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répression patronale

Un salarié d’Amazon viré pendant sa période d’essai après avoir participé à une réunion CGT

Samedi dernier, Amazon a mis fin à la période d'essai de Christian Porta, militant syndical reconnu en Moselle. Une rupture concordant avec l'arrivée de la CGT Amazon sur le site qui ne laisse aucun doute sur le caractère discriminatoire de ce licenciement.

vendredi 15 octobre

Samedi dernier Amazon mettait fin à la période d’essai d’un de ses salariés à deux semaines de son embauche sur le nouveau méga-site de Augny, près de Metz. Cette rupture, que la direction n’a pas pu expliquer, intervient dans un contexte particulier : la CGT Amazon venait de se rendre sur l’établissement pour la première fois. Fondé en juillet 2021, il n’y a pas encore d’organisation syndicale sur le site et les élections ne seront pas organisées avant septembre. Aussi, Christian Porta, militant syndical reconnu en Moselle et salarié en période d’essai chez Amazon depuis début septembre, avait participé à la première réunion de la CGT Amazon, à l’origine de la diffusion d’un tract, sur le site.

Pour la CGT Amazon France, il n’y a aucun doute, la rupture de la période d’essai de Christian Porta à deux semaines de son embauche est discriminatoire et vise son activité syndicale. En effet, le jour même, le salarié recevait un mail de sa supérieure pour lui proposer une promotion. Il avait aussi été classé « Top performer » très vite après son embauche. Jamais il n’a reçu la moindre remarque sur le travail fourni, bien au contraire.

Convoqué à un entretien, il s’attendait donc à y trouver son nouveau manager et à se voir proposer un nouveau poste comme le lui avait fait entendre sa supérieure. Reçu par le responsable des ressources humaines, celui-ci lui a indiqué que sa « période d’essai prenait fin ». Croyant d’abord à une titularisation officielle, il n’a compris qu’il n’était licencié que lorsque la direction a exigé qu’il rende son pass. La direction a même cru bon de faire appel à la sécurité pour le reconduire aux portes de l’entrepôt sous les regardes médusés de ses collègues. Une raison ? Il ne correspondrait pas aux « attentes de l’entreprise ». Un discours absolument contradictoire avec tous les faits récents qui masque difficilement le vrai motif de la rupture. En réalité, comme l’affirme la CGT Amazon France, la crainte de la direction était de voir s’implanter dans l’établissement une section syndicale en mesure d’organiser les travailleurs face aux conditions de travail très dures qui leur sont imposées dans le plus grand établissement de France.

De telles pratiques ne sont pas nouvelles. Aux Etats-Unis, la guerre anti-syndicale de la société est bien connue mais en France aussi, Amazon a déjà été condamnée pour des faits de discrimination syndicale. Une chose est sure, la direction n’était certainement pas prête à accueillir une équipe de salariés combatif dans l’immense entrepôt de 185 000 m². Si Christian Porta en a fait les frais, il n’est pas prêt à renoncer. Il se prépare ainsi à exiger sa réintégration et ne laissera pas passer son licenciement.




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