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Flics voyous

Les policiers de la goutte d’or condamnés : une exception dans le règne de l’impunité policière

Les six policiers et deux indics sur les bancs des accusés depuis le 3 février, ont été condamné à des peines allant d’un an de prison avec sursis à 8 ans de prison ferme. Pour autant, cette condamnation n’est qu’une exception face à l’impunité policière régnante.

mardi 23 février

crédit photo : Fred Tanneau AFP

Le procès des policiers de la BAC du XVIIIème arrondissement s’est achevé lundi 22 février, avec une condamnation de six policiers et deux indics. Comme le rapporte Mediapart [ https://www.mediapart.fr/journal/france/220221/bac-du-xviiie-arrondissement-vous-n-etes-pas-digne-d-exercer-la-fonction-de-policier ] les faits reprochés sont : « Corruption passive, faux en écriture publique, trafic de stupéfiants, blanchiments, vols, détournements de fichiers ».

Les peines requises par la présidente, Isabelle Prévost-Desprez, se sont voulues « exemplaires ». Contre le principal prévenu, Karim M coupable de corruption passive, faux en écriture publique, trafic de stupéfiants, blanchiment, vols et détournements de fichiers le tribunal a proféré une peine lourde et huit ans de prison. Son second Aaron B, a lui été condamné quatre ans de prison, dont deux ferme, pour faux en écriture publique, vols et détournements de fichiers. Leur collègue Alexandre C écope lui de deux ans de prison pour violence et faux en écriture publique. Les trois policiers restants ont été condamnés à 18 mois de prison et 12 mois de prison assorties de périodes de sursis et d’interdiction d’exercer.

Dans un article consacré à l’affaire, nous tirions déjà le bilan qu’au vu des crimes commis et de l’ampleur de ceux-ci, l’affaire ne constituait pas une exception à la règle ou un phénomène isolé de l’appareil policier. La logique du chiffre et l’impunité qui structurent le fonctionnement de la police ont joué un rôle important dans cette affaire de grande ampleur. Comme on l’a vu de manière éclatante avec l’affaire Guéant, ancien premier flic de France accusé d’avoir détourné des centaines de milliers d’euros, la corruption est un phénomène récurrent au sein de cette institution, dont les membres jouissent le plus souvent d’une impunité totale et ce alors que les violences, les crimes et l’impunité font partie intégrante du système policier.

En effet, les nombreuses affaires de violences policières dont sont victimes les plus précaires et les personnes racisées démontrent la dimension systémique de la criminalité policière. Dans le cas du meurtre d’Adama Traoré en 2016, devenu le symbole de toutes les personnes mortes sous les mains d’institution policière, les gendarmes n’ont toujours pas été condamnés alors que de nombreuses expertises demandées par la famille de la victime prouvent leurs culpabilités [https://www.revolutionpermanente.fr/Mort-d-Adama-une-expertise-belge-met-en-cause-les-gendarmes]. La brutale répression des manifestations récentes contre la Loi Sécurité Globale, photographiée et filmée chaque semaine, montre que cette violence fait partie intégrante de la fonction policière.

La qualification des violences policières comme étant des « petits faits » [https://www.revolutionpermanente.fr/Pour-Gerald-Darmanin-les-violences-policieres-sont-de-petits-faits] lors du Beauvau de la sécurité par Gérard Darmanin illustrent la complicité évidente entre l’Etat et la police, son bras armé, qui n’est pas là pour protéger la population mais bien l’intérêt des classes dominantes.

Ainsi, face aux crimes commis par ce système, l’auto-organisation dans les quartiers populaires et les mobilisations comme celle de juin 2020, sont les seules façons de réclamer la justice pour les victimes et lutter contre l’institution bourgeoise, violente et raciste qu’est la police et son corollaire la Justice.




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