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La Izquierda Diario
15 de mars de 2022 Twitter Faceboock

Hausse des prix
0,15€/L de remise carburant : une provocation du gouvernement, suppression immédiate de la TVA !
Boris Lefebvre

Face à la hausse des prix à la pompe et à quelques mois de la présidentielle, le gouvernement prétend répondre à la hausse du prix de l’essence avec sa remise carburant. Une mesure électoraliste et bien en-deçà des besoins d’une grande partie de la population face à l’inflation.

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Crédits photo : LP/Arnaud Dumontier

Depuis plusieurs mois, le prix de l’essence à la pompe ne cesse d’augmenter. Il a déjà dépassé les deux euros le litre et certains s’inquiètent qu’il atteigne jusqu’aux trois euros.

Alors que la situation financière des ménages se complique et que la crise ukrainienne participe à accroître l’inflation, le gouvernement a annoncé samedi par l’intermédiaire de Jean Castex dans un entretien réalisé par Le Parisien que « le gouvernement va mettre en place pour tous les Français une remise carburant à la pompe de 15 centimes par litre ».

Alors qu’au mois de mars, le prix de l’essence a pris près de 45 centimes en 10 jours, la mesure de Castex est clairement en dessous de la réalité et de l’évolution probable des prix actuelle, qui pourrait encore s’aggraver. Lorsqu’elle sera mise en place le 1er avril, la mesure risque d’apparaître encore plus comme une mesure cosmétique et électoraliste qu’elle ne l’est déjà.

Une miette, face à laquelle Castex en appelle à la mansuétude des pétroliers et leur demande de réduire de 5 centimes le prix au litre de l’essence. Ainsi, la remise serait de 20 centimes par litre à la pompe. Cependant, cet « effort » demandé par le gouvernement aux pétroliers reste conditionné au bon vouloi des patrons, que le gouvernement fait mine d’interpeller : « Comment les Français comprendraient qu’ils payent un plein de gasoil à 2 euros, pendant qu’au même moment les pétroliers dégagent toujours de gros bénéfices ? »

Evidemment, la question est très hypocrite. Depuis le début de Covid, le gouvernement se satisfait très bien des bénéfices historique de nombre d’entreprises, qui ne les empêche pas de licencier et de refuser d’augmenter les salaires. Dans le même temps, tout en refusant de toucher aux profits des multinationales, l’Etat maintient ses taxes intactes, au premier rang desquelles la TVA, alors que celles-ci s’abattent de façon identiques sur tous les porte-monnaies, des plus riches mais surtout des plus pauvres.

Quelques jours auparavant, Bruno Lemaire, ministre de l’Économie, affichait d’ailleurs clairement la couleur : après le chèque énergie et les mesures visant à faire passer autant que faire se peut la hausse des prix, le gouvernement ne recourra pas au « quoi qu’il en coûte » mis en place pendant la pandémie pour sauver les entreprises, et appelle les travailleurs à « faire un effort ».

Face aux demi-mesures électoralistes du gouvernement, il y a besoin d’un programme radical face à l’augmentation des prix : plafonner les prix de l’énergie, supprimer la TVA qui pèse lourdement sur le budget des plus précaires, et surtout augmenter les salaires et les indexer sur l’inflation.

Pour financer toutes ces mesures, c’est dans les profits faramineux des multinationales, notamment de l’énergie, qu’il faut aller chercher. Alors que Total a fait pas moins de 16 milliards de bénéfice sur l’année 2021, s’engraissant sur la hausse du prix du carburant, l’argent existe. Mais pour le récupérer il faut un plan de bataille. Alors que depuis le mois de septembre, les prix ne font qu’augmenter, des luttes se sont multipliées pour imposer des augmentations des salaires. Après Leroy Merlin, Sephora, Derichebourg, récemment ce sont Thales et Airbus qui sont entrés en grève.

Mais pour généraliser cette colère, il faut un plan de bataille d’urgence, car les luttes locales ne suffiront pas à imposer l’augmentation généralisée des salaires indexée sur l’inflation et le blocage des prix, financé sur les profits des multinationales qui se sont enrichis pendant la crise. Alors qu’une mobilisation interprofessionnelle est prévue le 17 mars prochain, elle doit permettre de poser la perspective d’un plan de mobilisation offensif en lien avec la colère massive suscitée par l’augmentation des prix et la radicalité qui s’exprime dans les nombreuses grèves sectorielles, qu’il faut soutenir et coordonner.

 
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