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La chasse est (r)ouverte

RATP, Air France, SNCF... L’Etat entend se mettre en chasse des "radicalisés" ... et des contestataires

L'information parue dans le Canard Enchaîné, selon laquelle des cas de sabotages avaient été recensés chez Air France (ce que la direction a démenti) a rouvert la saison de la "chasse aux sorcières" dans les entreprises ... Avec un amalgame volontaire entre éléments "terroristes" et travailleurs "combatifs" contre les réformes gouvernementales, rassemblés sous l'appellation "radicalises". Julian Vadis

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L’illustration la plus probante de cette offensive médiatique, à un peu plus d’un mois de l’anniversaire des attentats du Bataclan, nous vient du figaro et de son article au titre pour le moins explicite, paru ce 6 octobre : Les métiers les plus sensibles face au risque de radicalisation. Une liste précise, détaillant en profondeur le "mal" touchant chacun des secteurs cités, mais qui pose tout de même un bémol de taille. Si la notion de risque "terroriste" est mise sur le devant de la scène, l’indicateur de référence reste les fameuses fiches S ... et la définition du terme "radicalisé" est laissée en suspens.

La fiche S comme référence ? Un moyen efficace pour surveiller les opposants aux réformes gouvernementales !


Comme nous l’écrivions dans un article datant du 30 novembre 2015, peut être fichée « S » "toute personne faisant l’objet de recherches pour prévenir des menaces graves pour la sécurité publique ou la sûreté de l’État, dès lors que des informations ou des indices réels ont été recueillis à leur égard". Une définition large qui englobe, pour près de la moitié des fichés S, des supporters de football, militants alter-mondialistes, anti-OGM ou bien encore syndicaux, notamment après un mouvement social fort qui a duré près de 5 mois. Un amalgame bien heureux pour le gouvernement, qui n’avait ainsi pas hésité à user de cet outil pour forcer les casiers de salariés d’Air France, en novembre dernier, alors que l’affaire des chemises arrachées était encore toute fraiche. Une façon d’instaurer l’état d’urgence jusque dans les entreprises, afin de prévenir d’eventuelles explosions de colère alors que les plans de licenciements se multiplient. Une politique par ailleurs totalement assumée par le patronat français, et par sa figure médiatique Pierre Gattaz, qui avait publiquement comparé les syndicalistes mobilisés contre la loi travail à des terroristes.

En re-sortant la carte de la peur, à quelques semaines du premier anniversaire des attentats du bataclan, l’objectif est double pour le gouvernement et le patronat. D’une part, réaffirmer l’état d’urgence comme étant absolument nécessaire pour assurer la sécurité de tous, avec militarisation de l’espace public, notamment dans les quartiers populaires tout en faisant payer aux travailleurs combatifs et militants le mouvement social du printemps dernier. Un processus qui permet, de surcroît, de prévenir d’éventuel mouvement de grève sur les entreprises sur lesquelles pleuvent les licenciements et la répression syndicale. Une situation dramatique, qui souligne l’importance de l’émergence d’un front de défense des droits démocratiques, ralliant les quartiers aux syndicalistes combatifs en passant par la jeunesse et le milieu universitaire. Le meeting de Paris 1 de ce 6 octobre est en ce sens un signal extrêmement positif, et ouvre des perspectives prometteuses .


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