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Greenwashing

COP 28. Sommet international des énergies fossiles et du climato-scepticisme

Selon la coalition d’ONG Kick Big Polluters Out, la COP28 réunirait près de 2500 lobbyistes des énergies fossiles. Une énième preuve que ce sommet sur « le climat », présidé par un magnat du pétrole climato-sceptique, ne sert que les intérêts des grands groupes industriels pollueurs.

Phil Adrian

5 décembre 2023

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COP 28. Sommet international des énergies fossiles et du climato-scepticisme

Le rôle des COP dans le « greenwashing » des grandes puissances et des entreprises polluantes est devenue l’évidence pour le plus grand nombre. Dominées par les entreprises les plus polluantes, sponsorisées par Coca-Cola ou Microsoft, elles ont chaque année donné lieu à des accords favorables aux pays dominants, et largement montré leur incapacité à faire face à l’aggravation de la crise écologique.

Cette année encore, le « festival du greenwashing » a repris sous le signe des mensonges et des conflits d’intérêts. Cette COP qui s’ouvre à Duabï, pilotée par les intérêts des entreprises pétrolières semble même dépasser en cynisme toutes les autres. Par exemple, ce ne sont pas moins de 2 456 lobbyistes des énergies fossiles qui ont obtenu l’accès à cette 28ème conférence de l’ONU sur le climat selon une analyse de la coalition Kick Big Polluters Out (KBPO), un regroupement international de 450 ONG dont font partie Greenpeace et les Amis de la Terre. Il s’agirait alors tout simplement d’un quadruplement par rapport à l’édition précédente, qui avait déjà explosé les scores ! Ce nouveau record témoigne d’une présence sans précédent de la part des représentants des plus grands pollueurs du monde. L’Italie a ainsi accrédité des cadres d’ENI, la délégation française a pris dans ses bagages Patrick Pouyanné, le PDG de Total Energies, tandis que l’Union Européenne a accrédite des employés de BP ou d’ExxonMobil, toujours selon KBPO. Toutes des entreprises qui participent aux principales émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale et ont prévu d’augmenter leur production d’hydrocarbures.

Lire aussi : COP28 à Dubaï. Un sommet au service des énergies fossiles et de la diplomatie israélienne

Cette nouvelle révélation sur la COP, s’inscrit dans la continuité de tous les scandales qui ont déjà éclaté sur les liens entre ce sommet et les intérêts des entreprises productrices d’énergies fossiles. Difficile de se faire des illusion sur une COP qui se déroule dans la pétromonarchie des Emirats Arabes Unis et qui est présidée par l’Émirati Sultan Al-Jaber, PDG de la firme pétrolière ADNOC (Abu Dhabi National Oil Company). En plus des révélation de la BBC sur ses conflits d’intérêts liés à ADNOC, The Guardian a diffusé une vidéo, dans laquelle on entend le sultan Al-Jaber lui-même, tenir des propos climatosceptiques. Dans une discussion avec l’ancienne envoyée spéciale des Nations unies Mary Robinson, ce dernier déclare qu’ « il n’existe pas de données scientifiques, pas de scénario, qui indiquent que l’élimination progressive des combustibles fossiles permettra d’atteindre cet objectif », en parlant de la limite des 1.5°C à respecter.

Des déclarations climatosceptiques hallucinantes, alors que les dernières études, comme celles du Global Carbon Project, estiment que ce cap se rapproche et pourrait arriver dès 2030, causant des catastrophes climatiques sans précédent. Suite au scandale, l’Emirati a reculé et expliqué « respecter la science ». Difficile de le croire, quand on sait qu’il a orchestré une COP au service de nouveaux accords favorables aux hydrocarbures et cherche à s’en servir comme arène de discussion de nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles.

Les COP, et par extension l’ONU et et les gouvernements des pays impérialistes ne sont même plus capables de maintenir l’illusion d’une image verte. Ainsi, comme l’expliquent 1000 scientifiques activistes pour le climat du collectif Scientist Rébellion il est urgent de passer à l’action contre les gouvernements, d’exproprier les entreprises polluantes, et d’organiser toutes les capacités productives de l’humanité non plus pour le besoin d’une poignée de capitalistes pollueurs mais au service de l’ensemble de la population et dans le respect de l’environnement. Seul le mouvement ouvrier est en capacité d’impulser un tel changement, auquel doivent travailler à ses côtés les militants climats et les populations menacées par les catastrophes naturelles. Le capitalisme, ses institutions et ses COP nous conduisent à la catastrophe, il n’y a rien à attendre d’eux.


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