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Mouvement écolo

Le procès des 9 militants anti-bassines de Sainte Soline reprend ce mardi : exigeons leur relaxe !

Mardi 28 novembre se tiendra le second acte du procès des 9 militants anti-bassines et représentant syndicaux de la CGT, Solidaires et de la Confédération paysanne suite à la manifestation de Sainte Soline en mars dernier. Face à la répression, un rassemblement est appelé à Niort dès 8 heures mardi.

Yann Causs

27 novembre 2023

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Le procès des 9 militants anti-bassines de Sainte Soline reprend ce mardi : exigeons leur relaxe !

Crédits Photo : Twitter Les Soulèvement de la Terre

Ce mardi 28 novembre au tribunal correctionnel de Niort aura lieu le second acte du procès très politique des neufs militants écologistes et syndicaux inculpés suite aux manifestations contre les méga-bassines à Sainte Soline. Alors que le procès a d’abord été ajourné le 8 septembre dernier en raison de la longueur des débats, ce mardi, Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci, deux porte-parole des Soulèvements de la Terre connus sur les pseudonymes de Benoît Feuillu et Basile Dutertre, mais également David Bodin, secrétaire de l’Union départementale de la CGT, Hervé Auguin, de Solidaires 79, et Nicolas Girod et Benoît Jaunet, représentants de la Confédération paysanne, comparaitront de nouveau devant le tribunal correctionnel.

L’Etat reproche aux accusés l’organisation de manifestation interdite, quand certains des prévenus sont également poursuivis pour « groupement en vue de commettre des violences contre les personnes et des dégradations contre les biens » ou encore « d’avoir frauduleusement soustrait » des morceaux de canalisations lors des mobilisations contre les bassines dans le Marais poitevin.

Les risques sont importants pour les militants et syndicalistes, qui encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Pour soutenir les 9 militants et syndicalistes en procès face à cette tentative d’intimidation, Bassines Non Merci, la CGT, Solidaires, la Confédération paysanne et les Soulèvement de le Terre, appellent à se rassembler dès huit heures devant le tribunal. Un rassemblement qui aura lieu malgré l’interdiction de la préfecture prononcée le vendredi 24 novembre, qui prévoit également le déploiement de drones aux abords du tribunal.

Un dispositif à l’image de ce procès particulièrement inquiétant pour le gouvernement, décidé à attaquer le mouvement écologiste. A ce titre Julien Le Guet affirme pour Révolution Permanente : « En deux ans et demi, on a vécu en accéléré tout le cursus répressif possible imaginable. Ça a commencé par de simples amendes pour stationnement, car on ne respectait pas les arrêtés municipaux, et aujourd’hui la répression va jusqu’au Conseil d’État et aux commissions parlementaires. Dans ce cadre, on a déjà 15 camarades qui ont eu des peines ces dernières années pour leur participation aux manifestations. Leur règle du jeu depuis plusieurs années maintenant, c’est d’interdire systématiquement les manifestations, mais malgré cela, on les maintient, c’est une liberté fondamentale et c’est pour cela qu’on est prêt à aller au devant des violences policières. Tout cela débouche aujourd’hui sur un procès historique ».

Dans la lignée du discours sur l’éco-terrorisme, qui a cherché à justifier la répression ultra-violente de Sainte Soline et l’arrestation de militants écolos avec des brigades anticriminelles, le gouvernement cherche par tous les moyens à criminaliser les militants et activistes écologistes pour leurs actions. Et bien que la dissolution des Soulèvements de la Terre ait été retoquée par le Conseil d’État, marquant un camouflet important pour Darmanin, le gouvernement souhaite néanmoins intensifier la répression judiciaire contre le mouvement écologiste.

L’accusation d’organisation de manifestation interdite est ainsi un moyen pour le gouvernement de normaliser une attaque anti-démocratique contre le droit de manifester. Or cette menace concerne l’ensemble du mouvement social. En effet, cette répression touche aujourd’hui l’ensemble des secteurs qui se sont mobilisés récemment, des jeunes des quartiers populaires qui ont subi des procès racistes après avoir été réprimés brutalement en juin, aux syndicalistes intimidés et traduits en justice pour leur mobilisation contre la réforme des retraites, à l’image des militants de la CGT énergie 33. Depuis le 7 octobre, cette répression touche largement le soutien à la Palestine, criminalisé à son tour par le gouvernement.

Contre la répression qui s’abat sur le mouvement écologiste, il faut faire front. La lutte contre la répression est en effet centrale pour faire face aux nouvelles attaques du gouvernement, en exprimant et en organisant concrètement notre solidarité avec tous les réprimés. Cela commence ce mardi 28 novembre par venir en nombre au rassemblement appelé à 8 heures aux abords du tribunal pour accompagner les prévenus, avant leur procès qui commencera à 9 heures. L’ensemble de la journée sera rythmé par des activités organisées au patronage laïque de Niort par La CGT, Solidaires, La Confédération paysanne, Les Soulèvements de la Terre et Bassines Non Merci.

Un rassemblement et une journée auquel il faut converger en masse, pour exiger l’amnistie et la fin des poursuites et enquêtes pour l’intégralité des réprimés du mouvement écolo, des quartiers populaires, de la cause palestinienne et plus largement de tout le mouvement social.


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