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Les États-Unis ont fourni le phosphore blanc utilisé par Tsahal au sud Liban

Selon des révélations du Washington Post les munitions au phosphore blanc utilisées par Tsahal au Liban ont été fabriquées aux Etats-Unis. Une nouvelle preuve de la complicité du gouvernement Biden avec les crimes de guerre d’Israël.

Enzo Tresso

13 décembre 2023

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Les États-Unis ont fourni le phosphore blanc utilisé par Tsahal au sud Liban

Alors que les tensions s’intensifient à la frontière libanaise, le Washington Post a révélé lundi 11 décembre que les munitions au phosphore blanc, utilisées en octobre au Liban par l’armée israélienne, ont été produites aux Etats-Unis. À partir de fragments d’obus, photographiés par un reporter du quotidien près du village de Dhaira au Sud-Liban, les numéros de série ont pu être identifiés. Si Amnesty avait déjà dénoncé l’utilisation de ces munitions au Liban, l’enquête publiée par le Post confirme leurs déclarations et met explicitement en cause les Etats-Unis.

Alors que le gouvernement Biden a produit une nouvelle démonstration vendredi de son soutien sans faille au massacre en cours à Gaza, en autorisant, sans l’aval du Congrès, la vente d’obus de char à Israël, ces récentes révélations établissent la responsabilité étatsunienne dans les exactions commises contre les civils libanais. Sur les fragments d’obus retrouvés, deux numéros de série sont en effet lisibles : « PB-92 » et « THS-89 ». Le numéro indique l’année de production tandis que les acronymes font respectivement référence aux usines de Pine Bluff, dans l’Arkasans, et de Thiokol Aerospace, en Louisiane. Les deux obus portent également l’inscription « WP » (White Phosphorus) qui « correspond à des cartouches au phosphore blanc, selon les experts en armements ». S’il n’est pas possible de déterminer la date de livraison de ces munitions fumigènes, leur origine américaine est désormais attestée. Comme le note le Post, il n’est pas déraisonnable de penser qu’elles appartiennent aux mêmes stocks qui avaient été utilisés lors de l’attaque israélienne au Liban, en 2006.

Si les conventions internationales autorisent l’emploi de ces munitions pour éclairer une zone de combat, Israël les utilise illégalement comme des bombes incendiaires, comme nous le rapportions fin novembre. Brûlant à une température de 800 °C, le phosphore blanc s’auto-enflamme à température ambiante. Laissant, après combustion, un dépôt gluant et noirâtre sur le sol, il peut à nouveau prendre feu sitôt qu’il est exposé à l’air. D’après le gouvernement libanais, près de 462 hectares de terres ont ainsi été ravagés à proximité de la frontière. Utilisé comme une bombe incendiaire, le phosphore blanc a notamment été mobilisé par Tsahal pour contraindre la population frontalière à partir en direction du nord, instaurant une zone tampon chimique. Depuis le 7 Octobre, Israël ne cesse en effet d’exiger l’application stricte de la résolution 1701 de l’ONU, comme le rapportait le Monde dans un entretien avec l’ex-directeur de la Surêté Générale libanaise, qui prévoit la démilitarisation complète de la région qui sépare la frontière israélienne du sud du fleuve Litani. Dans ce contexte, l’usage du phosphore blanc apparait comme outil tactique destiné à vider cette zone intermédiaire de sa population.

Aux Etats-Unis, les révélations du Post ont suscité les réactions embarrassées du gouvernement, quelques jours après le contournement du parlement et les craintes exprimées par de nombreux parlementaires. L’ambassadeur auprès du Conseil de sécurité a ainsi affirmé que le gouvernement était « préoccupé » et qu’il « poserait des questions pour en apprendre un peu plus ». Il a également ajouté que « lorsque notre gouvernement fournit des équipements comme du phosphore blanc à une autre armée, il attend qu’ils soient utilisés pour remplir des buts légitimes et dans le respect des lois de la guerre ». Toutefois, comme le déclarait un autre membre de l’administration, les Etats-Unis ne semblent pas vérifier en temps réel si Irsaël respecte le droit de la guerre. Ces révélations augmentent la pression qui pèse sur le gouvernement Biden dont le soutien à Israël ne faiblit pas et témoignent une fois de plus de la complicité des Etats-Unis avec les crimes de guerre israéliens.


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