^

Notre classe

Complotisme raciste

Un mois d’offensive raciste contre Verdragon : solidarité avec la maison de l’écologie populaire !

Verdragon, une maison de l'écologie populaire à Bagnolet, subit depuis plus d’un mois une violente offensive raciste et islamophobe. En cause ? L'engagement antiraciste des fondateurs du lieu qui organise des ateliers cuisines, une Amap et des conférences sur la crise climatique. Solidarité !

samedi 18 décembre 2021

Crédits photo : Facebook Verdragon

Une offensive réactionnaire contre Verdragon et Front2Mères

L’offensive raciste contre Verdragon qui s’est ouverte il y a plus d’un mois se poursuit. Celle-ci avait commencé par une pétition, en novembre dernier, d’« habitants » de Bagnolet s’inquiétant de « l’implantation d’une association indigéniste », relayée avec complaisance par le journal Marianne.

Derrière cette accusation, les "habitants", bien connus sur la ville pour leurs positions islamophobes entendaient s’en prendre à l’association Front 2 Mères, syndicat de parents qui lutte, entre autres problématiques, sur la question du racisme dans l’institution scolaire. Celle-ci a en effet fondé, aux côtés d’Alternatiba, un lieu nommé Verdragon. Cette maison de l’écologie populaire, fondée aux côtés d’Alternatiba, est un lieu d’entraide et de lutte pour la justice sociale et environnementale qui propose entre autre des ateliers ludiques pour les enfants, une Amap, des ateliers cuisine, des conférences sur les grands enjeux climatiques...

Ces dernières semaines, l’offensive n’a fait que prendre de l’ampleur, relayée par des figures réactionnaires connues. Sur CNews, Lydia Guirous a ainsi expliqué à propos de Verdragon « on est en réalité face à l’infiltration de l’islam politique qui utilise aussi l’indigénisme, le racialisme et l’écologie pour détruire la République  » tandis que le polémiste réactionnaire Mathieu Bock-Coté pointait « la multiplication de ces fameux territoires perdus de la République qui sont des territoires conquis de l’indigénisme, de l’islamisme et du décolonialisme  ». Valeurs Actuelles ou Le Figaro ont dédié des articles à charge au sujet, Causeur allant jusqu’à titrer : « Le drapeau vert (couleur de l’islam) flotte sur Bagnolet ». Enfin, à Bagnolet, l’opposition PCF - LFI au conseil municipal n’a pas hésité à reprendre à son compte les attaques réactionnaires contenues dans la pseudo-pétition d’habitants.

Un délire que Youcef Brakni, militant anti-raciste sur Bagnolet et membre du Comité Adama, contacté par Révolution Permanente, n’hésite pas à qualifier de complotisme. « C’est toute une théorie complotiste. Le Figaro a sorti un article complètement hallucinant dans lequel on reproche à la maison de l’écologie populaire de recevoir Assa Traoré, comme si on devrait en avoir honte. Des témoignages "anonymes" sont identifiables, dont au moins une qui est d’En Marche 93 et une autre qui est présentée comme ancienne élue et qui est également à En Marche 93. » Une polémique qui apparaît ainsi montée de toute pièce par un réseau de figures réactionnaires : « L’article du Figaro c’est la même journaliste qui avait fait un article dans Le Point contre Asssa Traoré et moi, me traitant d’indigéniste. Valeurs Actuelles a fait 15 minutes dans une émission où elle peut dérouler des mensonge comme quoi j’aurais été candidat aux municipales, que l’indigénisme à pris le pouvoir à Bagnolet... »

Solidarité face à l’offensive réactionaire

Face à l’ampleur de l’attaque, une tribune est parue cette semaine, expliquant notamment : « La laïcité est ici mobilisée pour tenter de fermer Verdragon en stigmatisant au passage les habitantes et habitants de Bagnolet. Nous tenons à réaffirmer l’indispensable liberté associative qui doit être garantie partout en France. Nous disons notre plein soutien à Verdragon, Alternatiba et Front de mères, ciblés par des attaques racistes. » Parmi les signataires, des associations et groupes politiques, écolos, anti-racistes, mais également des syndicats du départements ainsi que de nombreuses personnalités. En revanche, aucune trace d’élus ou de figures de LFI ou du PCF.

Une abstention coupable, alors que la solidarité est plus urgente que jamais. Cette campagne s’inscrit en effet dans la droite lignée de l’offensive raciste et autoritaire de Macron par la dissolution d’association comme l’ONG Baraka City et le CCIF qui lutte contre l’islamophobie en France… mais aussi l’offensive idéologique lancée par la ministre de l’enseignement supérieur est de la recherche Frédérique Vidal qui avait parlé de « l’islamogauchisme » qui « gangrènerait » les universités. Plus largement, ces derniers mois, pas une semaine ne passe sans qu’une organisation ou un·e militant·e se revendiquant de l’antiracisme fasse l’objet d’attaques de la part d’un front de médias, journalistes et politiques en guerre contre une prétendue menace « wokiste », « indigéniste » ou « islamo-gauchiste ».

Ces attaques visent à faire taire toute critique du racisme d’État, de l’histoire coloniale de la France ou de l’impérialisme français, par l’intimidation. Une ambiance de chasse aux sorcières entretenue par le gouvernement, qui fait le lit de la droitisation du champ politique, et le miel de candidats ultra-réactionnaires comme Eric Zemmour. Mais ces polémiques visent également des projets qui mettent en cause la pollution causée par le système capitaliste et la classe dominante. Comme l’explique un des membres de l’association pour Le Media TV : « il y a une minorité de riche qui, c’est prouvé, est celle qui pollue le plus la planète et le miroir de ça c’est que la grande partie de la population, qui est aussi la plus appauvrie, est celle qui subit le plus cette pollution qui est émise ou soutenue par les plus riches ».

Dans cette situation et face à la campagne raciste qui sévit à Bagnolet, nous réaffirmons notre solidarité avec le Front de Mères et Verdragon, maison de l’écologie populaire !



Mots-clés

Anti-racisme   /    Catastrophe écologique    /    LREM   /    Islamophobie   /    Racisme   /    Ecologie   /    Extrême-droite   /    Notre classe