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Pouvoir d'achat

Livret A : la nouvelle miette de Macron pour cacher la question des salaires

Sur BFM TV, Bruno Le Maire a annoncé lundi que le gouvernement validerait la hausse du taux du livret A recommandée par la Banque de France en janvier 2022. Une mesure reprise par toute la presse et présentée comme une réponse à l’inflation, qui n’est en réalité qu’une énième miette destinée à se substituer à l’augmentation des salaires.

lundi 13 décembre 2021

Crédit photo : ERIC PIERMONT / AFP

Interrogé par Jean Jacques Bourdin au micro de BFMTV ce lundi matin, Bruno Le Maire est revenu sur les mesures économiques du gouvernement en pleine reprise de l’épidémie en France. Entre les annonces sur la dette et sur la gestion « au cas par cas » des conséquences de la crise, le ministre de l’Économie s’est expliqué sur son « sujet de préoccupation majeur », d’après ses propres dires, l’inflation.

À ce sujet, Bruno Le Maire a listé les différentes mesures prises par le gouvernement comme le gel du prix du gaz ainsi que le plafonnement des prix de l’électricité avant de faire une nouvelle annonce : une hausse du taux de rémunération du livret A en 2022. Ce produit d’épargne est un des plus utilisés, avec plus de 55 millions de français.e.s qui en possèdent un. Or, son taux de rémunération recommandé, fixé par la banque de France et proposé au gouvernement est indexé sur l’inflation. Dans ce cadre, la banque de France proposera en 2022 une augmentation du taux qui devrait donc être validé par le gouvernement, alors que celui-ci est bloqué depuis deux ans au niveau plancher de 0,5 %.

Une mesure présentée par Bruno Le Maire comme un moyen de « protéger les Français contre l’augmentation des prix », qui serait la « priorité absolue » du gouvernement pour garantir le « pouvoir d’achat ». Seulement, à l’examen, la mesure apparaît comme rien moins qu’une nouvelle miette. Avec un taux qui devrait s’établir autour de 0,8 %, la rémunération du Livret A reste dérisoire. Comme le notent eux-mêmes Les Echos :
« Le gain de cette revalorisation restera modéré pour les épargnants. En 2020, selon le dernier rapport de l’observatoire de l’épargne réglementée de la Banque de France, les Français détenaient en moyenne 5.500 euros sur leur Livret A. Si le taux passe de 0,50 à 0,80 % et s’ils maintiennent inchangé ce dépôt moyen de 5.500 euros, cette épargne va générer 16,50 euros d’intérêts supplémentaires au bout d’un an. Pour un Livret A à son plafond de 22.950 euros, la revalorisation de 0,3 point correspond à un surplus d’intérêts de 66 euros au bout d’un an. »

Pas de quoi sauter au plafond ! En réalité, la hausse du taux du Livret A présentée comme une mesure de défense du « pouvoir d’achat » n’est qu’une nouvelle miette, dans la lignée du chèque-énergie, versé à partir de ce mois-ci sur lequel est également revenu Bruno Le Maire.

De fait, l’annonce de Bruno Le Maire ne peut se comprendre qu’en creux, à la lumière des mesures refusées par le gouvernement sur lesquelles est également revenu le ministre. À commencer par la hausse du SMIC, qui ne devrait, cette année encore, ne bénéficier d’aucun coup de pouce, de même que les minimas sociaux ou encore le point d’indice des fonctionnaires. Car pour le gouvernement, les salaires doivent impérativement augmenter le moins possible pour préserver les profits du patronat et maintenir l’austérité salariale dans la fonction publique.

Une situation qui, alors que les prix continuent d’augmenter, donne lieu à une multiplication des luttes des travailleurs sur les salaires comme c’est le cas notamment à Leroy Merlin, Décathlon, Labeyrie ou Dassault. Des mobilisations qui pointent systématiquement l’écart entre les profits faramineux de leurs entreprises et les miettes d’augmentation proposées aux travailleurs.

Ces luttes montrent la voie : face au refus de l’État et du patronat d’augmenter véritablement les salaires, nous n’avons pas à nous contenter de miettes. À quelques mois des élections, la lutte des travailleurs et des travailleuses contre la vie chère et pour de meilleurs salaires doit alerter les organisations politiques et syndicales sur la mise d’un plan de bataille pour arracher des victoires des mains de l’État français. Une lutte qui pourrait par exemple s’articuler autour du programme que nous revendiquons, avec la candidature révolutionnaire de Anasse Kazib : l’augmentation du SMIC à 1800 euros net ainsi qu’une augmentation de 300 euros de tous les salaires.



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