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Course à l'armement

L’Allemagne annonce 500 millions d’euros d’aide militaire supplémentaire à l’Ukraine : l’escalade continue

Ce mardi à Ramstein, à l’occasion d’une nouvelle réunion du Groupe de contact sur la défense de l'Ukraine, l’Allemagne a promis 500 millions d’euros supplémentaires pour l’armement de l’Ukraine. L’escalade militariste européenne se poursuit après les 5 milliards débloqués par l’UE et les 3 milliards de l’accord franco-ukrainien.

Joshua Cohn

20 mars

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L'Allemagne annonce 500 millions d'euros d'aide militaire supplémentaire à l'Ukraine : l'escalade continue

Crédit photo : OSCE

Mardi 19 mars, les représentants des cinquante États étaient réunis à Ramstein, en Allemagne, pour la 20ème réunion du Groupe de contact sur la défense de l’Ukraine (UDCG selon son acronyme anglais ou « groupe de Ramstein »). A cette occasion, Lloyd Austin, secrétaire américain à la Défense, a tenu à rappeler son engagement au ministre ukrainien de la Défense, Rustem Umerov : « Notre message est clair : les Etats-Unis ne laisseront pas tomber l’Ukraine. Cette coalition ne laissera pas tomber l’Ukraine. Le monde libre ne laissera pas tomber l’Ukraine. »
 
Cette annonce intervient dans un contexte difficile pour l’administration Biden, face à une Chambre des représentants à majorité républicaine qui bloque tout crédit supplémentaire pour l’Ukraine, situation qui ne l’a pas empêché d’annoncer le 12 mars une aide de 300 millions de dollars pour l’Ukraine, en faisant des économies sur le budget alloué à l’armée américaine. La principale annonce faite à Ramstein est venue des rangs allemands, avec la promesse de 500 millions d’euros supplémentaires d’aide militaire. Une somme qui vient d’ajouter aux 5 milliards approuvés le 13 mars par l’Union européenne et aux 3 milliards prévus par l’accord de sécurité franco-ukrainien signé par Macron le 16 février et validé par l’Assemblée nationale le 12 mars. De son côté, la Belgique doit fournir 412 millions d’euros d’aide.
 
Dans le détail, les aides consisteront en obus, véhicules logistiques, navires chasseurs de mines, drones. Des investissements qui surviennent alors que les États européens s’inquiètent des contradictions politiques internes que connaît leur traditionnel allié américain, travaillé par l’isolationnisme trumpien qui gagne du terrain dans le Parti républicain et par le possible retour d’ancien président à la Maison blanche en 2025, mais également des difficultés ukrainiennes sur le front.
 
Vendredi dernier, cette politique européenne de défense s’illustrait par la rencontre entre Emmanuel Macron, d’Olaf Scholz et de Donald Tusk à Berlin, dans une configuration franco-germano-polonaise dite du « triangle de Weimar ». Une façon pour les dirigeants européens de s’afficher unis derrière l’Ukraine après les déclarations chocs de Macron qui avait annoncé fin février ne pas exclure l’envoi de troupes au sol en Ukraine. Une déclaration provocante dont les responsables européens s’étaient empressés de se démarquer.
 
Loin de prôner la désescalade, ces démentis traduisaient cependant avant tout une politique de gradation dans l’attitude européenne vis-à-vis de la Russie, ainsi que le souci de certains dirigeants de ménager leur opinion publique, comme c’est le cas d’Olaf Scholz en Allemagne, alors que le SPD n’est crédité que de 15 % des voix dans les sondages pour les prochaines élections européennes. Ce sont d’ailleurs les mêmes dirigeants qui renforcent par ailleurs les budgets militaires et mènent des politiques de remilitarisation, à l’image de l’Allemagne qui ouvre ses écoles à l’armée pour lui permettre de recruter et de préparer la jeunesse à la guerre.
 
Toutes les récentes annonces de financements militaires supplémentaires pour l’Ukraine s’ancre dans une remilitarisation globale du continent, dont Macron entend se faire le fer de lance, comme le montre l’accord franco-ukrainien, ses déclarations bellicistes, mais également sa politique d’enrégimentement de la jeunesse avec le SNU, l’uniforme à l’école et le projet de « réarmement civique ». Autant de politiques préparatoires à de futures guerres qui doivent sonner comme des avertissements pour la classe ouvrière, la jeunesse et tous les opprimés du continent. A l’heure où la guerre est largement rejetée par la population, il y a urgence à s’appuyer sur ce sentiment pour mener une grande politique anti-militariste et internationaliste, et organiser la lutte contre les puissances qui préparent des affrontements armés de grande ampleur.


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