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9 de juin de 2022 Twitter Faceboock

Lallement démission !
“Le gazage était nécessaire”. Lallement persiste et signe la répression au Stade de France
Amardonios

Le préfet de police de Paris Didier Lallement est revenu, lors de son audition devant les commissions de la Culture et des Lois du Sénat, sur les « incidents » devant le stade de France, assumant bien évidemment la nécessité de la répression policière gratuite envers les supporters qui voulaient rentrer dans le stade.

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(ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Après le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, c’était au tout du préfet de police, Didier Lallement d’être auditionné au Sénat. L’occasion pour lui de revenir sur les attaques de sa police à l’encontre de supporters, le 26 mai dernier. Dans la plus pure tradition de la Macronie, la police avait fait un usage de son arsenal répressif à l’égard des fans qui étaient venus assister à la finale de la Ligue des Champions, gazant des centaines de personnes, dont des enfants. Le préfet Lallement lui se targue qu’il n’y ait pas eu « d’incident significatif » ; « sans [les policiers] un drame aurait pu se produire ». Une analyse facile d’une situation qui oublie de prendre en compte le fait que tout aurait très bien pu se passer si les policiers n’avaient pas été là.

La semaine dernière, Gérald Darmanin avait fait un mea culpa, événement rare, mais à interpréter non comme un honnête regret, mais plutôt comme une manière de déminer l’affaire et d’éloigner le focus d’Emmanuel Macron dans un contexte électoral difficile pour le président et un début de second quinquennat déjà empêtré dans des affaires.

Sur le fond, pas de grands changements : Lallement a insisté sur la nécessité de gazer des individus pour « sauver des vies », reprenant ainsi l’élément de langage utilisé par son ministre la semaine dernière. Tout est bon pour détourner de la responsabilité de la police dans ces exactions : mettre en cause les supporters de Liverpool et la soi-disant vague de faux billets, [pourtant largement démentie par Mediapart, mettre en avant des supposés éléments perturbateurs qui auraient en masse tenté de s’introduire dans le stade, ou encore sortir du chapeau un hypothétique danger terroriste. Pour justifier l’utilisation de gaz lacrymogène, Lallement explique que c’est « pour diminuer la pression de la foule sur les grilles et les tourniquets, [...] seul moyen pour faire reculer une foule, sauf à la charger ». C’est très clair ; pour le préfet Lallement, seule la violence existe,la gestion de flux de personnes ne peut se faire que par l’utilisation de gaz lacrymogène, l’intéressé étant lui même un expert de son utilisation contre les mouvements sociaux et les Gilets Jaunes.

Quoi qu’il en soit, si l’audition de Lallement avait pour but de dégonfler l’affaire, c’est visiblement un échec, puisque son allocution a d’ores-et-déjà été vivement critiquée, jusque sur les bancs même du Sénat, où, entre rétropédalages et maintien de discours mensongers, les déclarations de Lallement n’ont pas convaincu, notamment sur la question du nombre de personnes, prétendument 40 000, aux abords du stade. Le préfet s’est démené pour essayer d’expliquer ce chiffre manifestement créé de toute pièce et a peiné à éclaircir de manière convaincante à quoi il correspond.

Le second quinquennat d’Emmanuel Macron s’inscrit donc dans le modus operandi répressif qui a illustré le premier. Ainsi, si le projecteur est actuellement braqué sur Darmanin et Lallement, on en vient à oublier d’où viennent leurs directives ; et de fait, la présence constante en première ligne du ministre et du préfet ont eu pour effet de ne pas éclabousser outre-mesure le président Macron, déjà en prise à des polémiques sur la composition de son gouvernement sans parler du lot de casseroles héritées du premier quinquennat. Cette volonté par Lallement de se constituer en fusible des controverses de la Macronie est assez transparente, le préfet n’ayant eu de cesse tout au long des deux heures de son audition d’endosser l’entière responsabilité de ce désastre.

 
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