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Manifestations en Grèce

Naufrage en Grèce : « les manifestants pointent la responsabilité du gouvernement et de l’UE »

Après le naufrage qui a eu lieu dans la Méditerranée dans la nuit de mercredi à jeudi, des manifestations ont eu lieu dans toute la Grèce. Les manifestants pointent la responsabilité des politiques anti-migratoires du gouvernement grec et de l’Union Européenne. Nous avons interrogé Yorgos Michailidis, militant au NAR, qui revient sur ces manifestations.

Irène Karalis

17 juin 2023

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Naufrage en Grèce : « les manifestants pointent la responsabilité du gouvernement et de l'UE »

79 morts et plus de 500 disparus dans la Méditerranée : voilà le bilan terrible du pire naufrage depuis 2016 qui a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi au large de la Grèce. Selon Yorgos Michailidis, militant de l’organisation communiste NAR, environ 10 000 personnes se sont retrouvées dès le lendemain à Athènes, tandis que d’autres manifestations ont éclaté dans toutes les grandes villes de la Grèce, à Thessalonique, Patra, Ioannina et en Crète. À l’appel des collectifs antiracistes, de réfugiés et des organisations politiques, des milliers de jeunes, étudiants et travailleurs sont descendus dans les rues pour manifester leur colère face à ce nouveau drame en Méditerranée. À Athènes, les manifestants sont allés manifester devant les bureaux de l’Union Européenne.

Selon Yorgos, les manifestants pointent la responsabilité du gouvernement grec et de l’Union Européenne : « Les autorités grecques du port savaient dès 3h du matin, par Frontex, et dès mardi midi, par des ONG, qu’il y avait un bateau avec 750 réfugiés qui avait besoin d’aide. Le naufrage a eu lieu le jour suivant et comme on peut le voir, les autorités ont beaucoup tardé et n’ont pas envoyé l’aide nécessaire. Elles auraient pu, si cela les intéressait vraiment, se mettre en contact avec les autorités des pays voisins comme celles de Malte et d’Italie et elles ne l’ont pas fait. Par ailleurs, si les autorités ont d’abord affirmé qu’elles ne s’étaient pas approchées du bateau, elles ont reconnu deux jours plus tard l’avoir fait et des réfugiés nous ont affirmé que le chavirement du bateau a été causé par la manière dont les autorités portuaires l’ont tiré avec une corde. Quoi qu’il en soit, la responsabilité de l’État est énorme. »

De ce point de vue, le militant du NAR critique la réaction du gouvernement, qui a décrété trois jours de deuil suite au naufrage, et compare cette situation à la catastrophe de Tempi : « Avant l’accident de train qui a eu lieu en mars, les cheminots ont averti les autorités durant de longs mois qu’il y avait des risques d’accident du fait du mauvais état dans lequel est le rail grec. Le gouvernement grec a ignoré ces avertissements. De la même manière, plusieurs organisations, politiques et autres, expliquent depuis des années que les politiques anti-migratoires du gouvernement et la politique de Frontex sont mortifères. De ce point de vue, l’annonce des trois jours de deuil est totalement hypocrite. »

Dans ce contexte, le militant explique qu’un des enjeux de ces manifestations était de montrer que derrière leurs larmes de crocodile, le gouvernement et tous les partis qui soutiennent l’État, sa politique de « push backs » et le mur à la frontière turque sont responsables de cette tragédie. Ainsi, le militant rapporte qu’à Thessalonique, des tensions ont éclaté entre des manifestants et des membres de la jeunesse de Syriza, le parti au pouvoir avant Mitsotakis, les manifestants voulant les faire partir de la manifestation. En effet, pendant la campagne électorale, Alexis Tsipras, porte-parole de Syriza et ancien premier ministre, a affirmé qu’il maintiendrait et entretiendrait le mur à la frontière turque s’il était élu et qu’il était pour la protection des frontières. Par ailleurs, sous son gouvernement, de nombreux naufrages ont eu lieu ainsi que de nombreux « push backs » aux frontières et dans la mer.

Le militant conclue : « Les revendications sont multiples mais les plus importantes sont l’ouverture des frontières, la régularisation des sans-papiers, la destruction du mur à la frontière turque, la suppression des accords restreignant la mobilité, l’abolition des accords de l’Union Européenne avec la Turquie, la Libye, le Maroc et d’autres pays qui enferment les réfugiés dans ces pays et leur interdisent de se déplacer et la fin de l’intervention des pays impérialistes, notamment de l’Union Européenne, en Afrique et dans les pays d’où proviennent la plupart de ces flux migratoires. »


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