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Politique

CICE, État d'urgence, 49.3...

Candidature de Valls. Quel bilan pour le Premier ministre ?

Manuel Valls, ce lundi, a confirmé qu’il allait se présenter à la primaire de la gauche en espérant devenir le représentant du parti socialiste qui se retrouve sans leader depuis que Hollande a renoncé à se représenter pour la présidentielle. Matthias d'Armagnac

lundi 5 décembre 2016

Hollande lui-même voyait Manuel Valls comme son « dauphin » idéologique ; mais, au fur et à mesure du quinquennat désastreux de Hollande, Valls tente de s’éloigner du président qui voit sa côte de popularité descendre en chute libre. Pourtant, en tant que Premier ministre, il est loin d’être étranger à cet échec politique.

Valls, comme Macron, voyant le naufrage du Parti Socialiste, tentent, chacun à leur manière, de tirer leur épingle du jeu en espérant réussir à récupérer les nombreux déçus du PS qui tendent actuellement vers la candidature de Mélenchon.

Valls est un véritable apparatchik des institutions politiques qui, à travers ses discours creux et ses slogans absurdes, prétend être apte à « rassembler les Français » face à la droite dure que nous préparent Fillon et Le Pen. C’est pourtant le même homme qui a allumé la machine à destruction du code du travail, bafouant l’ensemble des acquis gagnés à travers la lutte des travailleurs, avec la première version de la loi travail que Gattaz approuvait. Car Valls nous l’a prouvé, avec la loi Macron et la loi El Khomri et à grands renforts de 49.3, il n’est pas du côté des travailleurs.

Valls propose d’ailleurs de mettre fin aux 35 heures ainsi qu’à l’impôt sur le revenu qui serait « injuste à l’égard des patrons »... alors que ces mêmes patrons ont reçu plus de 5 milliards d’euros de la part du gouvernement auquel il a participé pour soi-disant relancer l’emploi… On en voit les succès !

Il n’en est pas à sa première incohérence, lui qui se prétend de gauche et déclare qu’il « aime l’entreprise ».

C’est cette même personne qui taxait les revendications durant les manifestations contre la loi travail de « volonté conservatrice » mettant ainsi dans le même panier les tendances conservatrices de la droite catholique et patriote avec les travailleurs et la jeunesse qui réclamaient plus de progrès sociaux.

Et à propos de progrès social, il en connaît un rayon Manuel Valls ! Il fait notamment partie de ceux qui ont soutenu la politique réactionnaire sur la pénalisation du Burkini. En matière de respect des droits des femmes, de tolérance et de progressisme, on ne fait pas pire ! Sans parler de l’instrumentalisation de la sacro-sainte laïcité à des fins islamophobes. Rappelons également que Valls n’en est pas à son premier coup d’essai en ce qui concerne la discrimination : sortie raciste au marché d’Evry, discours nauséabond à propos des Roms…

Avec ses allures autoritaires et l’arrogance avec laquelle il prétend être « l’homme de la situation », il incarne la nouvelle génération de politiciens du PS qui ont totalement rompu avec le passé ouvrier et socialiste de ce parti. Mais cela montre aussi sa volonté de se présenter comme un homme providentiel, qui arrive dans un contexte d’instabilité politique et économique important.

Ce parti, qui est l’un des piliers de la 5ème République, ne trouve plus de légitimité, tout comme le parti Républicain, et cherche donc une figure bonapartiste apte à manier avec une main de fer l’ensemble des forces du pays, que ce soit les institutions, ou encore l’armée, pour réprimer sans aucune limite l’ensemble des mouvements contestataires qui pourraient se mettre sur sa route.

La figure de Valls en tant que représentant au PS est donc une volonté acharnée de l’establishment de gauche à se proposer comme exécutant de la volonté bourgeoise malgré le fait que la figure de Fillon soit plus légitime pour celle-ci à lutter contre les acquis sociaux.



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