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Violences policières

Impunité policière à Calais : du sursis pour un policier qui avait tabassé un bénévole, ses collègues relaxés

Ce jeudi, un brigadier-chef a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour l’agression d’un bénévole de Help Refugees à Calais en 2018. Deux de ses subordonnés, accusés en juin dernier d’avoir falsifié leurs témoignages pour couvrir le coupable, ont pour leur part été relaxés, malgré des vidéos prouvant l’absurdité de leurs déclarations.

Ana Barelli

2 septembre 2021

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Les faits se sont déroulés le 31 Juillet 2018, lors d’une opération d’évacuation de migrants à Calais. Ce matin-là, Thomas Ciotkowski, bénévole britannique d’une trentaine d’années, aperçoit un contrôle policier. Il s’approche et tente de filmer la scène. Sur une vidéo rendant compte de l’agression, le CRS donne deux coups de pieds et un coup de matraque au bénévole, avant de le pousser par dessus la glissière d’une voie rapide. Les images sont claires, il s’agit ici d’un énième cas de violence policière.

Pourtant, comme souvent, c’est la victime qui avait été en premier lieu interpellée par la justice, accusée d’outrages et violences sur policier. Pour cause, le procès verbal du chef-brigadier affirmait que c’était dans un “réflexe de défense” qu’il avait eu à pousser Ciotkowski. C’est alors que deux de ses subordonnés, témoins de la scène, entrent en jeu et témoignent en faveur de sa version des faits. En d’autres termes, les CRS mentent à propos de l’agression afin de couvrir leur supérieur.

Cependant, en 2019, Thomas Ciotkowski est relaxé grâce aux vidéos prises par d’autres associatifs au moment des faits. Lors du procès, la procureure du parquet de Boulogne-sur-Mer déclare que sans ces vidéos, les mensonges des trois CRS n’auraient pas été remis en cause et le bénévole aurait probablement été condamné. Néanmoins, l’apparente falsification des témoignages des deux autres CRS n’aura pas de conséquences pour eux.

Le chef-brigadier a été reconnu coupable de l’ensemble des faits reprochés et a interdiction d’exercer une fonction dans la police sur une durée de deux ans. Si le fait qu’il y ait condamnation peut constituer une exception dans l’océan de l’impunité policière, en réalité, les 18 mois de prison avec sursis, peine bien légère au vu de la gravité des faits, sont une preuve de plus de cette impunité. Preuve en est d’ailleurs que les deux collègues accusés d’avoir falsifié leurs témoignages n’ont, eux, pas été inquiétés par la justice, montrant bien de quel côté elle se situe. En ce sens, il y a à peine quelques jours, la justice déclarait par exemple un non-lieu en faveur de trois policiers accusés d’avoir menotté et tabassé le sociologue Mathieu Rigouste dans un commissariat toulousain en 2013, et à Calais spécifiquement, les violences policières sont monnaie courante. En janvier 2018, cinq migrants avaient été blessés à coup de gaz lacrymogènes et en août 2018 notamment, des associations dénonçaient un harcèlement policier contre leurs bénévoles.


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