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Notre classe

Cheminots en colère

Grève à la SNCF le 6 juillet : il faut un plan de bataille pour l’augmentation générale des salaires !

Face à l'inflation et aux bas salaires, la colère gronde à la SNCF et cinq organisations syndicales CGT, CFDT, SUD-Rail, UNSA et FO) appellent les cheminots à faire grève le 6 juillet. Pour peser dans le rapport de force et obtenir des augmentations dignes de ce nom, il faut un plan de bataille pour coordonner et étendre la colère à la base, aux côtés des travailleurs de l'aéroport de Roissy ou encore de ceux de Total et ses filiales également en lutte pour les salaires.

mardi 5 juillet

Manifestation de cheminots en 2018. Crédit photo : O Phil des Contrastes

Face à l’inflation, aux bas salaires et aux conditions de travail au rabais, les grèves et mobilisations locales se multiplient depuis plusieurs mois à la SNCF. Comme la « grève surprise » de mercredi dernier à Saint-Lazare qui a obligé la direction a lâché une prime, les conducteurs de train qui ont posé le sac ce mardi sur le réseau Paris Nord, le débrayage au Technicentre du Landy, ou encore les grèves chez les agents de circulation en Occitanie, Champagne-Ardennes et PACA. Partout, les cheminots réclament des augmentations de salaire alors que l’inflation pourrait atteindre les 10% d’ici la fin de l’année, et que la boîte a réalisé 862 millions d’euros de résultats nets en 2021. Dans ces conditions, difficile pour l’entreprise de continuer à justifier le gel des salaires imposé depuis huit ans...

C’est donc sous pression que la direction de la SNCF a dû rouvrir les négociations sur les salaires avec les organisations syndicales autour d’une table-ronde le 6 juillet. Une annonce qui suit de près celle de l’augmentation de 3,5% du point d’indice des fonctionnaires par le gouvernement, pour tenter de désamorcer la colère. D’autant plus que la vague de grève pour les salaires qui touche le pays depuis plusieurs mois s’étend désormais à plusieurs grandes entreprises stratégiques du pays : après Leroy-Merlin et Amazon, ce sont désormais les travailleurs de l’aéroport de Roissy ou ceux de Total et de ses filiales qui ont débuté un mouvement de grève avec la revendication unitaire de 300 euros d’augmentation pour tous (à la différence des augmentations en pourcentage qui bénéficient moins aux bas salaires).

Mais toutes les grèves l’ont démontré jusqu’ici : ce n’est que par le rapport de force qu’il est possible d’obtenir des augmentations dignes de ce nom. Et alors que le coût de la vie va continuer à augmenter, la seule solution pour éviter de perdre les augmentations qui ont été gagnées, c’est d’imposer l’indexation des salaires sur l’inflation. Une mesure qui ne pourra être imposé qu’en coordonnant les travailleurs à la base dans le cadre d’un mouvement de grève national pour les salaires. A ce titre, si le communiqué de l’intersyndicale qui appelle à la grève à la SNCF le 6 juillet (CGT Cheminots, CFDT Cheminots, SUD-Rail, UNSA Ferroviaire et FO Cheminots) mentionne bien les différents mouvements de grève qui ont lieu dans le pays, on se demande pourquoi rien n’a été fait pour se coordonner avec la grève à l’aéroport de Roissy le 1er juillet, ou celle du 24 juin chez Total. Il faut pourtant exiger des directions syndicales un plan de bataille qui permette de taper tous ensemble au même moment !

Après avoir continué à travailler pendant la crise sanitaire pour assurer la continuité du service public, et alors que l’inflation les frappe de plein fouet, les cheminots ont raison de se battre pour leurs salaires. Pour éviter les manœuvres de la direction qui cherche à les diviser des autres secteurs du monde du travail et ne pas tomber dans la stratégie perdante des journées de grève isolées, il faut que les cheminots puissent décider eux-mêmes des perspectives.
Si les cheminots font plier la direction de la SNCF, ce sera une démonstration pour l’ensemble des salariés du pays qu’il est possible de se battre et de gagner. C’est pourquoi le 6 juillet, il faudra être en grève, s’organiser à la base en Assemblée Générale, se préparer à se coordonner avec les autres secteurs et corps de métier de la SNCF, mais aussi avec les travailleurs des autres entreprises du pays pour imposer une augmentation générale des salaires indexée sur l’inflation.



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