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Répression

Bordeaux. Une ASH licenciée par la direction d’Elior après une grève : exigeons sa réintégration !

En réaction au mouvement de grève des agents de services hospitaliers qui a touché les établissements de santé bordelais au mois d’octobre, la direction d’Elior-Derichebourg a décidé de réprimer durement les grévistes. Une d’entre elle vient d’être définitivement licenciée. Face à cette répression scandaleuse il faut faire front et exiger sa réintégration !

Théo Agapé

8 décembre 2023

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Bordeaux. Une ASH licenciée par la direction d'Elior après une grève : exigeons sa réintégration !

Révolution Permanente

C’est après une mise à pied honteuse de 3 semaines et alors que le mouvement de grève lancé par les ASH prenait fin, que M. a appris le jeudi 30 novembre, par courrier, son licenciement. Une offensive de la direction d’Elior qui ne fait pas de doute pour cette dernière : « Quand j’ai appris ma mise à pied puis mon licenciement j’étais énervé car je sais qu’ils ont joué sur le fait que j’étais gréviste ».

En effet, depuis le mois d’octobre un mouvement de grève « pour en finir avec l’esclavage moderne » s’était lancé à l’hôpital de Langon. En tête, des ASH déterminées à dénoncer leurs conditions de travail et à obtenir leurs revendications légitimes. Après quelques semaines de lutte, et une potentialité importante d’élargissement de la grève, qui touchait déjà plusieurs sites, la direction n’a pas traîné pour riposter : tentative de manipulation, intimidations par les responsables d’Elior sur les piquets de grève, mise à pied … et maintenant, licenciement !

Une répression que dénonce M. au micro de Révolution Permanente : « La direction veut nous empêcher de faire grève, ils nous surveillent sans cesse. Dans ce mouvement, j’ai servi d’exemple pour faire peur aux autres collègues. »

Dans la lettre (que nous avons pu consulter) la jeune femme est accusée de fait qui précèderait la grève, notamment d’avoir « fureter dans des cartons […] contenant des piles, pansements, gel douche etc… ». On lui reproche également de ne pas effectuer correctement ses tâches d’entretiens, avec à l’appui, un témoignage du cadre qui aurait du « réaliser par lui même l’approvisionnement en papier toilette ». Si cela peut prêter à rire quand on connaît les revendications des grévistes qui ne cessent de répéter leur manque de moyen, ne permettant pas d’effectuer leurs tâches correctement, en réalité, ces justifications sont surtout un prétexte pour sanctionner le mouvement de grève et les grévistes. Par là, la direction chercher à marquer les esprits des travailleuses, à intimider et dissuader toutes velléités de nouveaux mouvement.

Des dénonciations calomnieuses que M. se dit prête à combattre : « cela me donne envie de me battre encore plus mais surtout de montrer à mes collègues qu’il ne faut pas se laisser faire ! ».

Ces propos font écho à ceux de Marie-Laure Charchar, secrétaire générale de la CGT Blanchisserie, réagissant à cette décision de licenciement : « comme à chaque grève, surtout dans le privé, la direction trouve un bouc émissaire. On a assisté à un licenciement pendant la grève de la clinique du Tondu, un autre pendant la grève à la clinique de Bordeaux Nord et là c’est les Elior. Malheureusement la direction a réussi à déstabiliser le mouvement. »

Alors que Bordeaux a été le théâtre d’un élan de solidarité important face à la répression, à l’image du rassemblement réussi devant le tribunal de Bordeaux pour le procès de deux cgtistes de l’énergie, il est important de dénoncer le licenciement de M. et de construire la solidarité pour exiger sa réintégration. Les syndicats du CHU et de la santé ont une responsabilité particulière à ne pas laisser passer cette répression.

Une vision que partage la secrétaire générale de la CGT Blanchisserie : « Maintenant, il faut continuer de se battre en toute solidarité avec M. Le courrier de la direction n’avance aucune preuve, rien. Il faut que le mouvement des ASH qui a vu jours intègre dans ses revendications la réintégration de leur collègue et que nous soyons tous à ses côtés dans ce combat ».

Solidarité avec M. !


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