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La Izquierda Diario
13 de décembre de 2022 Twitter Faceboock

Grève à Noël
SNCF. Après les contrôleurs, les aiguilleurs s’apprêtent à se mobiliser pour les salaires
Rafael Cherfy

A la SNCF, les grèves se multiplient pour les salaires et les conditions de travail. Après les contrôleurs en début de mois, à l’appel de Sud Rail, ce sont les aiguilleurs qui menacent de rentrer en grève du 15 au 19 décembre.

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Crédits photos : Nicolas TUCAT / AFP

« Je suis assez confiant qu’il n’y aura pas de fortes perturbations (…) Il y aura des trains, il y aura des avions  » a déclaré mardi matin le ministre des transports, Clément Beaune. Pourtant, pour la période des fêtes, de nombreux appels à la grève sont prévus dans l’aérien mais aussi chez les travailleurs du rail. À la SNCF, déjà une grève des contrôleurs initiés par la base vient bouleverser la routine syndicale. Un collectif national des agents de contrôle est à l’initiative d’une première grève de trois jours massivement suivie du 2 au 5 décembre et ces derniers appellent à se remobiliser pour le week-end de Noël, mais aussi pour le nouvel an.

En parallèle, la colère est aussi présente chez les aiguilleurs de la SNCF, pour lesquels Sud Rail a déposé un préavis qui court du 15 décembre au 19 décembre. En effet, comme le résume Anasse Kazib, porte-parole de Révolution Permanente et syndicaliste Sud-Rail : « Des tables rondes pour le métier de l’aiguillage ont eu lieu cette semaine. Les propositions de la direction sont inadmissibles par rapport à nos revendications. On demande au moins 300 euros d’indemnités circulation, soit 15 euros par jour de travail. Cette demande, c’est lié à la pénibilité de notre travail, toute la responsabilité qu’on a vis à vis de la sécurité, le niveau de formation qu’on nous demande etc. ».

Au-delà de ces négociations spécifiques, la colère est là depuis longtemps à la SNCF : « déjà il y a l’inflation et les salaires ne suivent pas. Le 10 du mois les gens sont déjà dans le rouge. A cela, s’ajoute la dégradation des conditions de travail, mais aussi le comportement de la direction. Mis bout à bout, tous ces problèmes ne peuvent que d’autant plus énerver aussi les collègues » résume le cheminot.

Si les médias tentent de stigmatiser les grévistes en insistant sur les conséquences liées aux grèves pendant les vacances de Noël, Anasse Kazib affirme que « cette grève n’est pas contre les passagers, au contraire, on se bat pour un meilleur service de transport. Mais faire grève sur une période importante en termes de trafic, c’est notre seul moyen de frapper fort. Il faut comprendre que l’aiguillage est un des secteurs où il y a le plus de suppression de postes, donc des manques d’effectifs important. Il y a plein d’agents à qui on refuse des congés faute de personnel, certains doivent occuper seul des postes qui sont normalement assuré par deux ou trois agents ».

Les aiguilleurs du Bourget n’ont « pas attendu l’appel à la grève nationale pour se mobiliser » explique le cheminot. « Depuis maintenant trois semaines, on se mobilise avec 90 % du fret de Paris Nord grévistes aux heures de pointes. Pourtant, on a aucune nouvelle de la direction alors que normalement, pour 5-10 minutes de retard, elle demande directement des comptes. Actuellement, on est à plus de 350 heures de retard cumulé sur le centre de triage du Bourget mais il n’y a toujours aucun signe de vie de la direction ».

Plus largement, cela fait longtemps que les cheminots alertent sur la colère importante qui s’accumule. Déjà, le 25 mai 2022, un préavis de grève avait finalement été retiré, car la SNCF s’était engagée à répondre aux revendications des cheminots. Seulement, par la suite, elle n’a pas respecté sa parole créant ainsi une énième trahison : « La grève est notre seule possibilité d’imposer un rapport de force, sans ça la direction de l’entreprise ne lâche rien. Elle va même jusqu’à créer une « équipe réserve île de France » pour casser les grèves avec de véritables « agents mercenaires » payés deux à trois fois plus que les cheminots en poste ».

 
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