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SNCF

Billet d’Anasse Kazib : « ils veulent faire passer les cheminots pour des privilégiés »

Avec la grève des contrôleurs, les attaques contre les « privilégiés » reprennent. A croire que pour les médias, les nantis seraient les cheminots et pas les ministres millionnaires de Macron.

Anasse Kazib

14 février

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Billet d'Anasse Kazib : « ils veulent faire passer les cheminots pour des privilégiés »

J’échangeais il y a quelque temps avec une DRH à la SNCF. Lorsque j’évoquais avec elle le manque de personnel, elle me disait à propos des recrutements que « la moitié des candidats ne veulent pas continuer à cause du salaire et des 3x8… ». Personne ne se bagarre pour rentrer à la SNCF. Pour vous dire, en Ile-de-France, des établissements de maintenance proposent 10.000€ sur 3 ans à l’embauche pour des électriciens, car le privé paye presque le double pour un agent affecté au service électrique.

Vous imaginez ils proposent 10.000 € de prime sur 3 ans, tant ils n’arrivent pas à embaucher. L’année dernière encore, certains de mes collègues ont démissionné car le privé propose des rémunérations supérieures. C’est un fait. Pourtant, systématiquement, les médias répètent la propagande patronale sans faire même l’effort de demander la grille de salaire à la SNCF et de lire les chiffres pour comprendre le mal-être des cheminots, répétant seulement que l’entreprise a donné 400€ de prime.

Un cheminot de terrain Classe 2 ou 3, avec environ 5 ans d’ancienneté a un traitement brut à 1.566,48€. Je rappelle que le SMIC brut est aujourd’hui à 1766,92€. Dans quelle entreprise un salarié de terrain, après 5 ans d’ancienneté, a un salaire de base 200€ en dessous le smic légal ? Alors on peut se gargariser en disant « ah vous avez eu 400€ », mais on en a marre des primettes, les cheminots veulent des grilles de salaires réévaluées, l’augmentation de 400€ par mois et l’indexation des salaires sur l’inflation. Ils n’endormiront personne avec des primes et des piécettes.

Ce que je dis ne banalise en rien les difficultés dans les autres professions, je condamne en permanence cette situation. J’espère un jour une mobilisation générale sur les salaires, car nous avons conscience aussi des bas salaires ailleurs : dans le privé, le nettoyage, le bâtiment etc… Mais je vous invite à ne plus tomber dans les propagandes « prime charbon » qui n’existent pas, et de nous faire passer pour des privilégiés alors que nos grilles de salaires sont encore en dessous de la réalité de nos métiers et des salaires ailleurs.


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