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La Izquierda Diario
10 de juin de 2022 Twitter Faceboock

Réquisition des logements vides !
Affaire des « squatteurs » d’Ollainville : gouvernement et extrême droite alliés pour expulser une famille
Nora Pardi

Suite à un reportage du Parisien, une famille de « squatteurs » d’origine tunisienne a été la cible d’une véritable cabale raciste attisée par le gouvernement et l’extrême droite. Alors que de nouvelles informations interrogent sur la mise en scène unilatérale de l’affaire, celle-ci vient surtout nous rappeler l’urgence de la réquisition de tous les logements vides.

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Mercredi 8 juin, Le Parisien publiait un reportage sur l’histoire d’un couple à Ollainville (Essonne), présentés comme les malheureux propriétaires d’une maison « squattée » par une famille. Dans une interview vidéo, sortie sur la chaîne Youtube du journal, le couple explique avoir été « empêché d’emménager dans sa nouvelle maison ». Selon eux « un couple et quatre enfants » auraient changé les serrures du pavillon et refuseraient de partir pour les laisser vivre dans le bien qu’ils ont acheté.

Gouvernement et extrême-droite alliés pour expulser la famille occupant la maison

Très vite, le gouvernement s’est saisi de l’affaire pour défendre sa nouvelle loi « anti-squats ». « Avec Amélie de Montchalin nous demandons immédiatement au préfet de l’Essonne d’engager la procédure de l’article 38 de la loi DALO pour une évacuation rapide des occupants illégaux » a déclaré Darmanin sur Twitter. Puis, le ministre de l’Intérieur s’est félicité de la mise en demeure en vue d’expulsion envoyée par le préfet de l’Essonne à la famille.

De son côté, l’extrême droite ne s’est pas non plus privée de surfer sur l’affaire pour lancer une cabale raciste contre les occupants d’origine tunisienne. Le candidat Reconquête de l’Essonne s’est rendu devant la maison à Ollainville pour revendiquer l’arrêt des subvention d’associations « pro-squatteurs » et le « recours obligatoire à la force publique contre les occupants ».

Ce matin, alors qu’ils quittaient les lieux, les occupants ont été agressés et gazés par des personnes masquées. Selon Le Parisien : « un groupe de personnes encagoulées et masquées a surgi et fait usage de gaz lacrymogène sur la famille, les agressant physiquement, notamment en les frappant avec des bâtons L’habitacle de leur voiture puis l’intérieur de la maison ont aussi été aspergés de gaz lacrymogène. Le véhicule a également été dégradé. »

Cette attaque, qui a entrainé des blessures sur le père de la famille, survient après plusieurs jours de harcèlement à leur encontre : klaxons, insultes, menaces etc. Une cabale initiée par le gouvernement et l’extrême droite qui se sont lancés dans une campagne contre les habitants de la maison, alors même que les dessous de l’histoires sont flous.

Un reportage vidéo fallacieux, tourné contre les habitants actuels de la maison

Le reportage du Parisien omet de nombreuses informations et attaque unilatéralement la famille logeant actuellement dans la maison. En effet, dans une vidéo filmée le jour de la vente de la maison, la notaire explique faire face à une « vente assez spéciale car l’acquéreur n’a pas eu de clés, juste une attestation ». Avant de signer, le couple d’acheteur était au courant que la maison était déjà occupée, c’est ce qui leur a permis de payer moins cher le bien (140 000 euros). Dans une vidéo Facebook, la notaire ajoute « Elle (la propriétaire) a acheté un bien à un coût très intéressant du fait des travaux et de l’occupation des squatteurs, dont il faut s’occuper, car il y a des procédures à mettre en place, explique-t-elle. L’acquéreur est au courant de la situation, ce fut une vente un peu longue, vous imaginez bien. »

Sur Twitter, de nombreux internautes ont noté des incohérences dans le reportage. Déjà, ce dernier omet d’expliquer que le soir de la vente les propriétaires n’ont pas « découvert » que la maison était habitée comme ils le prétendent, mais qu’ils s’étaient rendus sur les lieux pour déloger de force la famille. C’est d’ailleurs le journal Le Parisien qui l’explique dans son article, où il note que « des tentatives [pour les faire partir] auraient néanmoins été faites en groupe, mobilisant jusqu’à 15 personnes ». Enfin, le reportage ne vérifie aucunement la version des habitants actuels du lieu, qui disent avoir payé en liquide 120 000 euros pour pouvoir demeurer dans les lieux.

Cette affaire ressemble plutôt à des magouilles de spéculation immobilière par un propriétaire véreux. Quand bien-même il est difficile d’avoir le fond de l’histoire, elle a abouti à ce qu’une famille avec quatre enfants soit obligée de quitter les lieux comme l’explique Le Point, après l’acharnement orchestré par le gouvernement et l’extrême droite. Aucune garantie de logement ne leur a été trouvée et ils pourraient tout simplement se retrouver à la rue. Alors qu’en France 3 085 000 logements seraient laissés vide et que 300 000 personnes au moins sont sans domicile, cette histoire est une nouvelle illustration du cynisme des propriétaires et de l’absurdité des politiques de logement. De quoi nous rappeler l’urgence de réquisitionner tous les logements vides pour les redistribuer afin que personne ne se retrouve sans lieu où vivre.

 
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