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Justice et vérité

Répression : la préfecture interdit la manifestation en hommage à Zineb Redouane à Marseille

Trois ans après la mort de Zineb Redouane des suites d’un tir de grenade lacrymogène, la manifestation en son hommage prévue à Marseille est interdite par la préfecture. C'est donc seulement un rassemblement qui pourra se tenir ce samedi 04 décembre à 16h au Vieux Port de Marseille.

vendredi 3 décembre 2021

Crédit photo : AFP

Trois ans après la mort de Zineb Redouane des suites d’un tir de grenade lacrymogène lancée en plein visage pendant une manifestation, alors que la victime était à la fenêtre de son domicile, la manifestation en son hommage au départ du Vieux-Port à Marseille a été interdite par la préfecture.

La commémoration se fera donc seulement par un rassemblement au Vieux-Port de Marseille à 16 heures ce samedi 4 décembre, la préfecture ayant secoué à nouveau le célèbre épouvantail du «  trouble à l’ordre public  ». Alors que cette affaire de violence policière a été classée sans suite il y a un mois par Frédéric Veaux, le directeur général de la police nationale, un appel a été lancé par les proches de Zineb pour un week-end de trois jours en hommage à l’octogénaire et pour dénoncer l’impunité policière. Jeudi, un premier rassemblement a eu lieu rue des Feuillants où vivait la victime. C’est dans cette rue du quartier de Noailles, qu’en 2018, deux immeubles se sont effondrés. Il n’y aura donc pas de manifestation pour clore ces trois jours à la mémoire de Zineb Redouane et en commémoration aux victimes de violences policières.

Rappelons que, la marche effectuée il y a deux ans avait été très fortement réprimée : des CRS avaient massivement gazé les manifestant.e.s et chargé des personnes âgées.

Cette interdiction de la préfecture est un nouveau scandale qui fait suite à toute la mascarade judiciaire qui a entouré cette affaire. En effet l’autopsie officielle fallacieuse convoque les antécédents médicaux de Zineb Redouane. Comme nous l’avions rapporté, le procureur de la République avait osé prononcer que la mort de Zineb serait due à un « choc opératoire  » ajoutant qu’ «  on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès ». Des propos accablants relayés par Castaner, pour étouffer une affaire de violence policière qui une fois de plus aura volé une vie.

Suite aux demandes des proches de Zineb Redouane, après le rapatriement de son corps en Algérie, le procureur de la République d’Alger a réouvert une enquête préliminaire et exigé une nouvelle autopsie pour éclaircir les causes de sa mort. La contre-autopsie l’attribue très clairement à un traumatisme crânien causé par le tir de grenade. De plus, l’expertise ballistique qui disculpait les CRS est aujourd’hui remise en cause par Disclose et Forensic Architecture qui ont créé une modélisation 3D de la scène prouvant que le tir était un tir tendu en direction des habitations, chose… formellement interdite.

Face à ce scandale judiciaire qui s’est déroulé en toute impunité et dans le silence le plus total des médias, nous devons nous organiser pour lutter contre les violences policières. Face à un système judiciaire qui protège les classes dominantes et les policiers, la riposte se fait dans la rue. Pour crier encore et encore justice pour Zineb, Zyed, Bouna, Adama, Babacar et toutes les personnes décédées sous les assauts de la police !

Alors le rendez-vous est donné à 16h, à Marseille le 4 décembre, pour rendre hommage à Zineb : la répression ne nous arrêtera pas.



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