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Liban

Villages détruits au sud Liban : l’armée israélienne a bombardé des civils au phosphore blanc

Plus d’un mois après la révélation de l’utilisation de phosphore blanc dans les bombardements de la bande de Gaza par l’armée israélienne, de premiers témoignages glaçants de l’usage de cette arme chimique sur des civils libanais près de la frontière ont été récoltés.

Augustin Tagèl

30 novembre 2023

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Villages détruits au sud Liban : l'armée israélienne a bombardé des civils au phosphore blanc

Crédits photo : Anadolu Agency

Des explosions. Des dizaines de trainées d’une fumée blanchâtre s’abattant sur le village. Puis les incendies, sitôt que le phosphore touche le sol. Et surtout la fumée, partout, qui asphyxie et attaque les poumons. Voilà à quoi ressemblait la nuit du 16 au 17 octobre pour les habitants du village libanais de Dhayra. « Une odeur nauséabonde et un énorme nuage ont recouvert la ville, de sorte que nous ne pouvions pas voir à plus de cinq ou six mètres devant nous. Les gens se sont mis à fuir leur logement avec frénésie » témoigne un habitant auprès d’Amnesty International. Leur village entièrement noyé sous une fumée lourde qui met des heures à se dissiper, les habitants n’ont eu d’autre choix que de fuir, et nombre d’entre eux ont dû être hospitalisé pour des cas de lésions respiratoires ou de graves brûlures. Au moins deux autres villes frontalières ont été également touchées dans cette période, al Mari et Aita al Chaab.

A l’occasion de la trêve partielle à Gaza, qui s’étend aussi dans une certaine mesure au Hezbollah libanais, certains habitants ont décidé de retourner dans leurs villages, désertés au début des bombardements, et commencent à témoigner à la presse. A leur retour, ils ont trouvé leur village en partie brûlé et leurs champs jonchés de débris et de carcasse d’obus. Il s’agit de morceaux de métal verts, portant l’inscription « WP CANISTER » : white phosphorus, l’appellation anglaise des munitions au phosphore blanc. Aucun doute possible : à partir du 12 octobre, date des premières images de bombardement au phosphore blanc sur Gaza, l’armée israélienne utilisait ces mêmes armes sur les civils libanais vivant près de la frontière sud. « Lorsque certains sont revenus deux jours plus tard, les maisons brûlaient encore. Des voitures ont pris feu. Des terres ont également été brûlées. Aujourd’hui encore, on continue à trouver des restes qui se rallument lorsqu’ils sont exposés à l’air », décrit le même habitant à Amnesty International.

Cet armement provoque des dégâts majeurs sur les populations civiles, combinant des effets incendiaires et asphyxiants, comme cela avait été observé lors des bombardements sur Gaza. Mais l’attaque maintenant documenté sur le village libanais montre d’autres effets, notamment sur l’environnement. Les rues et les façades des maisons, mais surtout les champs, sont recouverts de dépôts noirâtres, qui, quarante jours après le bombardement, sont toujours susceptibles de se remettre à bruler. Marcher sur ces dépôts ou vouloir les retirer relance leur combustion en les exposant à l’oxygène, et libère à nouveau des fumées nocives. Dans les champs, ce résidu hautement toxique empoisonne les récoltes et les rendent impropres à être consommées, forçant les paysans à les détruire. Plus encore, cela attaque les moyens de subsistance des populations, qui ne savent pas si leurs terres seront à nouveau cultivables.

Devant les preuves de l’usage de ces armes qui tuent les civils et empoisonnent leurs terres, l’armée Israélienne n’a même pas cherché à nier, forte du « soutien inconditionnel » des États impérialistes occidentaux. Selon l’administration libanaise, ce sont déjà plus de 460 hectares de terres qui ont été brûlés par ces bombardements, et 52 villages incendiés. Des chiffres qui risquent encore de s’alourdir au regard malgré la trêve partielle en cours, qui n’empêche pas Israël de continuer ses opérations au Liban, entre poursuite des bombardements et tirs sur une patrouille des Nations Unies.

Alors que l’utilisation du phosphore blanc comme munition incendiaire est interdite depuis 1983 par l’ONU, et que son usage relève du crime de guerre, l’État d’apartheid israélien montre à nouveau qu’il est prêt à tout pour écraser les populations civiles, que ce soit à Gaza où dans le Sud du Liban, avec la bénédiction des dirigeants occidentaux au premier rang desquels Biden et Macron.


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