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23 de mai de 2022 Twitter Faceboock

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« Variole du singe » : que sait-on sur le virus et sa transmission ?
Adrien Belarc

Depuis début mai, plusieurs cas de variole du singe circulent en Europe sans que les scientifiques n’arrivent à connaître précisément les méthodes de diffusions, qui semblent différer de la souche provenant d’Afrique de l’Ouest.

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Crédits photo : DADO RUVIC / REUTERS

Depuis plusieurs jours, la « variole du singe », dérivée de la variole, prend de l’ampleur. Plusieurs cas ont été détecté dans plusieurs pays comme le Portugal, le Canada, l’Espagne, la Belgique, la Suisse, le Royaume-Uni ou encore en France avec un patient confirmé en Île-de-France depuis vendredi dernier. L’Association Mondiale de la Santé a tenu vendredi dernier une réunion d’urgence à ce sujet en conséquence.

La variole du singe, c’est quoi ?

Ce virus n’est pas nouveau. Il a été découvert pour la première fois en 1958 chez l’animal et le premier cas chez l’être humain date de 1970. Il s’agit, comme le Covid-19, d’un zoonose, c’est à dire d’un virus qui se transmet de l’animal à l’humain. Les scientifiques ont gardé un œil sur la maladie depuis cette période, avec la mise en place dans certaines zones d’un vaccin contre la variole commune, ce qui a permis de combattre la variole du singe par la même occasion.

Ces dernières années, plusieurs éruptions du virus ont été détectés, par exemple au Congo ou encore au Nigeria où plus de 200 cas ont été détectés depuis 2017 - avec des accès inégaux aux outils de défense pour les populations. Le 7 mai dernier, un nouveau cas a été détecté à Londres le 7 mai dernier après qu’un voyageur soit revenu du Nigeria. Depuis, plusieurs cas ont été rapidement déclarés dans le pays, faisant de cette contagion une des plus virulentes connues depuis plusieurs années en Europe.

Après deux ans de crise sanitaire, la période amène à faire des parallèles entre l’épidémie de Covid-19 et celle de la variole du singe. Mais ces deux maladies n’ont pas grand chose en commun, tant du point de vue de la contagion, que des symptômes ou de la dangerosité de la souche. A la différence du Covid-19 qui se propage par aérosol, la variole du singe contamine un nouvel hôte après un contact rapproché avec une personne infectée. Et si les deux virus provoquent des symptômes proches de la grippe, la variole du singe déclenche une fièvre, une hypertrophie des ganglions lymphatiques et des lésions sur la peau au zone de la tête, des pieds et des mains. Pour l’instant, quelques semaines suffisent à faire disparaître le virus du corps.

Les scientifiques dans le flou sur les méthodes de propagation

Dans une première étude réalisée autour du génome détecté au Portugal, les virologues estiment que cette version du virus est liée à une souche trouvable en Afrique de l’Ouest. Cette souche serait une des formes légères de la maladie et détient un taux de mortalité assez faible – environ 1% dans les ruralités pauvres. L’inconnue dans l’équation réside dans la différence de la souche qui se propage actuellement en Europe avec celle d’Afrique de l’Ouest. Dans le cas présent, des experts en virologie comme le docteur McCollum du Centre Américain de Contrôle et de la Prévention des Maladies s’inquiètent de la potentielle non-détection de la nouvelle souche, en raison du manque de connexion entre les différents cas détectés.

Face à la rapide propagation de la maladie, certains pays commencent à émettre des recommandations de santé pour les cas contacts exposés à des malades de la variole du singe. Au Royaume-Uni, l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) conseille de s’isoler pendant trois semaines et d’éviter tout contact avec des personnes immunodéprimés, des femmes enceintes et des enfants. En effet, pour reprendre le cas français, l’homme contaminé habite en région parisienne et n’a pas voyagé dans les pays où l’épidémie circule. Il a été placé en isolement chez lui et reste sous l’observation des médecins, qui recherchent l’origine de sa contamination.

Suite à la détection de ce cas, Santé publique France a lancé un suivi « des cas revenant de pays où survient habituellement cette maladie (Bassin du fleuve Congo, République Démocratique du Congo, Cameroun et Nigeria) et l’apparition de cas sans notion de voyage pour permettre une prise en charge adaptée et prévenir la diffusion de la maladie en France ».

Un traitement homophobe de la prévention médicale

Mais depuis la diffusion de la variole du singe en Europe, un traitement homophobe de l’épidémie commence à émerger. Plusieurs cas ont été détectés chez des hommes entre 20 ans et 50 ans, dont la plupart sont homosexuels, bisexuels ou entretiennent des rapports sexuels avec d’autres hommes dans des lieux comme des saunas (Madrid) ou des festivals. Ce qui a conduit Susan Hopkin, responsable médical de UKSHA, a intimer les hommes gays a être « attentif » aux moindres symptômes.

Cependant, les spécialistes attestent que l’introduction du virus – qui ne se transmet pas que par rapports sexuels – dans cette population est une coïncidence, car ce sont ses modes de transmissions qui ont conduit à cette propagation. Matthew Kavanagh, directeur adjoint de l’Onusida, met en garde contre l’homophobie et le racisme du traitement médiatique d’une maladie « qui peut toucher tout le monde » notamment sur les attaques qui n’auraient pour effet que de créer un « cycle de peur et poussent les gens à éviter les centres de soins ».

Contre le « cycle de peur », une vraie politique de prévention de la maladie

Face aux inconnues que représentent les méthodes de diffusion du virus dans l’Europe, il est essentiel qu’une vraie politique de prévention de la maladie soit mise en place. Au vue des connaissances dont on dispose actuellement, des moyens doivent être largement mis en œuvre pour permettre la vaccination de la population, ce après que l’immunité prodiguée par les vaccins s’est affaiblie. Si des pays comme les États-Unis ont des réserves de vaccin contre la variole, nous devons revendiquer un accès libre et gratuit à ces vaccins, en même temps que des moyens pour la santé qui permettrons, en cas d’explosion du virus, de prendre en charge les nouveaux cas.

Deux ans après l’émergence de la pandémie du Covid-19 – loin d’être encore résolue, les Etats ont fait preuve de toute leur incapacité à prévenir les différentes vagues, préférant se battre pour défendre les profits du patronat plutôt que les vies. L’exemple de la gestion catastrophique de la crise du Covid doit nous rappeler que seule une solution imposée par en bas, pour de véritables moyens alloués aux travailleurs de la santé et pour la levée des brevets sur les vaccins pourra permettre de prévenir l’expansion du virus à échelle internationale.

 
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