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Répression syndicale

« Ils veulent museler toute contestation ». La CGT Fleury Michon appelle à la grève contre la répression

Alors que deux élus CGT sont convoqués en entretien disciplinaire par la direction de Fleury Michon, la CGT appelle à la grève en solidarité. Face à la répression qui sévit dans de nombreuses boîtes, il faut répondre par le rapport de force et l’unité des salariés !

Ivan Ferrero

18 avril

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« Ils veulent museler toute contestation ». La CGT Fleury Michon appelle à la grève contre la répression

A la fin du mois de mars, Anthony, ouvrier et représentant de proximité CGT à l’usine Fleury Michon à Pouzauges (85), reçoit une convocation de sa direction pour un entretien disciplinaire pouvant aller jusqu’à licenciement, sans aucune précision sur les faits qui lui sont reprochés. Une mesure qui bouleverse son quotidien et lui fait subir un stress important. A l’usine, où il travaille à couper la viande, il manque de peu de se couper et est mis en arrêt pendant plusieurs jours.

Mais Anthony n’est pas un cas isolé. Le 17 avril, un nouvel élu de la CGT reçoit à son tour une convocation pour un entretien disciplinaire.

Pour la CGT, il s’agit de toute évidence d’une vague de répression syndicale. « Ce sont des élus combattifs, ils essayent d’ envoyer un message à l’ensemble des salariés du groupe pour qu’ils se taisent » témoigne Dominique* de la CGT Fleury Michon. « On sent qu’il y a une volonté de museler la CGT et toute contestation. » En effet, Anthony et son camarade sont des militants qui se battent notamment dans le cadre des NAO (Négociations Annuelles Obligatoires) pour obtenir 200 € d’augmentations de salaire et le paiement des pauses.

Une répression syndicale qui a un précédent puisque la direction du site a déjà été condamnée par la justice en 2018 pour discrimination syndicale envers la CGT.

Face à ces convocation, la CGT n’a pas tardé à réagir et a appelé à la grève pour soutenir Anthony lors de son entretien initialement prévu le 15 avril. L’entretien a finalement été reporté, pour un problème d’agenda, au vendredi 19 avril, mais cette fois-ci sans la mention « pouvant aller jusqu’au licenciement ».

C’est une première victoire permise grâce à l’appel à la mobilisation. Cependant, un nouvel élu est également convoqué. Dominique ne se fait pas d’illusions : « il n’y a que le rapport de force qui nous permettra de gagner, il faut qu’on soit nombreux en grève et devant le siège vendredi pour soutenir Anthony ! ».

Une réalité qui ne vaut pas qu’à Fleury Michon, qui loin d’être un cas isolé est plutôt un cas d’école. « On n’est pas les seuls partout à travers la France des syndicalistes sont réprimés. Les patrons inversent la tendance pour dire que c’est nous qui les harcelons », ajoute Dominique. On pense en ce sens à la procédure de licenciement envers Christian Porta, délégué syndical CGT de Neuhauser en Moselle, accusé « de harceler sa direction ».

À l’échelle du pays, c’est une vague de répression « jamais vue depuis 1945 » comme l’explique Sophie Binet. Après la mobilisation historique de 2023 contre la réforme des retraites, cette vague de répression syndicale est un moyen de venir museler toute contestation. Ce sont par exemple plus de 400 énergéticiens, dont on se souvient des coupures d’électricité ciblées l’année dernière, qui sont poursuivis. Ce 18 avril, c’est Jean-Paul Delescaut, secrétaire de l’Union Départementale CGT 59, qui est condamné à un an de prison avec sursis pour un communiqué de soutien à la Palestine.

Face à cette offensive, il est urgent de s’organiser, le plus largement possible, pour préparer la riposte. C’est en ce sens qu’à l’appel de la CGT Neuhauser, une dizaine de syndicats se sont réunis le 7 avril afin de dépasser le morcellement et l’isolement des luttes contre la répression.

Alors que partout en France, des syndicalistes combattifs sont réprimés, l’appel à la grève de la CGT Fleury Michon indique la voie à suivre : solidarité de tous les travailleurs face à la répression, et en lutte contre la répression. Il faut être le plus nombreux possible vendredi à 16 heures à Pouzauges pour soutenir Anthony et les militants de la CGT Fleury Michon !

*le prénom a été modifié


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