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3 de décembre de 2021 Twitter Faceboock

Capitalisme sanglant
Vente de Rafales aux Emirats Arabes Unis : Macron arme le criminel de guerre Ben Zayed
Lili Krib

Ce vendredi 3 décembre, Macron passait un accord de vente de 80 rafales et 12 hélicoptères français avec Mohammed Ben Zayed, prince héritier des Emirats arabes unis, coupable de crimes de guerre notamment au Yémen.

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Crédits photo : REUTERS/Khaled Abdullah

Ce vendredi 3 décembre, Emmanuel Macron signait à Dubai un accord avec Mohammed Ben Zayed, prince héritier des Emirats arabes unis, pour la vente de quatre-vingts avions de combat Rafale, du groupe Dassault Aviation, et de douze hélicoptères Caracal, du groupe Airbus. La vente de ces armes de guerre à la monarchie émiratie acte une nouvelle fois la pleine légitimation mais aussi de la coopération du gouvernement français à l’intervention militaire de la coalition internationale menée par l’Arabie Saoudite au Yémen. Une coalition responsable, par ses seules frappes aériennes, d’un bilan de 8759 morts et 18580 blessés, selon Yemen Data Project.

L’hypocrisie du gouvernement français, qui signe des accords mortifères avec les monarques du Golfe, n’est pas nouvelle. L’Etat français nie avoir connaissance de preuves de l’implication des armes françaises dans le conflit yéménite. « Comme j’ai eu l’occasion de le dire à de nombreuses reprises, la France se conforme au Traité sur le commerce des armes et respecte la procédure européenne de contrôle. Les ventes sont en outre vérifiées par une commission nationale ad hoc qui s’assure que les armes ne sont pas utilisées à autre chose qu’une action militaire. L’action de l’Arabie Saoudite s’effectue essentiellement par voie aérienne et nous ne fournissons rien à l’armée de l’air saoudienne. » soutenait devant l’Assemblée nationale en février 2019 Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

On peut aussi citer Florence Parly, ministre des armées, en mai 2019 au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM : « À la connaissance du gouvernement français, nous n’avons pas d’éléments de preuve selon lesquels des victimes du Yémen sont le résultat d’utilisation d’armes françaises, je pèse mes mots ». Une sortie faisant suite aux révélations de l’enquête de Disclose, sortie en avril 2019, basée sur la fuite de documents confidentiels de la Direction du renseignement militaire (DRM) datant de septembre 2018. Un dossier finement rédigé, précisant la liste des armes françaises impliquées dans la guerre au Yémen, leur modèle, ou encore si celles-ci ont été vendues à l’Arabie Saoudite ou aux Emirats arabes unis. Au Yémen donc, d’après le document classé secret défense, utilisation de chars Leclercs « [n’employant] que des munitions françaises », de Mirage 2000-9, de pod Damoclès - technologie française basée sur un laser infrarouge pour désignation de cible dans les frappes aériennes de précision - ou encore de chars français lors la bataille d’Al Hodeïda en novembre 2018. On trouve aussi des indications rigoureuses sur l’atteinte des civils par le matériel militaire français comme « Population concernée par de possibles frappes d’artillerie : 436 370 personnes ». Disclose mentionne en outre que « ces documents confidentiels ont été transmis à Emmanuel Macron et Florence Parly [mais] aussi à Matignon et au ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian ».

Par ailleurs, de nombreux rapports font état de la violence perpétrée continuellement sur la population. Des bombardements illégaux visent des infrastructures civiles comme des écoles ou des hôpitaux. En avril 2018, António Guterres, secrétaire général de l’ONU déclarait : « Le Yémen est la pire crise humanitaire au monde. Alors que le conflit entre dans sa quatrième année, plus de 22 millions de personnes - les trois quarts de la population - ont besoin d’aide et de protection humanitaires. ». Pendant ce temps, un blocus naval, impliquant deux navires de fabrication française, selon Disclose, est organisé par la coalition internationale pour empêcher l’arrivée d’aide humanitaire à plus de 20 millions de civils.

D’autres scandales éclaboussent l’Etat français dans son aide aux pétromonarchies du Golfe, comme celui de l’enquête du Monde publiée en novembre 2019 mettant au grand jour l’utilisation d’une usine Total au Yémen comme prison par les Emirats arabes unis.

Les milliards d’euros brassés par le gouvernement français et des entreprises "stratégiques" tels qu’Airbus et Dassault, sur la base d’accords sanguinaires avec les Emirats arabes unis ou l’Arabie Saoudite sont le fruit de la politique impérialiste d’une puissance capitaliste qui génère ses profits sur la vie des travailleurs, des populations opprimées et massacrées par des conflits géopolitiques.

 
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