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« Les Soulèvements de Nanterre »

« Justice pour Nahel ! » au rassemblement des Soulèvements, convergence contre les violences policières

Après le meurtre policier de Nahel et la colère qu’il a engendré, la volonté d’un combat commun contre l’autoritarisme du gouvernement et ses meurtres policiers s’est exprimée au rassemblement parisien contre la dissolution des Soulèvements de la terre, auquel sont intervenues Assa Traoré, Françoise Vergès ou encore Fatima Ouassak.

Seb Nanzhel

29 juin 2023

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« Justice pour Nahel ! » au rassemblement des Soulèvements, convergence contre les violences policières

Crédits photo : Révolution Permanente

Ce mercredi soir se sont déroulés dans tout le pays une quarantaine de rassemblements contre la dissolution des Soulèvements de la terre et contre la répression policière. A Paris, plus d’un millier de personnes se sont réunies sur la place de la République. Alors que de nombreuses organisations et figures de l’antiracisme étaient présentes au côté des organisations écolos, politiques et syndicales, c’est la volonté d’un combat commun contre l’offensive autoritaire du gouvernement, le racisme d’Etat et ses violences policières qui s’est exprimée, résumée par le slogan « Les soulèvements de Nanterre ». Un combat commun qu’il faut porter ce jeudi à la marche blanche appelée par la famille de Nahel.

Le meurtre policier de Nahel, et la vague de colère contre l’institution policière et le racisme d’Etat qui s’en est suivie, ont profondément imprégné ce rassemblement appelé contre la dissolution des Soulèvements de la terre. Ainsi, en plus des organisations écologistes (XR, Youth For Climat, Dernière Rénovation, Greenpeace), politiques (LFI, EELV, NPA, POID, Révolution Permanente …), syndicales (Solidaires, FSE, Confédération Paysanne, CNT) et du mouvement social, plusieurs organisations antiracistes, à l’image du Comité Adama, du Front des Mères, du collectif Justice pour Claude Jean Pierre ou encore de Diivineslgbtqi+ ont marqué le rassemblement de leur présence. De nombreuses figures ont pris la parole à l’image de Françoise Vergès, Assa Traoré, Fatima Ouassak et Frédéric Lordon.

Dans toutes les bouches et les slogans, le nom de Nahel et la colère : « Aujourd’hui on se soulève pour Nahel, et pour beaucoup d’autres personnes qui sont tombées avant nous », déclare ainsi Fatia Alcabelard, fille de Claude Jean Pierre, tué lui aussi par la police en 2020.. Le meurtre du jeune Nahel résulte du caractère structurellement raciste et violent de la police, comme l’explique Mornia Lassbi, militante du Front des Mères : « Ce qui s’est passé hier n’est pas un acte isolé. Depuis des années, nos enfants, nos gosses des quartiers populaires, parce qu’ils sont noirs, arabes ou jaunes, se font humilier, se font palper, subissent des contrôles au faciès, se retrouvent en garde à vue, subissent des viols ». Assa Traoré, sœur d’Adama, également tué par la police, ajoute : « Nahel, ce sont des images que nous avons vues, mais ce sont des images qui en cachent énormément d’autres ». Des « pas de justice, pas de paix ! » scandés ponctuent les interventions.

La nature impérialiste de l’Etat français, ainsi que sa responsabilité dans la catastrophe écologique, est également dénoncée dans les interventions : « N’oublions pas que le système colonial n’est pas aboli en Guadeloupe », rappelle Fatia Alcabelard quand une militante de Diivineslgbtqi+ dénonce le crime colonial et sanitaire du Chlordécone. « Le système qui trie racialement les humains est le même qui détruit le vivant partout dans le monde », ajoute Fatima Ouassak, du Front des Mères et de Verdragon.

« Les violences policières s’exercent de longue date au sein des colonies et des quartiers populaires qui ont été de véritables laboratoires de la répression. Maintenant elles s’étendent par tâche d’huile sur le milieu militant, le mouvement social, les gilets jaunes, les luttes écologistes. », dénoncent les Soulèvements. Ce meurtre policier et l’offensive répressive à laquelle fait face le mouvement écologiste et plus largement tout le mouvement social ont en effet les mêmes racines. « Pour nous, le lien est évident entre le combat contre la dissolution des Soulèvements de la terre et le combat contre les violences policières. […] Parce qu’on est face à un Etat qui donne un permis de tuer à la police pour qu’elle aille s’entraîner dans les quartiers populaires avant d’envoyer cette même police à Sainte-Soline. Un Etat qui exerce sa capacité à dissoudre sur le CCIF avant de l’utiliser sur les écolos et le reste du mouvement social. », explique ainsi Camille, militante à Révolution Permanente et au collectif féministe Du Pain et des Roses.

« Il faut affirmer notre opposition à la dissolution des soulèvements de la terre, à toutes les arrestations et inculpations qui frappent les militantes et militants qui défendent le vivant. Contre leur criminalisation, contre la censure, contre la politique européenne anti-réfugiés qui laisse mourir des centaines de personnes  », appuie la politologue et penseuse féministe et décoloniale Françoise Vergès. « Chaque jour, les vies des noirs, des arabes et des autochtones, on voit qu’elles ne comptent pas. Contre l’offensive générale pour étouffer les voix et les corps qui s’opposent à la politique de mort que porte inévitablement le capitalisme patriarcal et racial, nous devons nous soulever ».

Pour construire cette lutte commune, le premier pas est ce jeudi lors de la marche blanche appelée par la famille de Nahel à 14h devant la préfecture de Nanterre. « J’ai vu ces derniers temps à quel point vous avez été choqués à juste titre quand vos militants, nos militants, se sont retrouvés en garde à vue. Mais sachez-le, depuis des années nos enfants le vivent, quand ils ne sont pas blessés ou tués. Aujourd’hui je suis contente, nous allons pouvoir converger. Demain à 14h, nous serons des milliers, voire des millions ! », résume Mornia Lassbi.


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