet a appelé à « nettoyer Montpellier » de la délinquance.

Ces annonces du préfet et du maire Delafosse s’inscrivent dans la même logique que la politique de l’État. Le gouvernement affaibli en cette rentrée poursuit son escalade sécuritaire, après une année marquée par le mouvement des retraites et les révoltes des quartiers populaires suite à la mort de Nahel. Depuis la rentrée, Darmanin mène en effet une politique toujours plus dure contre la jeunesse des quartiers populaires, comme le montre la mise en place d’une nouvelle unité répressive basé sur le modèle de la CRS8 qui interviendra dans « certains quartiers » au nom de la lutte contre la drogue. De la même manière, Emmanuel Macron a exposé ce lundi le détail de la répartition des 2.144 nouveaux postes de gendarmes créés, répartis en 238 nouvelles brigades qui prendrait place dans tout l’hexagone et dans les colonies à l’image de Mayotte.

Dans ce contexte d’offensive sécuritaire, des mairies de grandes villes à l’image de Montpellier ou encore Toulouse reprennent à leur compte la politique du gouvernement pour mettre en place toujours plus de dispositifs de répression. Ces politiques sécuritaires nationales comme locales montrent bien le rôle de l’Etat et ses relais qui investissent largement pour financer les dispositifs répressifs, alors que les services publics hospitaliers ou scolaires menacent de s’effondrer du fait de l’absence criante de moyens.


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