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La grève continue !

Tour Eiffel : cinquième jour de grève reconductible, la mairie de Paris cherche à calmer la colère

Depuis 5 jours, les travailleurs de la tour Eiffel sont en grève contre la gestion catastrophique de la mairie de Paris. À quelques mois des J.O, cette mobilisation très médiatisée vient remettre au centre des débats la question des coupes budgétaires et de la dégradation généralisée des conditions de travail.

Lisa Mage

23 février

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Tour Eiffel : cinquième jour de grève reconductible, la mairie de Paris cherche à calmer la colère

Crédits photo : Royalty-Free photo

Ce lundi 19 février, les salariés de la SETE (Société d’exploitation de la tour Eiffel) se sont mis en grève pour dénoncer la mauvaise gestion financière du site par la ville de Paris, propriétaire à 99 % de l’entreprise. Les salariés dénoncent la dégradation accélérée du monument, mais aussi la multiplication par sept de la redevance que doit verser l’entreprise SETE à la mairie. Une gestion qui, selon les syndicats, ne peut que « limiter le budget disponible pour mener à bien les travaux nécessaires à l’entretien et l’exploitation de la tour et de son site, tout en menaçant à terme les recrutements et les rémunérations. »

Les grévistes entament aujourd’hui leur cinquième jour de grève et ont voté la reconduction de la grève jusqu’à samedi minimum. Une centaine de grévistes et de soutien se sont réunis ce vendredi en bas de l’édifice. Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT était présente, symptôme de l’ampleur qu’est en train de prendre ce mouvement conflit.

De son côté, la mairie de Paris continue de déclarer que le monument serait en « très bon état » et compte bien cherche à désamorcer la grève comme en témoigne les déclaration d’Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris : "Il y aura sans doute encore besoin de quelques heures, quelques jours peut-être, mais les négociations ont bien avancé ce jeudi", a-t-il assuré le jeudi 22 février sur France Info. "On leur laissera le temps vendredi de discuter et de décider".

Dans un autre registre, la sortie de Rachida Dati « proposant » à Anne Hidalgo le classement de la tour Eiffel comme monument historique illustre la volonté du gouvernement de reprendre le dessus face à l’importante médiatisation de la mobilisation, y compris à l’international.

Cette grève n’est pas une première, mais elle se démarque par sa durée. En effet, il suffit de remonter au 27 décembre dernier, jour du centième anniversaire de la disparition de Gustave Eiffel et date où les salariés de la SETE s’étaient déjà mobilisés pour mettre en lumière la dégradation importante du monument. Cela dit, la grève actuelle revêt un caractère inédit depuis 2016 en raison de sa longueur, mais aussi de ses mots d’ordre, centrés sur la dénonciation de l’augmentation de la redevance et, plus largement de la pérennité de leurs emplois.

Les grévistes appuient aussi sur l’impact symbolique qu’a cette grève et dénonce la politique de la ville de Paris qui casse tous les budgets, et même ceux dont le but est de garantir la rénovation du monument le plus connu de France, visité par plus de 7 millions de personnes par an. Les quatre jours de fermeture du monument représenteraient une perte d’environ 70 000 entrées, un impact important donc, tant économiquement que médiatiquement.

Ainsi, le conflit en cours dans l’un des monuments les plus touristiques de Paris illustre l’aiguisement des contradictions entre la colère grandissante face aux conditions de travail dégradées et aux politiques toujours plus austéritaires, et la nécessité pour le patronat et le gouvernement de mettre au pas les travailleurs afin de garantir les Jeux olympiques les plus rentables possibles. Le cas des transports est aussi flagrant dans ce sens puisqu’à peine quelques mois avant l’accueil d’un des événements les plus médiatisés au monde, les conflits sur les salaires et les conditions de travail se multiplient, tandis que les conditions de transport dégradés et l’augmentation perpétuelle du coût des transports provoquent la colère des usagers.

Une situation explosive donc, à peine quelques mois avant les Jeux olympiques, que le patronat et le gouvernement redoutent. En témoigne la volonté de mettre au pas tous les secteurs combatifs du monde du travail, dont la multiplication des cas de répression syndicale est une conséquence directe. La mobilisation des travailleurs de la SETE n’est donc qu’un exemple de la colère latente chez les travailleurs et ceci par-delà les frontières sectorielles. Des colères qu’il s’agira de faire converger pour construire un front large ouvrier afin d’arracher une véritable victoire sur le terrain des salaires et des conditions de travail.


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