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Coupe budgétaire de 30 millions à l’université Paris Cité : il faut riposter face à l’austérité !

La direction de l’université Paris Cité demande à chaque faculté de réduire de 20% son budget hors masse salariale. Une destruction en règle qui devrait se concrétiser par une augmentation des coûts pour les étudiant•es, des suppressions d’emplois et par une généralisation de l’alternance.

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Coupe budgétaire de 30 millions à l'université Paris Cité : il faut riposter face à l'austérité !

Suppressions d’emploi, aggravation de la sélection : une attaque en règle

« Après ça, il va falloir que les étudiants sortent dans la rue » : c’est ce qu’a été obligé de reconnaitre le président de l’université Paris Cité après avoir présenté les coupes budgétaires à l’ordre du jour du Sénat Académique– nom pompeux d’une des instances de direction de la fac- qui a eu lieu ce mardi

Le ton est donné très clairement, le document de préparation parle de : « la nécessité de dégager 30 M€ sur le budget 2024, soit environ 4% du budget de l’établissement (équivalent à 20% de son budget hors masse salariale). ». Une somme très importante que la direction entend obtenir en exigeant des trois facultés (Santé, Sciences et Société et Humanité) qu’elles réduisent de 20% leur budget hors masse salariale.

Pour cela ils ont plusieurs hypothèses. En ligne de mire tout d’abord « une réflexion sur la masse salariale » et la volonté d’engager d’une Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences. Ces circonvolutions veulent dire qu’ils se laissent la possibilité de supprimer des emplois. Une possibilité sur laquelle ils insistent à plusieurs reprises dans le document bien qu’en Sénat Académique la présidence se soit déchargée de toute responsabilité là-dedans en demandant aux composantes de trouver elles-même les moyens de faire des économies.

Mais les travailleur·euses de l’université ne sont pas seuls dans le viseur. La direction entend augmenter les entrées d’argent en généralisant l’alternance en master, en modifiant le contenu, le temps, les modalités des enseignements ou encore en «  facturant mieux  » les formations. Autant de choses qui attaquent directement la qualité de l’enseignement que l’on reçoit à la fac, qui va lier toujours plus aux intérêts du patronat et de penser les formations sous le prisme de ce qu’elles vont rapporter d’un point de vue financier.

Il faut des moyens à la hauteur des besoins !

Pour justifier ces suppressions d’emplois il est mentionné dans le document de préparation que la responsabilité incombe à «  l’augmentation des coûts de fonctionnement induite par l’inflation, le GVT amplifié par la réforme des retraites et les mesures salariales non compensées par l’État et ainsi laissées à la seule charge des universités, et le maintien de prix de l’énergie très élevés. » La faute à l’État qui ne tient pas ses engagements selon le président de l’université qui s’est empressé d’ajouter que cette baisse de financements, au fond, serait une « opportunité  » pour « mener une réflexion sur les besoins qui constituent vraiment le cœur du projet de l’université » .

Une réflexion cynique alors que la rentrée est déjà marquée par les sous-effectifs et le manque de moyen. Les licences 1 et 2 de lettres n’ont pas encore eu leur rentrée du fait de l’absence de gestionnaire pédagogique, plusieurs inscriptions administratives et pédagogiques ont été retardées, les secrétaires sont débordé·es, les informations ne circulent pas et les étudiant·es sont démuni·es. Les conditions d’études et de travail se sont dégradées ces derniers mois et ces nouvelles coupures budgétaires ne vont faire qu’aggraver la situation. Cette attaque va de pair avec la tendance de ces dernières années à augmenter la sélection, avec Parcoursup puis Trouve Ton Master. Une tendance que l’université entend poursuivre en « réfléchissant à nos capacités d’accueil, notamment en L1  ».

La réalité c’est que ces mesures résonnent clairement avec les annonces de la ministre de l’Enseignement supérieur Sylvie Retailleau qui appelle les universités à réduire les dépenses. Elle expliquait il y a dix jours aux présidents d’université : « Il nous faudra regarder ensemble comment mobiliser vos réserves non fléchées (…) et vos fonds de roulement ». Tandis que les budgets de l’armée, de la police augmentent sans cesse, le gouvernement et les directions d’université qui le soutiennent ou acceptent ces coupes, veulent faire payer la crise actuelle aux étudiant·es et aux travailleur·euses de l’université.

Face à cette situation il s’agit de préparer une riposte commune entre personnel·les, enseignant·es et étudiant·es pour exiger une augmentation massive des moyens pour l’université. Nous avons dénoncé ces mesures en Sénat Académique mais ces conseils n’offrent que la possibilité de gérer la misère des moyens alloués. Alors il faut prendre au mot le président de l’université et se battre dans la rue contre ces mesures d’austérité et pour une université gratuite et accessibles à tous et toutes, sans sélection !


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Philomène Rozan

Etudiante à l’Université Paris Cité , élue pour Le Poing Levé au Conseil d’Administration

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