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Racisme et violences d’Etat

Copains comme cochons

Une proche de Darmanin à la tête de l’IGPN : l’impunité policière continue

Agnès Thibault-Lecuivre, une ex-collaboratrice de Darmanin, a été nommée à la tête de l’IGPN. L'objectif est clair : perpétuer la politique de l’impunité policière et redorer une institution délégitimée pour tous les cas de répression qu’elle a couvert.

jeudi 21 juillet

Crédit photo : AFP

Ce mercredi 20 juillet en Conseil des ministres, Emmanuel Macron a nommé Agnès Thibault-Lecuivre à la direction de l’IGPN.

Magistrate de carrière, l’exécutif semble tenter, par cette nomination, de redorer le blason d’un organe de plus en plus contesté pour son manque d’indépendance vis-à-vis de l’institution policière. Régulièrement en effet, l’institution est critiquée de blanchir des policiers impliqués dans des affaires de violences pourtant bien documentées. Il est ainsi avéré depuis de nombreuses années que l’IGPN conduit ses enquêtes en criminalisant les victimes de violences policières, en légitimant le recours à la force et en négligeant des éléments de preuves qui accableraient les policiers mis en cause, comme par exemple dans l’affaire du passage à tabac de gilets jaunes au Burger King des Champs Elysées en novembre 2019 dans laquelle, malgré les nombreuses vidéos et témoignages, seuls deux agents furent identifiés par l’institution.

L’effet de manche, toutefois, ne trompe personne. Porte-parole du ministère de la Justice entre 2019 et 2020, puis conseillère justice de Darmanin avant d’être promue directrice de cabinet adjointe à ses côtés en mars 2022, Agnès Thibault-Lecuivre est une fidèle de la macronie et une actrice de la politique sécuritaire du gouvernement en matière de police et de justice. Les policiers ne s’y trompent pas. Selon les sources de FranceInfo, la nouvelle cheffe de la police des polices serait plutôt bien accueillie par les syndicats du ministère de l’Intérieur. Grégory Joron du syndicat Unité-SGP, déclare ainsi à Cnews : « J’espère que sa nomination va permettre d’éviter les faux procès en partialité faits à l’IGPN […] pour les policiers, je ne pense pas que cela change grand-chose ».

Le message semble avoir été globalement bien reçu dans les rangs des agents de la place Beauvau : pour que l’IGPN puisse continuer à blanchir les policiers, le gouvernement doit blanchir l’IGPN des soupçons de partialité qui pèsent sur elle. Si le syndicat Alliance Police nationale, organisation majoritaire dans la profession et habituée des sorties très à droite, est critique de cette nomination, il semble retenir ses coups. Tandis que son délégué général Frédéric Lagache déclare : « Je ne pense pas que la nomination d’un magistrat soit bien accueillie dans nos rangs et soit une bonne chose ! », la communication du syndicat sur Twitter est plus mesurée, appelant la nouvelle directrice à exercer ses fonctions « sans idéologie » et avec une parfaite « connaissance des conditions d’emploi et de travail ».

La nomination inédite d’une magistrate à ce poste n’est donc certainement pas une bonne nouvelle, pas plus que la garantie d’une plus grande « indépendance » de la police des polices mais une pièce de plus dans le jeu sécuritaire et répressif du gouvernement.



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