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11 de juin de 2021 Twitter Faceboock

Monde
Algérie. Les élections législatives du 12 juin servent à accélérer le rythme de la recomposition du pouvoir
Adlène Belhmer

S’il n’y a rien à attendre de ces élections du point de vue des intérêts des masses opprimées, elles servent néanmoins au régime à rétablir son « ordre » institutionnel pour réaliser les conditions objectives, économiques et sociales, de l’affirmation des classes dominantes.

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Crédits photo : Ryad Kramdi / AFP

Ebranlé par un mouvement de masse de plus de deux ans, le pouvoir incarné par Tebboune joue l’une de ses dernières cartes politiques. Les élections du 12 juin viennent parachever un ensemble d’initiatives pour calmer la contestation populaire et consolider son régime. Le déroulement de la campagne électorale est le parfait baromètre qui nous permet de prendre la mesure du rejet des masses de ces échéances et de leur insignifiance. Lorsque les candidats ne sont pas hués ou tout simplement chassés, ils/elles font face à des chaises vides, des meetings fantômes pourtant débriefés avec aplomb dans les médias du régime. Cette campagne nous donne un avant-gout de ce que sera le taux de participation et de l’illégitimité qui en découle du parlement ainsi voté.

Pourtant, le scrutin n’est pas sans intérêt pour le régime. Comme toujours le nouveau parlement servira de succursale au pouvoir exécutif d’avaliser ses orientations. Mais plus fondamentalement, il définira les nouvelles formations politiques et sociales qui serviront d’appoint au régime Tebboune. En quêtes permanente de stabilité, ces formations de la bourgeoisie et couches supérieures de la petite bourgeoisie, aspirent à stabiliser leurs affaires pour les premiers et à consolider leur statut de privilégiés pour les seconds. Elles seront la béquille du régime pour assoir sa normalité constitutionnelle et pallier à la fragilité et la faiblesse du Bonaparte Tebboune. Des élections qui serviront au final que le régime qui se dotera de sa base sociale après un processus de recomposition qui demeure néanmoins ouvert.

A travers une logique fortement répressive, le régime s’efforce de retourner à sa normalité constitutionnelle, accusant ainsi l’antagonisme de l’état et de la société. Le logiciel servant de boite à outil aux tenants du pouvoir ne résolve pas le blocage du pays, elle l’accentue d’avantage et l’enlise. L’impérialisme suit l’évolution politique du pays en se frottant les mains. Car comme c’est souvent le cas, c’est dans les périodes de crise que les concessions sont importantes pour s’acheter des soutiens. C’est dans cette visée que Tebboune prévoit d’envoyer l’armée pour jouer le rôle de gendarme de l’impérialisme au Sahel. Le parlement issu des élections du 12 juin ne fera qu’entériner ces gages donnés à l’impérialisme. En plus d’être antidémocratique, le nouveau parlement sera anti-national.

La crise du régime perdure, l’espérance de la rééchelonner se butte à la ténacité d’une militance réinventée. Aujourd’hui plus que jamais une refondation profonde des règles de jeu est à l’ordre du jour. Une refondation qui passe par l’élection d’une assemblée constituante souveraine qui sera l’émanation de la base et qui se chargera de définir l’édifice institutionnelle de l’Algérie réellement nouvelle. Une assemblée qui rompra avec les lois liberticides du pouvoir et répondra aux aspirations sociales et démocratiques de la majorité du peuple.

 
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