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Trafic d’armes avec l’extrême-droite : un chauffeur de la ministre des armées mis en examen

Depuis 2020, les équipes de chauffeurs du Ministère des armées sont exclusivement composées de militaires. Un d'entre eux a été mis en examen pour trafic d'armes avec l'extrême droite et les narcotrafiquants.

lundi 28 juin

En janvier, une affaire de trafic d’armes est mis en lumière, où 10 personnes ont été interpellées, dont 3 militaires. Un article de Mediapart révèle qu’un de ces trois militaires est ni plus ni moins que le conducteur de la ministre des armées, Florence Parly. Un scandale qui montre l’ironie dans toute sa splendeur qui règne dans cette institution.

Dans cette affaire, « Plus de deux cents armes ont alors été saisies, ainsi qu’au moins une tonne de munitions, destinées à être revendues à des narcotrafiquants et des réseaux de l’ultradroite » et ils ont été ainsi mis en examen pour « acquisition, détention, cession et transport en réunion d’armes de catégories 1 et 3 » et d’« association de malfaiteurs ».

Il est important de relever que dans ce cas le conducteur du cabinet de Parly, lui même Caporal-chef, jouait un rôle clé dans l’affaire aux côtés des autres militaires. En effet, grâce à leurs connaissances en armes, ils se chargeaient de remettre en marche des armes démilitarisées, achetés à des collectionneurs privés. Mais également ils se chargeaient de trouver les clients, soit composés surtout de narcotrafiquants et des réseaux de l’extrême droite.

Questionné par Mediapart, le ministère des armées essaye de se laver les mains et affirme qu’ils coopèrent avec la justice sur ce dossier, mais ils ont refusé de commenter plus sur l’affaire dont les détails avaient déjà été mis sous le tapis pour éviter tout scandale depuis la mise en lumière de l’affaire en janvier.

Ce chauffeur avait ainsi accès aux conversations confidentielles lors de trajets en voiture, mais selon le ministère, il avait fait “l’objet d’une enquête afin d’obtenir l’habilitation secret-défense, comme cela est l’usage – habilitation qu’il avait obtenue". Et poursuit en assurant qu’il a été retire de ses "droits d’accès et ses habilitations" dès qu’il a été informé de l’enquête. Ce qui veut dire que soit le ministère était au courant et n’a rien fait soit que l’enquête n’a pas été bien menée de part la confiance aveugle que fait l’État dans son premier complice, son bras armé.

Cette affaire montre également, encore une fois, le lien étroit entre extrême droite et les militaires, ainsi que la lutte hypocrite contre le narcotrafic et la corruption existante au sein même de ses institutions.

Néanmoins, les scandales autour du ministère des armées et les chauffeurs ne s’arrêtent pas là, et montrent leurs vraies couleurs en tant qu’institution de l’Etat totalement corrompue.

En effet, tout remonte à la réorganisation de l’équipe des conducteurs du cabinet de la ministre des armées mis en place en décembre 2019, après la dissolution du service qui gérait les chauffeurs, soit le "service parisien de soutien de l’administration centrale" (SPAC). Dont tout l’objectif était de mettre des militaires pour remplacer les chauffeurs jusqu’alors "civils".

L’enquête de Mediapart révèle d’autres problèmes autour de ses chauffeurs, eux mêmes militaires. L’un n’avait pas pu passer l’habilitation secret-défense, ce qui veut dire que l’enquête n’a pas été concluante, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’a pas réalisé des conduites pendant que le contrôle était en cours. L’autre était titulaire d’un permis probatoire... sans parler de celui qui est en mis en examen pour trafic de drogue, bien sûr. Ainsi pour l’Etat, il s’est toujours agit de faire quelques exceptions pour les militaires et policiers...

Pour les autres chauffeurs civils concernés par cette restructuration il s’avèrent être des responsables syndicaux. Selon le président de la Fédération autonome des employés de la défense (FAED), « Sous couvert de cette restructuration, on garde des gens, on en vire d’autres ». La réorganisation des conducteurs serait donc aussi un moyen de se défaire des élus syndicaux et ainsi s’éviter de problèmes.

En fait, cette restructuration n’a fait que mettre en lumière un problème existant depuis des années : le Ministère ne paye pas les heures supplémentaires travaillées par les chauffeurs. Alors que ces derniers doivent avoir une grande flexibilité d’horaire pouvant travailler jusqu’à « six, voire sept jours sur sept dans la même semaine, de 7 heures à 23 heures », selon Mediapart. L’avocat de l’un d’entre eux, ayant eu recours au tribunal, relevait qu’il pouvait travailler plus de 1 000 heures supplémentaires par an, qui n’a été qu’a peine indemnisé et que le ministère lui doit 35 856 euros pour les heures effectuées entre 2017 et 2020. Le ministère, au courant du soucis, à bien réglé le problème... à sa façon évidemment. Ainsi ils éditaient les horaires déclarés des chauffeurs, pour les baisser et donc ne pas avoir à leur payer tout ce qu’ils avaient travaillé. Mais lorsque tu es au pouvoir, dans des institutions corrompues, sauter quelques règles sont acceptées, dès lors qu’elles servent tes intérêts.

Ce changement au sein des chauffeurs du Ministère montre, au final, que le gouvernement ferme les yeux et donne totale confiance aux forces répressives soit l’Armée et la police. Et dans ce contexte de l’offensive réactionnaire du gouvernement de Macron, les liens entre l’armée et les organisations d’extrême droite deviennent de plus en plus évidents, à l’image de la tribune réactionnaire publiée sur Valeurs Actuelles signée par des militaires. C’est pour cela qu’on ne peut pas faire confiance ni dans le gouvernement ni dans ses institutions pour combattre l’extrême droite.




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